‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 44 sur 96 · MATINÉE EN RADE · texte numérisé non relu

MATINÉE EN RADE

Depuis que l'aurore étincelle.

Je l'attends dans notre nacelle, ( ) ma paresseuse beauté.J Déjà la matinale lame T'appelait, ainsi crue mon âme:

Embarque- toi : la svelte rame S'impatiente a mon côté...

La mer, pour toi, ma Désirée, A fait toilette ce matin.

Elle a mis sa robe azurée

Dont le vent frôle le satin :

Sa robe où la neige saline, L*écume blanche et cristalline, Semble un volant de mousseline Brodé parles doigts d'un lutin.

La barque indolente côtoie La falaise où le flot ondoie.

Vents, taisez-vous ! silence, flots La jeune fille que j'adore A ses concerts prélude encore :

Elle va célébrer l'aurore Et le réveil des matelots.

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