LA FAUVETTE
Dans les bois l'amoureux Myrtil Avait pris Fauvette légère :
« Aimable oiseau, lui disait-il.
Je te destine à ma bergère.
Pour prix du don que j'aurai fait, Que de baisers !... Si ma Lucette M'en donne deux pour un bouquet, J'en aurai dix pour la Fauvette. »
Romances.
La Fauv'ette, dans le vallon, A laissé son ami fidèle, Et fait tant, que de sa prison Elle s'échappe à tire-d'aile.
« Ah ! dit le berger désolé.
Adieu les baisers de Lucette !
Tout mon bonheur s'est envolé Sur les ailes de la Fauvette. »
Myrtil retourne au bois voisin, Pleurant la perte qu'il a faite; Soit par hasard, soit à dessein.
Dans le bois se trouvait Lucette*.
Sensible à ce gage de foi , Elle sortit de sa retraite, En lui disant : « Console-toi, Tu n'as perdu que la Fauvette. »