NUIT EN MER
Rien n'est pour moi plus poétique Qu'une promenade sur l'eau !
Je crois voir l'onde adriatique Caresser les pieds du Lido, Et i'ombre de Byron assise Sur les ruines de Venise, Où le pâle flot qui se brise Pleure comme sur un tombeau.
Je l'ai promis, ma Désirée, Que, sous les baisers du zéphyr,
Par quelque riante soirée Nous irions voir les flots frémir.
Le soleil lentement s'incline A l'occident sur la colline Qui ferme sa couche marine . . .
L'esquif est prêt, veux- lu partir ?
Vois ! quel religieux silence Règne dans tous les environs De celte mer qui nous balance Et que plissent nos avirons î Oh î fais résonner ta guitare !
A l'écouter tout se prépare, Car un pareil calme est bien rare Sur Tonde où nous nous égarons.