‹ ŒuvresChapitre 26 sur 72 · PORTRAIT DE FORÇÂT A VIE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE FORÇÂT A VIE

Oh! quel horrible front et quels regards haineux î Sous la chaîne de fer, serpent aux mille nœuds, N'est-ce pas là le crime incarné dans un homme ? . Il porte avec orgueil la chaîne qui le tord. Depuis qu'il a perdu l'honneur et le remord, C'est un galérien qu'on le nomme !

C'est la troisième fois qu'il vient vautrer ses jours Au bagne ; et maintenant, hélas ! c'est pour toujours. L'enfer nous a vomi celte lave écarlate. Son front ne porte pas la ride des regrets ; Et pourtant l'échafaud menaça de bien près Celte tête crépue et plate.

Le fer qui dans ses chairs s'incruste, son habit Rou^^e comme le sang que son bras répandit, A le rendre odieux au monde, tout conspire, S'il s'approchait de vous, repoussez-le du pied 5 Son regard infernal détruirait la pitié Que sa misère vous inspire.

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