LE CHOIX DE DIANE
Vénus, à Diane en colère, Enleva le bel Adonis :
Trop jeune encore pour la mère.
Il devint compagnon du fils.
Cet enfant, cher à la déesse, Ressemblait au sien traits pour traits ; Même âge, même air de simplesse :
C'était l'Amour, aux ailes près.
Un jour, dans un sombre bocage, Diane errant, son arc en main, Près de Vénus, sous le feuillage.
Voit bondir le couple enfantin...
Mais quoi ! deux ailes sont écloses.
Et soudain Vénus a deux fils :
« Choisis, dit-elle, si tu l'oses; L'un est l'Amour, l'autre Adonis. »
234 Œuvres de Millevoye.
Diane balance : elle est sage ; Elle tremble de s'engager.
Laisser Adonis, quel dommage!
Mais prendre l'Amour, quel danger !
Le rusé, feignant l'innocence, A la faveur du demi-jour.
Trompa Diane et sa prudence :
Elle choisit et prit l'Amour.
Adieu projets ! adieu sagesse !
L'Amour est déjà dans son cœur.
A cette erreur de la déesse, Endymion doit son bonheur.