AMOUR
A travers
Les prés verts Que l'été de fleurs dore, Mon âme qui t'adore, Enfant, quand ton pied fuit,
Te poursuit.
Et quand j'ai pu t'atteindre.
Trop heureux pour me plaindre.
Je te dis à genoux :
« Ne fuis pas, aimons-nous, « Aimons-nous ! »
A travers
Les cieux clairs, Mon âme de poêle, Ainsi que ralouette.
Si ton vol s'égarait
Monterait.
Tu m'entendrais, ma belle.
Dire à chaque coup d'aile.
Tendant vers toi mes bras :
« Aimons-nous, ne fuis pas,
• Ne fuis pas ! »
A travers
Les déserts Et leurs flots blancs de sable.
Je poursuivrais, semblable A l'Arabe indompté,
Ta beauté.
« Ces déserts, te dirais-je, « Mers de flamme et de neige, « Avec toi sont si doux !
* Ne fuis pas, aimons-nous !
« Aimons-nous î •
A travers Vents et mers,
Pareille à la mouette, Mon âme de poète Si la tienne émigrait
Volerait.
Ma voix plus haut que l'onde Et que le vent qui gronde.
S'écrirait sur tes pas :
« Aimons-nous, ne fuis pas,
« Ne fuis pas ! »
A travers
Les enfers Enfin, je voudrais suivre Ton regard qui m'enivre.
Qui verse à mon ciel noir
Tant d'espoir !
« Vois, t'y crîrais-je encore, « Du feu qui me dévore « L'enfer même est jaloux.
« Ne fuis pas, aimons-nous,
« Aimons-nous ! •>