‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 9 sur 77 · EX-VOTO · texte numérisé non relu

EX-VOTO

Près de la plage où l'algue, ainsi qu'un tapis verl. S'étend aux pieds du promontoire,

(>e matin, en rêvant de vous, j'ai découvert Les ruines d'un oratoire.

Il ne fallait rien moins que ce charmant tableau Pour me distraire de vous-même ;

('ar de votre beauté le ciel, la terre et l'eau

Parlaient à mon cœur qui vous aime.

r^ous ces bouquets de pins que nos brises d'été Font vibrer comme un orgue immense,

Des ouragans marins, comme un nid abrité. Cet autel bravait l'inclémence î

Quelque pauvre pécheur au naufrage écliappé

Sur cette côte hospitalière.

Avait voulu, sans cloute, à ce bord escarpe

Suspendre un ex-voto de pierre.

Une vierge de bois tenant un enfant nu.

Touchante de grâce naïve, Y semblait écouler le poème inconnu

Que la vague chante à la rive.

Un manteau de satin déchiré par le vent Enveloppait cette humble image,

A qui les rayons d'or d'un beau soleil levant Rendaient un lumineux hommage.

J*ai longtemps attaché mes regards attendris Sur la niche verte de mousse.

Sur l'agresle oratoire et ses pieux débris. Où la fureur des flots s'émousse.

J'ai longtemps contemplé cette image de bois. Que sculpta la reconnaissance,

Qu'en partant les pécheurs j)rièrenl tant de fois, El que l'onde écumeuse encense.

El comme j'avais vu, par milliers, à l'entour. Briller la blanche pâquerette.

J'ai cueilli, j'ai tressé ces fleurs de notre amour, Et j'en ai couronné sa tête.

Puis, enfant, j'ai courbé mon front et mes genoux

Devant cette image bénite, Et je Tai baptisée en souvenir de vous :

La Madone a la Marguerite î

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