‹ ŒuvresChapitre 170 sur 192 · L EDITEUR · texte numérisé non relu

L EDITEUR

Votre plan est-il bien trace f Vos vers sont-ils soigJiès?

l'auteur.

Qu'importe!

Tant de soins seraient superflus; C'est souvent un défaut de plus, Dans îin ouvrage de la sorte.

l'éditeur.

Vous nomtnerez-vousf

l'auteur.

A quoi bon Signer des vers sans conséquence ?

Quand le lecteur saura mon nom.

Voyez tut peu la belle avance!

l'éditeur.

Vous le tairez donc?

l'auteur.

Oui , vraiment.

Je ne suis pas pusillanime j Mais je resterai prudemment Sous le manteau de l'anonyme.

Les vers clandestins des auteurs Font le renom de leurs libraires; Moi, je vous laisse les honneurs,.

Et je retieîis les honoraires.

338 OEuvres de Millevoye.

ETRENNES AUX SOTS

Jadis Voltaire apit^y prodigue de bons mots, Offrir, à pareil jour, ses Etrennes aux sots: Son vers heureux, brillant de finesse et de grâce, Des Geoffroi de son temps a corrigé l'audace. Ce sujet aujourd'hui nous inspire bien mieux; Nous pouvons moissonner où glanaient nos aïeux. Sur les pas de Chénier, franchissons la carrière : La Critique, en sifflant, 7ioiis ouvre la barrière"^. Honneur à toi, Chénier! Gloire à toi dans les hauts V Tes Nouveaux Saints vivront, en dépit des journaux; Les journaux font bâiller, et tu nous as fait rire. Sois mon maître et mon guide, aux champs de la satire. Ne dis pas que l'auteur de ce malin projet, En chantant la sottise, est plein de son sujet.

1. On nous a observé que cet hémistiche était presque le même que le premier de l'Homme des champs : « Boileau jadis a pu, etc. » Nous n'en disputons pas la propriété. (Note de l'auteur.)

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