CHANT D'AMOUR
Enfanl que Dieu, clans sa bonté, Doua, pour qu'on baisât tes traces, De séductions et de grâces Et qu'il couronna de beauté ;
Tu sais, enfant, que je l'adore.
Je te l'ai dit autant de fois Qu'il éclôt de fleurs dans les bois.
Et je veux te le dire encore.
Mon cœur, ma vie et mon amour.
Je t'ai tout donné, mon doux ange :
Mais j'ai la tendresse en échange, J ai toute ton âme en retour.
Fais rcsonrer à iron oreille Ta voix plus douce que le miel :
Celte voix dont les chœurs du ciel ^'ont peut-être pas la pareille.
Laisse encor mon c ]eur s'embraser Aux parfums de la molle haleine.
Que, comme une coupe trop pleine.
Ta lèvre épanche le baiser.
Fais briller sur moi, jeune femme.
Tes grands yeux à l'éclat si pur :
Ils conliennent assez d'azur Pour en faire un ciel à mon âme !
Elreins-moi d'un effort vainqueur Dans tes bras où l'amour m'enlace :
Ils renferment assez d'espace Pour en faire un monde à mon cœur !
Et puisqu'enfin ma destinée N'a d autre étoile que tes yeux ; Puisque la tienne, ange des cieux.
Vers mon amour est entraînée ;
Puisque tes désirs sont les miens,
Puisque notre ivresse commune De nos deux âmes n'en fait qu'une.
Resserrons encor ces liens !
Que nul bonheur égal au nôtre Xe s'épanouisse ici-bas.
Et, pour l'enchaîner dans nos bras, Soyons tout entiers l'un à l'autre !