PRIEZ POUR MOP
Dans la solitaire bourgade.
Rêvant à ses maux tristement, Languissait un pauvre malade D'un long mal qui va consumant.
Il disait : « Gens de la chaumière, Voici l'heure de la prière Et les tintements du beffroi :
Vous qui priez, priez pour moi ! »
1. Millevoye a composé cette romance, à Neuilly, huit jours avant sa mort.
Œuvres de Mitlevayp,
Mais quand vous verrez la cascade Se couvrir de sombres rameaux, Vous direz : « Le jeune malade Est délivré de tous ses maux ! »
Lors revenez sur cette rive Chanter la complainte naïve ; Et quand tintera le beffroi, Vous qui priez, priez pour moi !
Quand à la haine, à l'imposture. J'opposais mes mœurs et le temps.
D'une vie honorable et pure Le terme approche, je l'attends !
Il fut court, mon pèlerinage!
Je meurs, au printemps de mon âge.
Mais du sort je subis la loi...
Vous qui priez, priez pour moi !
Ma compagne, ma seule amie.
Digne objet d'un constant amour !
Je t'avais consacré ma vie, Hélas ! et je ne vis qu'un jour.
Plaignez-la, gens de la chaumière, Lorsqu'à l'heure de la prière Elle viendra, sous le beffroi, Vous dire aussi : « Priez pour moi ! »