SOMMEIL
Viens sur mon sein, ma jeune bien-aimée ; Sur ce vivant oreiller viens dormir !
Sous le contact de la tête embaumée, Ne sens-tu pas ma poitrine calmée S'épanouir !
C'est que ton souffle a bien plus d'harmonie Qu'un vent d'été glissant au front des bois ; C'est que les chants d'un sublime génie N'égalent pas, pour moi, la voix bénie, Ta douce voix.
Comme les fleurs qui penchent leurs corolles Sur d'autres fleurs, je me penche sur toi ; Et je te dis de si tendres paroles î . . . Car mon amour craint quer tu ne t'envoles D'auprès de moi.
Ah î si tu veux aux plaines éternelles T'en retourner, songe que j'ai la foi.
Dérobons-nous aux angoisses mortelles, Ange d'amour, et dans tes blanches ailes Emporte-moi.