Publié dans les Plaisirs du Poète, 2« édit
112 OEuvres de Millevoye.
Nymphes, où portez-vous vos pas?
D'un vieillard, que pouvez- vous craindre?
Ah ! devant lui ne fuyez pas,
Car il ne saurait plus vous atteindre.
Opposez mes cheveux blanchis.
Au doux éclat qui vous colore :
Belles, songez qu'auprès des lys
La rose est plus brillante encore.
Quand la Mort viendra tristement M'annoncer mon heure dernière, Qu'elle me trouve assis gaîment Entre Bacchus et ma Glicère.
Prêt à descendre au sombre bord.
Mon âge aux plaisirs me convie :
Plus on approche de la mort, Plus on doit jouir de la vie.