‹ ŒuvresChapitre 13 sur 32 · M ŒUVRES DO PRINCE US U6IIB · texte numérisé non relu

M ŒUVRES DO PRINCE US U6IIB

de Bonneval; car riàtentiôn de rauteor n*MtpÊ^i même, à ce que je crois, de les fldre passer | être de lui-même.

Je ne connais rien de pis que de choisir m i connu pour délayer ensuite, dans la vérité de i|ii^^ ques pages, un tas de mensonges, dTavmtiiies tii^ ordinaires, d'amours de garnison et d*an6odolflB( cour et d'armée très peu piquantes.

Les Mémoires de Bonneval sont absolmneot dtftrl ce genre. Je ne sais pas pourquoi il y a auri 9t quelques exemplaires le titre deNouveauxi On y est pris; on ne croit pas que ce soient < que Ton connaît. (Test comme si Ton imprimait : Lettres de la jeune duchesse; la duchesse a "deflliet Ton serait fort étonné qu'on appelât ainsi uneviôDe douairière.

Après ces nouveaux mémoires de Bonneval, il n> a rien de plus bête que la critique qui se trouve dans le second volume, ob l'auteur a la bonté de croire qu'ils sont authentiques. Ck)mment peut-il croire que Bonneval aurait écrit qu'en parlant de la bataille d'Hochstedt, l'empereur Léopold lui aurait dit : Tallard et tous les pensionnaires des jésuites sont perdus? Ce prince , d'ailleurs très inaccessible, était presque lui-même dans le cas des gens dont il aurait parlé. Comment Bonneval aurait-il raconté ce men-

songe si plausible d'un assassinat à Venise et à Vienne? La première scène en est bien prise, à la vérité, mais ce n'est pas un moyen qui convînt à notre cour; et quel aurait pu en être le motif? Pour la seconde scène, le lieu seul en indique la fausseté : il n'y a pas de pays où l'on connût moins un crime comme celui-là. La bonté du peuple le plus éloigné de vengeance, de haine et de dissimulation , sufQt pour démontrer une fausseté que jamais Bonneval n'aurait été capable d'avancer.

Comment aurait-il été assez monstre pour faire part à un mari de l'histoire du cadenas (qui en ellfr-méme est déjà une fable), et assez bête pour faire part au public des terribles suites de cette indiscrétion?

Conviendrait-il qu'il a pillé l'Empire et s'est fait entretenir par une femme? et dirait-il ensuite qu'il ne s'est jamais écarté du plus petit principe d'honneur et surtout de désintéressement?

Un homme comme Bonneval dirait-il qu'il a réussi à introduire la baïonnette chez les janissaires et le« bottes-fortes chez les Spahis? C'est quelque réfugié français, point au courant de Vienne ni de Constantinople, qui aura écrit cette rapsodie.

Quel pauvre absurde conte que le reproche que lui firent le divan, le mouphti, le visir, je ne sais qui

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encore, de n*ayoir pas on sérail digne ffna butef D'abord sérail dit palais, et ce qu'il yeiit i par ce mot mal employé s'appelle barem.

L'auteur de la critique qui n*a pas eu leldoitlr distinguer la vérité, et qui déteste Bonnefal, eu beau jeu de s'égayer sur lui de ce qnH sans cesse en avant son alliance avec les Buvimw par les maisons de Foix et d*Albret. Plaisant priMT^ de la brouUlerie d'un homme impétueux (i), ses amis, haïssant de même, se prévenant tranquille nulle part; et qui a irrité contre lui Gk^ ]

(1) Il est bon de rap|»eler, d'après les uieient Mémoàrm * i nevai, cette circonstance, à laquelle le prince de UgM a i allusion.

Bonneval était à Bruxelles et y tenait une grande maisoa. Le W0* qois de Prié, vice-gouverneur des Pays-Bas antrichieot, avait M* femme et une fille (la comtesse d'Aspremont), tontes les deu tri* galantes et très commères. Ces femmes s^avisèrent de répandre fn*** certain marquis Deseaux, ancien amant de la comtesse d*AspKâiA avait été assassiné à Madrid, par ordre du roi d*Espagne, oonne ayrt^ séduit la jcuno reine d'Espagne, |de la maison d*Orléans. Bonneval ci sa qualité de parent de la maison de France et d*£spagne, publie ■■> déclaration infamante contre les auteurs de ce bruit. M. de Prié, ptalM que de se battre, le fait arrêter. L'aflTaire, traduite au conseil aniiqni de guerre, prenait une tournure assez favorable, lorsque Bonncvil, instruit des intrigues du prince Eugène pour M. de Prié et contre lai. s'avise d'écrire à ce généralissime tout puissant une lettre qui ressemblait assez à une provocation. Le prince Eugène eut la lâcbetè d'eo porter plainte. Bonneval fut, non pas cassé, mais Urmis du service, et cundamnéà cinq ans de prisun. M'nyanl pas ublcniiHlTè à ccjugcmcBl. il fut banni à peniéluité des États autrichiens.

(Note de rÉdit.)

MÉMOIRE SUR M. LE GOBfTE DE BONNEVAL. 59

iiillard en France, Pompone à Venise, Prié aux Paystas, une femme et trois sous-ministres à Vienne, [çrcyen Sicile, Villeneuve et le divan en Turquie! Ge critique si bigot, ce bon catholique qui a voulu ire sa cour à la cour, est on ne peut pas plus édiant et calomniateur; il refuse les qualités bril- Qtes, la valeur et le talent à Bonneval, et croyant ojours que c'est lui, il dit qu'il se vante. S'il avait rit ses mémoires lui-même, il se serait plus vanté lecela, sans le vouloir; car en racontant simple- 3nt la grande part qu'il a eue entre autres aux viciresde Turin, de Peterwaradin et de Belgrade, aurait fait de soi l'éloge le plus complet et le plus ai. Certainement, s'il avait écrit ses Mémoires iflerion qu'aurait encore dû faire le critique), ils raient été bien intéressants. On aurait vu Thomme îsprit et de guerre qui se serait peint dans les tails de ses manœuvres et l'exécution des disposons et des ordres de bataille du grand Eugène. lel livre instructif? mais ces deux-là , Vendôme , tinat, Luxembourg et Gondé, n'ont point écrit, de Turenne est le seul dont nous ayions quelque ose : mais il faisait mieux qu'il ne disait, ûuand l'auteur de la critique prétend que Bonne- ! n'était ni aimé ni considéré aux Pays-Bas , il se mpe encore. Il l'était de toutes les classes, ainsi

qu'à Vienne. J'ai connu encore de ses amis intiii Le duc d'Aremberg, les comtes de Lannoy, de Cali berg, de Bournonville, le prince de Salm, m oncle, colonel de son régiment, le prince Ferdinai de Ligne, autre oncle à moi, et mon père chez qui fut arrêté, lui étaient si attachés qu'ils raccompi gnèrent à sa portière une partie du chemin, quioâ on le conduisit à Anvers, et s'embarrassèrent trtopeu de la mine que leur fit le marquis de Prié à leur retour.

Comme cependant un menteur par hasard rencontre quelquefois , je crois à ce singulier orage (* il me parait l'avoir entendu dire à mon père) qui, u moment de sa naissance , écrasa la croix du clocher de sa paroisse, et à l'horoscope de l'aigle, tenant dans son bec une fleur de lys, surmontée d'un croissant : et quand je dis que j'y crois, c'est à dire que je crois que cela s'est dit. Je sais bien que ce sont des prédictions faites après coup : mais j'en ai une idée confuse.

Je crois à la lettre à Cliamillard ; c'est h la vérité une autre que colle que j'ai : mais dans celle-là c'e>l son style, sa lierté et sa mauvaise trie.

Je crois à ravcrtissemeiit du prince Eu^^ène, pour qu'il s'en corrigeât et se conlorinât aux manières de ce pays-ci.

Je crois aux douze excellents points de son premier mémoire sur la tactique, et aux quatorze du second qui regardait la guerre avec la maison d'Autriche.

Pour les mémoires, les factums, les lettres, les gros mots, les injures et le rabâchage de la ridicule affaire avec cette ennuyeuse famille de Prié, cela n'est que trop vrai et a été imprimé si souvent partout que l'auteur, tel peu instruit qu'il soit , n'a pu s'empêcher de raconter la vérité.

Pour un voyage de mer (que je prouverai ailleurs qu'il n'a pas fait), son île de Chio, son combat maltais, ses deux turcs prisonniers jadis et reconnus par lui,sa prétendue circoncision, son capucin, sa messe, ses trois espèces de femmes, et avant cela ses bonnes fortunes de lingères et boulangères, c'est pitoya- We et le cachet d'un mauvais roman d'antichambre. Celui qui est encore pire, si cela est possible, c'est l'auteur de la suite de ces prétendus mémoires, sous le titre d'Anecdotes Vénitiennes et Turques, où l'on n'a pas même l'air de vouloir être cru : ce sont de }etites histoires invraisemblables, sans qu'il y ait les îcarts du merveilleux. On m'a dit que c'était du mar- [uis d'Argens; j'en serais fâché pour lui, cela ne aut pas la peine d'entrer dans aucun détail pour le iscuter.

62 œUYRES DU PRINCE DE LIGNE,

Le premier romancier le fait mousquetaire et le fait se trouver à Fleurus, Steinkerke, Neerwinde, au service de France; et puis à Chiari, Gassano, Luzzara, au service d'Autriche. Point du tout, il ne se trouva pas aux premières affaires, mais il se conduisit si bien aux dernières, qu'on le verra devenir enfin général d'infenterie de l'Empereur, ou feldzeugmeister, appelé ainsi improprement. C'est peut-être ce nom, qui veut dire général d'artillerie, qui le fit mettre à la tête de celle des Turcs , où il fut revêtu de la charge de chef des bombardiers. Quand on lira les raisons du prince de se l'attacher, on ne croira plus que ce soit un petit agent, comme un M. de Prié, flatteur des gens en place et fils d'un petit banquier de Turin, qui Ta fait prendre au service. Ainsi je sauve au moins Bonneval du reproche d'ingratitude ; pour le reproche d'irréligion, il n'y a pas moyen de le justifier. On citait alors un homme qui n'avait pas de religion , et cela fait honneur à ce temps-là ; puisque dans celui-ci, malheureusement en France, on cite celui qui en a. Mais j'en reviens à ma critique de mon critique ; voici encore une preuve de son tact.

Ce pauvre homme eût dû voir que Bonneval n'aurait pas appelé la comtesse de Bathiany, la veuve d'un capitaine, qu'il prétend avoir été la maîtresse du prince Eugène; l'auteur des mémoires ni lui ne

savaient pas seulement que c'était une grande dame, chez qui le prince Eugène, déjà fort âgé, allait faire tous les jours sa partie de piquet, encore même çidques heures avant de mourir : enfin, s'il avait eu loHnême un meilleur ton, il n'aurait jamais cru que H. de Bonneval, qui avait celui d'un homme de qualité, de cour et de bonne compagnie, aurait écrit ses prétendus mémoires; le style en est détestable, ainsi que celui des anecdotes vénitiennes.

CTest au comte d'Antraigues que je dois la plus grande partie de mes autorités. Quand le critique prétend que Bonneval était négligé par les uns, lûéprisé par les autres en France, je lui dis : lisez les lettres du cardinal Dubois , ainsi que celles de DMdame de Bonneval dont j'ai pris quelques fragïûcnts : ils donneront des éclaircissements sur son niari, prouveront les mensonges de Thistorien, les contradictions de la critique , et le cœur et Tesprit ^*une jeune femme intéressante et point du tout connue : c'est une petite Sévigné , et si elle n'a pas peut-être tous les charmes de sa manière de conter, elle a au moins plus de sensibilité. Ces lettres sont "e son écriture; celles de Dubois, encore abbé de ce temps-là, sont signées de lui. Je me servis de même ^e tout ce que M. le comte d'Antraigues a trouvé ^^^ ce sujet pendant son séjour à Constantinople;

a accompagné, et à Cazanova, qui y a vu Boi je garantis la vérité de ces mémoires-ci. Je i aux anciens pour le mémoire de son procès deux sur la tactique que je crois de lui, ainsi rai déjà dit.

HiUyi

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