POUR LUI DEMANDER DES LEÇONS DE LECTURE
uteur aimable, qu'Apollon Couronne, par la main des Grâces; Dans l'art heureux d'exprimer par le son. J'ose suivre de loin vos traces.
Sur vous le dieu des arts répand plus d'un bienfait ;
Pour moi, perroquet du Parnasse, A dire bien ou mal ce que d'autres ont fait Je borne toute mon audace. ' Oh! que ne puis-je, comme vous.
Tirer de la lyre d'Horace Des sons légers, brillants et doux; Et, par un plus rare avantage.
Embellissant mes vers d'un prestige enchanteur, Ainsi que vous, de l'avide auditeur, Enlever le double suffrage !...
Ce talent n'est pas mon partage :
Mais, du moins, je serais content, Je bénirais ma destinée,
I. Almanach littéraire pour l'an i8o5. Cette pièce est anonyme dans ce recueil, dont Millevoye fut l'éditeur.
308 CEuvres de Millevoye.
Si j'obtenais un seul instant,
Dans l'emploi de YOtvQ jour?iée.
Heureux si ma visite, enfin,
Ne lassait point, comme tant d'autres!
Que ne ressemble-t-elle aux vôtres !
Elle plairait, j'en suis certain.
Ma Muse, à vos genoux, humblement est venue
Vous prévenir de mon dessein :
Qui connaît vos écrits désire votre vue ;
Car il est dans votre destin
De nous faire aimer Xentrevue.
Si vous daignez, prodigue de vos dons.
Me guider... Ce bienfait vivra dans ma mémoire;
Je devrai tout à vos leçons;
Vous en aurez toute la gloire...
Ce sont là mes conventions *.
I. Tous les mots imprimés en italique, dans cette pièce, sont des titres de poèmes composés par Vigée : Ma Journée, les Visites, Mes Conventions. L'Entrevue est une petite comédie en vers, représentée avec succès à la Comédie française.
Poésies fugitives. 309