NUIT D'OCTOBRE
Mon cœur battait... Vite à cheval !
« Bon coursier, le repos l'irrite.
« Devance l'ouragan rival, « Vole à l'appel de Marguerite !
« Vole ! » C'était l'heure où le soir Descend des monts, sombre avalanche !
Où l'ombre du grand chêne noir S'étend dans la bruyère blanche.
« Vole, vole î » Une nuit d'hiver En tombeaux transforme les plaines ; La forêt frissonne. . . et dans l'air Courent de funèbres haleines.
« Vole encor î mon sang est en fo:3, ^' Ma poitrine bout ! . . . mais je Taime. « Et c'est si doux d'aimer, mon Dieu ! « Qu'on se sent fort comme vous-même î
« Yole toujours !. . . * Il s'arrèla.
La nuit sur eux tendit ses voiles ; Leurs baisers, Dieu seul les compta, Et dit : « Mon ciel a moins d'étoiles. »
Quand minuit sonna le retour.
Des pleurs brillaient dans leurs prunelles. Pourquoi pleurer, enfants ?... l'amour A des ivresses éternelles !
'< En avant, vole, ô mon coursier !
« J'ai laissé mon cœur à cet ange :
« Au galop de tes pieds d'acier, « J'emporte le sien en échange. »