‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 40 sur 96 · BLUETTE · texte numérisé non relu

BLUETTE

Eparpillant le sable du rivage, Deux blonds enfants sur les lames lançaient Des cailloux blancs et plats, qui bondissaient, Puis, tout à coup, dans les eaux de la plage, Disparaissaient.

Leur mère était assise au bord de L'onde. Elle disait à ses fils : Chaque saut Que vos cailloux légers font sur le flot, C'est une année ; et la plage profonde, . C'est le tombeau!

A M»,e DE B...

VOYAGE A MARSEILLE, A BORD DE l'^GYPTL'S

Le rapide Egyptus nous emportait, Madame,

Sur ses ailes de fer que fait voler la flamme;

Le vent nous chuchotait ce qu'il sait de plus dou\-,

La mer, pour préserver votre adoré visage

Des baisers du soleil, étendait, a'j passage,

Un voile de vapeurs entre le ciel et vous.

Comme aux pas du printemps s'attache l'hirondelle, Ma prunelle suivait votre douce prunelle Oui comptait les villas dont nos bords sont couverts 1 7

Nos regards comparaient, dans leur architecture. Les chefs-d'ouvre de l'art et ceux de la nature Reproduits parle prisme éblouissant des mers.

Aujourd'hui, loin de \ous, dans un lucide rêve, Je revois les contours de cette blonde grève, Ses vieux rochers pelés, volcaniques éclats Où Dieu sème des fleurs aux sauvages arômes, Où la mer chante et rit, où chaque jour les hommes Pour vivre auprès des flots bâtissent des villas.

Je les revois toujours, ces somptueuses roches, Du grand picceau de Dieu colossales ébauches î Ces îlots allaités par l'écume des mers, Et ces arbres riants, au feuillage qui tremble, Sur votre front charmant secouant tous ensemble Leurs parfums, leurs amours, leurs fruits et leurs concerts.

Je vois le profil grec du Sicier qui protège Saint-Nazaire aux toits gris, aux façades de neige, La Ciotat dont le golfe au cœur souffle l'effroi, Cassis aux vins aimés, aux collines cendrées, Et Marseille, du haut des grèves azurées, Regardant l'Océan son escla\e et son roi !

Mais à tous ces tableaux heureux et grandioses, A tous les souvenirs de ces divines choses,

Des colline?, du ciel, de l'océan dore, Un souvenir plus doux dans mon cœur se marie C'est vous, vous qui, pareille à lu vierge Marie, Pressiez, sur votre sein, votre enfant aloré.

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