‹ ŒuvresChapitre 67 sur 72 · REPONSE A SES VERS · texte numérisé non relu

REPONSE A SES VERS

Frère! il naît de ces jours où des voix: poétiques Des palais du bonheur nous ouvrent les portiques : Jours de blanches clartés, dont le Seigneur se sert Pour diriger nos pas dans la nuit de la vie ; Jours d'amour, où la voix des anges nous convie A mêler nos accords à leur divin concert !

El quand le beau soleil qui sur ces jours se lève. Descend tout embrasé dans l'Océan qui rêve, Comme parfois y sombre un graml n;ivir(3 en feu.

On éprouve^ la nuit, de douces insomnies. Et i'àme croit ouïr de vagues symplîonies. Comme des flots d'encens s'e.\halef du ciel bleu.

0 mon frère î le jour où de ta poésie

Ton hommage me fit respirer l'ambroisie.

Un de ces jours heureux sur mon front resplendit ;

Et lorsqu'à mes regards l'ombre où la nuit nous plonge

Déroba le couchant, un magnifique so'ige

A nrélancer au cîe'. loul-à-coup m'enhardit.

Frère, écoute î au-dessus des célestes coupoles

Dont le temple est le monde et les piliers, les pôles.

Où du cliar du soleil on voit voler l'essieu.

Où les étoiles d'or naissent par myriades,

Je trouvai, réunis en sublimes pléiades,

Tous les bardes du peuple à genoux pr(?s de Dieu !

La parole du Christ p"ait se faire onteodre. Et pour la recueiil'r vous scmbliez m'atlendre. je reçus de vous lous le baiser fralernel; Lt, d^stiplcs nouvcciuv. frère, nous nous ass-mes Sur un auî'-e Thabor ?u^ rad-eusos cimes Qui couronnent de Dieu le royaume éiernel.

Le Chriai nous api arul en vèleme-Ms de flamme ; Son ravonnaiil visa;:e avait des tra-ts de femme

Comme l'Évangéliste à Pathmos exilé ; Le corps tout entouré d'une éclatante nue. Il parla ! mais sa voix nous était bien connue. Car ce Christ, sur la (erre, avait déjà parlé.

« L'humanité souffrante en un Messie espère,

« Nous dit-il, et dans elle un grand travail s'opère f.

« Je serai ce Messie, enfants ; et vous serez

« De ma nouvelle foi les apôtres sacrés !

« Poètes ! allez dire aux nations altières

« De fondre leurs canons, de rayer leurs frontières î

« Dites-leur que Thonneur par le sang est terni!

« Dites aux conquérants que leur règne est fini î

« Allez ! la délivrance est enfin arrivée;

« Brisez dans vos bras forts toute chaîne rivée.

« Prêchez la liberté, proclamez les vertus,

" Relevez les froots purs par l'orage abattus î

« Diles aux oppres^^eurs que mon heure est venue,

« Que la voix de leur peuple au ciel est parvenue ;

* Qu'afin de dissiper leurs projets ténébreux

•< Le fer de leurs soldais se tournera contre eux, « Et qu'ils ne trouveront dans leurs femmes flétries « Qu'un sein siérilisé, des mamelles taries.

* Penchez sur ce parvis vos fronts et vos genoux,

« Car l'esprit du Très- Haut va descendre sur vous,

« Et vous envelopper de l'égide qui pare

« Tous les traits que l'erreur dans l'ombre vous prépare.

« Car, pour vous soulenir dans vos rudes combats, <' L'Éternel fortifie et vos reins et vos Lra^.

Amour î fraternité ! c'est la bannière sainte Dont la terre par vous doit bientôt être ceinte. Car Ihomme, l'homme seul a de son cœur pervers Proscrit l'immense amour qui régit l'univers ; Car dans l'œuvre de Dieu tout s'aime, tout se lie Le flot de l'Océan sur le flot se replie. Le palmier colossal ne c^oU dans les déserts Qu'afin de contempler ses frères dans les airs, Des plaines et des monts les échos se répondent, Les cieux et l'Océan aux horizons se fondent : Et les brûlants soleils qui nous versent le jour Sont régis dans l'éther par l'ordre et par l'amour.

Allez ! qu'à cette tache aucun ne se refuse ; Car l'inspiration dans vos tètes s'infuse . Allez vous présenter, l'Évangile à la main î Semez, semez partout la lumière en chemin î Que Ninive s'amende, et qu'un jour l'àmc humaine De toutes mes vertus soit le divin domaine. »»

Kl le Christ, franchissant l'immensité des cieux. Dans son nuage d'or disparut à nos yeux !

El des langues de feu sur nos fronts s'étendirent î Les échos attentifs soudain nous eniendirent Répéter tous en chœur : « Amour, fraternité. » Nous quiitàmes du ciel les flamboyantes cimes, Et dans nos fortes mains ensemble nous saisîmes La harpe de riuimanité .

0 mon frère î au réveil elle nous est restée, La harpe que les vents du ciel ont agilée ; Faisons-la résoimer partout où luit le jour, Et qu'aux accords divins exhalés de ses cordes, Nous puissions tous enfin vivre, exempts de discordes. Dans l'harmonie et dans l'amour î

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