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AUX LONGS CHEVEUX

Dans la Norvège, Harald aux longs cheveux S'en revenait de la côte africaine.

, Du haut des monts, une flèche soudaine Vint en sifflant percer son bras nerveux, Près du torrent où la fille étrangère Pleurait, assise au tombeau de sa mère.

La vierge en pleurs, d'Harald aux longs cheveux. Entend le cri, s'approche et le rassure; L'eau du torrent a lavé sa blessure ; Un baume utile est offert à ses vœux : « Noble inconnu, dit la fille étrangère. Reposez-vous au tombeau de ma mère.

2i6 OEuvres de Millevoye.

— Beauté charmante ! Harald aux longs cheveux Est las enfin de servir une ingrate ; Je veux braver la fille du Sarmate :

Pars avec moi, je comblerai tes vœux; Dans mon palais régnera l'étrangère...

Oui, je le jure, au tombeau de sa mère. »

Elle répond : « Harald aux longs cheveux !

Sans t'avoir vu, j'aimais déjà ta gloire.

Tes traits longtemps vivront dans ma mémoire :

Mais mon vieux père est assez malheureux...

Dans ton pays, ajouta l'étrangère,

Puis-je emporter le tombeau de ma mère ! »

Non sans douleur, Harald aux longs cheveux

Se sépara de la beauté plaintive ;

Et ses soupirs se perdaient sur la rive.

Mêlés au bruit du torrent écumeux.

Il disparut, et la fille étrangère

Vint se rasseoir au tombeau de sa mère.

Depuis ce jour, d'Harald aux longs cheveux. Au fond du cœur, elle garda l'image.

Elle séchait, ainsi qu'un vert feuillage Touché, la nuit, par le souffle orageux. Il fut un soir, où la fille étrangère Ne revint plus du tombeau de sa mère !

Ballades. iij

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