SILLAGES
Oli î quelle est belle et touchante, Marguerite ! et qui de nous Lorsqu'elle rit^ parle ou chante, Ne tomberait à genoux ?
On dirait, quand elle passe.
Que, de ses longs cheveux bruns.
Il s'exhale dans l'espace Vn sillage de parfums.
Chaque jour, sur son passage.
Je vois tel cœur, réputé Le plus froid et le ])lus sage, Qui s'embrase à sa beauté.
rVst que tout rayonne en elle
Et que ses yeux noirs et clairs Font jaillir de leur prunelle Un long sillage d'éclairs î
De parfums et de lumière
Dieu fit son corps souple et beau.
Et mon àme la première
S'est brûlée à ce flambeau.
Et, comme l'aigle ouvrant Taile
Vole vers le roi du jour.
Tout mon cœur vole après elle,
Dans un sillai^e d'amour.