‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 27 sur 77 · COLIN-MAILLARD · texte numérisé non relu

COLIN-MAILLARD

Oli î quelle cruauté dans ton œil, Marguerite ! . . . Il m'inspire aujourd'hui moins d'amour que d'effroi. Pourtant, les yeux bandes, tu me trouvas bien vite ; Et pourquoi justement vins-tu m'attraper moi ?

Je saisis à mon tour ta taille déliée ; Je la serrai si fort qu'on rit autour de nous. Méchante ! ta fierté s'en crut humiliée : Tu lâchas froidement l'aveugle à tes genoux.

Je talonnai, risquant de me démettre un membre ; Mon front blessé saigna comme saignait mon cœur. J'allai même tomber dans l'angle de la chambre. Accablé sous le poids de ton rire moqueur !

Lumière et vie, amour ! fais que mes jours funèbres Des rayons de ses yeux soient enfin inondés. Sinon je marcherai toujours dans les ténèbres : Tout comme si j'avais encorles yeux bandés î

Page 1