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I. Les Plaisirs du Poète, i« édition, an X

548 OEuvres de Millevoye. .

Se livrant à des goûts nouveaux, Oser, amazones nouvelles, Caracoler sur des chevaux...

Comme tomber n'est pas descendre, Belles, prenez garde aux faux pas :

Vous risquez... Vous devez m'entendre; Et Boufflers a su vous apprendre Ce qu'il arrive en pareil cas.

J'ai vu la tournure grossière Des parvenus, en chars brillants :

Ces messieurs se tenaient dedans, De l'air dont on se tient derrière.

J'ai vu l'intrigant Dorival, Qui faisait aujourd'hui figure.

Et demain vendra le cheval.

Afin de payer la voiture.

J'ai vu (ne les imitons pas) Des diseurs de bons mots bien plats.

Lançant quelque pointe bien ronde Des lazzis parfois un peu gras, Mais qui font rire tout le monde.

O Muse ! passons sur cela.

Et prenons des accents funèbres.

J'ai vu Campos, ubi Troja...

J'ai vu les ruines célèbres Du temple, oià jadis, ce jour-là.

Les nonnettes chantaient ténèbres . Avec les filles d'Opéra.

J'ai vu la foule confondue Revenir, au déclin du jour,

Satires. 349

Par la longue et sombre avenue De ce bols, planté par l'Amour, Où, dit-on, à l'Hymen son frère, Le fripon joua plus d'un tour ; Bois charmant, où le doux Mystère Etablit avec lui sa cour.

J'ai vu l'amant et son amie, Dans leurs yeux portant le bonheur; Je les ai vus d'un œil d'envie, Et me suis dit, au fond du cœur :

« Ahl dans ce bois, aimable Laure, Que ne puis-je avec toi rêver!

Je ne voudrais m'y retrouver, Qu'afin de m'y reperdre encore. »

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