I. Hommage aux Dames, 1809, publiée sans nom d'auteur
OEuvres de Millevoye.
Flore, Églé, Céphise et Délie, Séduisent mon cœur enchaîné; Je ne chérirais que Julie, Si je n'avais pas vu Daphné !
Rendant hommage à chaque belle, Et craignant l'embarras du choix,
J'ai résolu d'être fidèle...
Fidèle à toutes à la fois.
L'AMOUR VRAIi
De ma Céli Si je n'ai
e ma Céline, amant modeste, reçu qu'un aveu.
Il vaut, à lui seul, tout le reste .
Amour sincère exige peu.
J'ai captivé plus d'une belle.
Mais mon cœur, ah ! croyez-moi bien.
Les donnerait toutes, pour celle Qui ne m'a jamais donné rien.
« Quoique Céline soit charmante.
Je ne suis heureux qu'à demi ; Quoiqu'elle ait le cœur d'une amante, Je n'ai que les droits d'un ami.
I. Poésies diverses, 1812. Cette romance, qui eut tant de vogue et qui fut si populaire, avait paru d'abord isolément, avec la musique.
Romances. 253
Mais en vain son âme rebelle Refuse un plus tendre lien :
Je donnerais mes jours, pour celle Qui ne m'a jamais donné rien. »
C'est ainsi que, sous la ramée, Chantait un soir le Troubadour.
Non loin de là sa bien-aimée Entendit ses accens d'amour.
Or, il obtint de cette belle Un prix qu'il méritait si bien :
Il eut un doux baiser de celle Dont il n'avait eu jamais rien.