‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 8 sur 77 · CHANT D'AMOUR · texte numérisé non relu

CHANT D'AMOUR

Blondes rives où déferle Le flot du golfe argenté.

Vous n'avez pas une perle Plus pure que sa beauté.

Prés, où vont les jeunes couples, Vos gazons, même au printemps, Sont moins touffus et moins souples Que ses longs cheveux flottants.

Nuits d'été que rien ne voile, Cieux profonds et radieux.

Vous n'avez pas une étoile Qui brille autant que ses yeux, m 3

Bois peuplés d'oiseaux poètes, 11 n'est, sous vos verts pavois, Ni rossignols, ni fauvettes Qui chantent comme sa voix.

Plantes par l'aube arrosées.

Vous n'avez pas une fleur Qui, de ses lèvres rosées, Ait l'éclat et la couleur.

Tout l'encens qui s'évapore Des jardins au mois de mai^ Est moins enivrant encore Que son souffle parfumé.

Les glaciers, les avalanches,' Fils de l'hiver désolé.

N'ont pas de neiges plus blanches Que son sein immaculé !

Sa taille est svelte et cambrée ; Il n'est nul palmier dont l'air Balance la tige ambrée.

Plus gracieux et plus fier.

La brise des mers limpides, Des forêts le jeune faon.

Sont moins légers^ moins rapides Que ses jolis pieds d'enfant !

Un sourire ^ans fin joue Dans ses traits : l'œil du désir Sur sa main et sur f a joue Voit des fossettes s'ouvrir.

Enfin, s'il est quelque chose De plus parfait que son corps, C'est son âme, à l'amour close^ Dont Dieu seul tient les ressorts.

Sa beauté d'ivresse inonde • Tous les cœurs !. . . mais je sens bien Qu'il n'en est pas un au monde Qui l'aime autant que le mien î

Page 1