A SA SŒUR DE CŒUR, F- P
Sinilepamlosvenire adins.
Les beaux jours renaissaient aux champs de Samarie. Un radieux soleil dorait tout l'horizon. Fatigué de prêcher, le blond fils de Marie
S'assit au bord d'une prairie.
Le front dans ses deux mains, les pieds sur le gazon.
Pendant qu'il méditait sur le rachat du monde
Et que des pleurs brillaient dans ses yeux obscurcis,
Une troupe d'enfants, anges à tète blonde
Qu'un chaud soleil de joie inonde, Vint distraire Jésus de ses divins soucis.
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Après les papillons, après les sauterelles.
Ils couraient, bondissaient comme de jeunes faons.
Et s'ébattaient dans l'herbe avec un doux bruit d'ailes.
Alors, les apôtres fidèles Voulurent de leur maître éloigner les enfants.
Mais lui, levant vers eux un regard de reproche :
« Laissez venir à moi les enfants, » leur dit-il.
« Laissez mon pauvre cœur, dont le trépas est proche,
« S'épanouir à leur approche ; « Laissez à ces oiseaux leurs jeux et leur babil.
« Pourquoi refoulez -vous leur gaîté si sereine
« Dans leur sein d'où son flot demande à s'échapper?
« Sachez bien que la crainte est more de la haine.
« Or, ma loi, d'amour toute pleine, « N'inspire pas la haine : elle vient l'extirper.
« Vous êtes les pasteurs du troupeau de mon père. « Veillez sur les agneaux plus que sur les brebis. « De tous ceux que Satan étreindra dans sa serre
« Vous rendrez un compte sévère « A Dieu qui leur prépare un trône au paradis !
Puis, appelant à lui cette troupe lutine Qui, tout efl*arouchée, avait fui vers son nid.
Il pril entre ses mains chaque tôle enfantine.
Et, la pressant sur sa poitrine.
D'un tendre et doux baiser au front, il la bénit.
« Allez, dit-il, ô vous dont l'œil bleu ne convoite « Que les petites fleurs de ces prés étoiles, « Que l'insecte de soie ei d'azur qui miroite,
« Vous dont l'âme est naïve et droite, « Vous qui venez du ciel, vous qui le rappelez !
« Gardez longtemps, toujours, la robe d'innocence « Dont, au berceau, mon père eut soin de vous couvrir. « Et si votre dent mord au fruit de la science,
« Laissez-y l'esprit de démence « Qui fit njaudire l'homme... et qui me fait mourir î
« Allez, mes chérubins, et que Dieu vous sourie; •« Qu'il épargne les pleurs à vos longs cils soyeux ; « Qu'il vous donne l'espoir du ciel, notre patrie,
« Une mère comme Marie, « Et des jours aussi beaux, aussi purs que vos yeux. »
Jésus dit. De ses bras à peine détachée
La troupe à travers champs reprit son fol essor.
Et bientôt, sous ses jas, la bruyante nichée
Eut ployé, comme une jonchée, La marguerite blanche et le frais boulon d'or.
Jésus t'a révélé le sens de sa parole,
Car, comme lui, lu sais enseigner et chérir.
Auprès de nos enfants il t'a légué son rôle,
Et ton àme, ardente corolle, De parfums et d'amour s'applique à les nourrir.
Laisse courir leurs pieds, chanter leur lèvre rose. Leur jeune esprit rêver papillons et fleurs d'or. Ne les enchaîne pas à la leçon morose.
Et, dans les prés que Taube arrose, Laisse au soleil leur aile essayer son essor.
L'école de la vie effeuillant leur couronne Leur apprendra trop tôt la douleur et l'ennui. Rends-leur, pour que plus lard leur cœur aime et pardon
Tout l'amour qu'au tien Jésus donne :
Qu'Us soient bons comme loi, qu'ils soient saints comme lui