I. Nouvel Almanach des Muses. i\Ui
Stances. 203
Ici, dans ce même bocage, Je brûlais des feux de l'amour :
Je ne vois plus, sous son ombrage, Qu'un abri contre ceux du jour.
Du hameau la longue avenue Me voit marcher tranquillement Dans cette route si connue, Où volait mon coursier fumant.
Doux attraits, piquante folie.
Ont sur moi perdu leur pouvoir, Et je quitte la plus jolie.
Sans espérer de la revoir.
Vois ma première fantaisie, Muse, me voici de retour:
Je ne rêve que poésie Où je n'avais rêvé qu'amour.
204 OEuvrcs de Millevoye.
LA RESOLUTION
D'aimer d'amour ne ferai la folie.
Douce amitié vaut mieux qu'amour léger.
Las! tôt ou tard un amant nous oublie, Mais un ami jamais ne peut changer. »
Ainsi chantait la jeune et tendre Laure. Lysis l'entend, sans se décourager:
Espoir d'amour vient lui sourire encore, Car Laure est femme, et Laure peut changer.
D'amitié simple empruntant le langage, Sous l'innocence il cacha le danger; Baiser d'amour, d'amitié, fut le gage : Plus ne restait que les noms à changer.
I. Cette pièce, que l'auteur admit dans-ses œuvres complètes, n'est pourtant qu'un extrait des Stances intitulées : le Projet d'amitié, qui avaient paru, en 1805, dans différents recueils. Voyez ci-dessus, p. 202.