‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 75 sur 96 · LE FORÇÂT POITRINAIRE · texte numérisé non relu

LE FORÇÂT POITRINAIRE

Mes compagnons, dont le malheur se joue, Interrogeant la pâleur de ma joue, Me répétaient : « Tu traînes bien tes pas ! » Ils me disaient : « Tu te meurs poitrinaire! Moi, qui voulais revoir mon \illage et mon père, Je savais bien que je ne mourrais pas.

Demain, demain, l'argousin me déferre; Demain j'irai, libre, pur et conleni,

Revoir mon village et mon père !

Demain la liberté m'attend.

Demain, adieu les bagnes et la chaîne ! J'étais mourant : la liberté prochaine A, de mes jours, rallumé le flambeau.

Demain, à moi les baisers de mon père, Mon pays, mes amis, ma natale chaumière ! Oh ! que demain le soleil sera beau !

Demain, demain, l'argousin me déferre; Demain j'irai libre, pur et content,

Revoir mon village et mon père !

Demain la liberté m'attend î

Mais la nuit vient. Dieu ! quelle ardente briîi Passe sur moi ? ma poitrine se brise ! Mes compagnons devinaient donc mon sort? Un sang de feu dans mes veines circule, La démence rugit dans ma tète qui brûle. 0 désespoir ! demain je serai mort !

Adieu, bonheur, village, amis et père !

Fermez ces bras que l'amour me tendait. Demain je serai sous la terre :

C'était elle qui m'attendait !

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