MATINÉE EN RADE
Depuis que l'aurore étincelle.
Je l'attends dans notre nacelle, ( ) ma paresseuse beauté.J Déjà la matinale lame T'appelait, ainsi crue mon âme:
Embarque- toi : la svelte rame S'impatiente a mon côté...
La mer, pour toi, ma Désirée, A fait toilette ce matin.
Elle a mis sa robe azurée
Dont le vent frôle le satin :
Sa robe où la neige saline, L*écume blanche et cristalline, Semble un volant de mousseline Brodé parles doigts d'un lutin.
La barque indolente côtoie La falaise où le flot ondoie.
Vents, taisez-vous ! silence, flots La jeune fille que j'adore A ses concerts prélude encore :
Elle va célébrer l'aurore Et le réveil des matelots.