‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 44 sur 77 · CHAINE VIVANTE · texte numérisé non relu

CHAINE VIVANTE

D'un gage, quel qu'il soit, pris à la dérobée, D'un ruban, d'une fleur des doigts aimés tombée, Eli quoi î beaux amoureux, vous vous réjouissez 1 Gants, bracelets, mouchoirs, bagues, voiles, dentelles. J'en conviens, ne sont pas pour vous des bagatelles : El cependant pour moi ce ne fut point assez.

Un flot de ses cheveux brillants comme un calice. Voilà ce qu'en mon sein je cache avec délice ! OIi î quel courroux, amis ! et quels airs désolés Lorsqu'elle découvrit sur moi sa brune tresse ! « Ma belle enfant, » lui dis-je, avec une caresse, <' Vous me les refusiez, je vous les ai volés î »»

Grâce à ce souvenir, l'ange que j'ai servie N'est pas à mes regrets tout entière ravie. Ce saint trésor est là qui tente mon baiser. Sa naïve pudeur, quand mes lèvres émues Frémissaient de plaisir sur ses épaules nues. N'avait que ses cheveux pour voile à m'opposer !

^lain tenant elle a fui ; mais sa relique chère

Reste à mon cou pendue ainsi qu'un scapulaire.

Elle n'a rien perdu de son premier parfum.

Si quelque amour nouveau vers d'autres bras m'entraîne^

Je veux qu'on puisse dire en voyant cette chaîne :

« Ce cœur qu'on croyait libre appartint à quelqu'un! »

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