L'OISELEUR
Imitation du grec de Bion
Un jeune oiseleur, sous l'ombrage, Prenait de timides oiseaux.
Il en vit un dans le bocage Et rassembla tous ses gluaux.
Fier d'une rencontre si belle, Ses yeux admiraient tour à tour Sa grosseur, sa beauté, son aile...
Et cet oiseau, c'était l'Amour.
Il le poursuit, mais il s'échappe, L'enfant use en vain de détour :
Si l'Amour souvent nous attrape, Nous n'attrapons jamais l'Amour.
Le jeune oiseleur, plein de rage.
Jette loin de lui ses gluaux; Au vieux berger du voisinage Il s'en va raconter ses maux.
t. Almanach des Muses, 1801.
Stances. 197
Il lui montre l'oiseau volage ;
Le vieillard lui dit : « Pauvre enfant !
Laisse l'oiseau dans le bocage ;
Il est beau, mais il est méchant.
« Oh ! que de tourmens il t'apprête ! Il fuit, il t'évite à présent, Et viendra fondre sur ta tête, Quand tu ne seras plus enfant. »
*STANCES
Imitées de l'italien ^
Aimons-nous, belle Zélie, Nos jours vont s'évanouir; Mais on prolonge sa vie.
Lorsque l'on sait en jouir.
La mort approche en silence ' Elle prépare ses coups; Le matin de l'existence Ne reviendra plus pour nous.