DISCOURS HUITIEME
iJE iendemam de la journée des paraphrases , ainsi fîat-elle appelée par un galant homme qui s y trouva^ Socrate reçut de Paris. uqe nouvelle traduction des Annales.de Tacite; elle lui plut extréïnement ; il en. parla . comme d'un,chefr d'œuvre en notre langue; il nous en^ lut à diverses fois des feuilles entières:: et un jour s'étant arrêté à: l'ouverture du livre, sur .un eodçoit qui lui' sembla digne. de/coÉisîdératiotiy voici à peu près le disdours «fu'iLfit , eii présieçce du provincial, gâité de la cour, idolâtre .de la faveur et des feyoris, grand faiseur.de panégyriques et d'éloges.
(fe)
C'est le moyen de faire souvent injustice que déjuger toujours du mérite des conseils, parla bonne fortune des éTénemens. Croyez-moi, et ne vous laissez pas éblouir à l'éclat des choses qui réussissent. Ce que les Orecs, ce que les Romains, ce que nous avons appelé une prudence admirable , c'étoit une heureuse témérité. II y a eu des hommes dont la vie a été pleine de miracles, quoi qu'il ne fussent pas saints, et qu'ils n'eu ssent point dessein de l'être : le ciel bénissoit toutes leurs fautes; le ciel couronnoit toutes leurs folies.
Il devoit pénr, cet homme fatal ( nous le considérâmes il y a quelques jours dans l'histoire de l'Empire d'Orient), il devoit périr, dès le premier jourde saoandidie, pcu-uae teUe ou unet«Ueeutt^prise^ maii Dira se vouloitserrirdeiiû pwr pUtiir le getipe hïimbiii et pdur touraoeot^ 1^ monde) Injustice d« Dieu BevAulote itea§tt,^
cheté 9 qm arvéie lés dbâtes 4» ceux ^ui se pxé^ cipîtatit, qui n'a'(|tte faire dw honïieû maximes poorpfodiéM ]&& bons siuicès. G6I homme a duré poor tnVaillehr au desseia de là Providaooe : il pensoit exm*èc^ ses paMÎdto) eiil dxéqittoit les arréjËs éa deL Avfok qiie ^ s^^^f^^e;, il a efu loisir 4e perdre les |ie»ples et les Stats; de mettre le feu £mx qualiie .«oios de la! terre, de gâter le présent et l'aVenk', ^laf les maux qi^'îl a faits et par lés exemjllés qu'il à laîsséa. < .
Ges^ejieiiqE^les sonl oontagikto^ ret leur veain paste jusqu'à h postérité. Notre a^odi dje gdUaude Ta remarqui dey^mt nousrLe d«ctatiea)r a* été le péàigôgiie des triumvirs , bieo . qil'ir y ait eu quafante*^if ans ^mv^ Im et eUx4. la prem>i^e prosenpti<>n :«: : éié la , jbablaibure de te s^oonde*
Voilà la politique ides «i«uiims prktees! qvâ réu^ adxilirablemeot ^ {)oupVU^'4llé fne djjouve point d'ôppmîtifitf ^ 1et^ que l'tedace s^ p^i^ agM^ewa- tetûujdîlé.dupenplêvii/i^ j^w t'W/w* «t hwucoupsd'e^uê^é, q'rcst^^g^ >qui 5 pf?«pip tOHjou» gouverné le «fttmd^ j i^ 9#i^iMf^ , Bv9ç wccèsi, ^ quelq^i^s m^i $ej^A fboiftiiur 4|i «ièc^^'ptos ou n^us (>orM)à^^ndifreF(-s(Qloii.l^ djsp^aifiw des^pk^îtSfptoe &roi»^e9^H$l.u^j^i(* ï^rivcuséi. ,• > -v.-^^. .--»" • • - •. «v . ;::jc[ lirjîc ^i»
Màfeil failt ii^uj^urs €» ^^ew^là^ i^ «pt j^yès-
(75) fjTaode lettre , qui d^vre la vérité opprimée ; qui la venge de» espions et des délateurs ; qui fSaœ les odes et les panégyntjues de la flatterie. Cette lettre iajurieuse est écrite de la mm du coi des Parthes, et il n'y a pas moyen de U supprimer. Ce n'est point un cartel d'enneoii à eunemi ; c'est une satire ; c'est im pasquin ; c'est quelque chose de pis : ou plutôt ce sont le» ppemieres pièces d'un procès criminel , intenté par le genre humain , que les vices de Tibère avoient offensé. Au nom de toute la terre , un roi se déclare partie , et prend la parole contre un empereur.
Après lui avoir reproché sa mauvaise haleine , M télé pelée , son visage pétri de boue et de sang , les monstres et les prodiges de ses débauches , en un mot les plus visibles défauts d^ M personne et les crimes les plu^ connus ■ ^ M ^de ; cette gratide lettre , celte lettre ••jnrieusé hii cotiséille pour c^hclusion , de '"**'» Jifi par une mort volontaire , à tant <*< maux qu'il àoùffre et qu'il fait souffrir ; ^fxhùrte de donner par là à toute la terre, "ï ieulé satiàfaetidn qu^eUe pouvoit recevait dtlui.:
^ous voyei c6mii4e la renommée condamne j '■'^ , "paï la bduche des étrangers ; mais I « couscience souscrit à cet arrêt , par le "pto-
là dedans où les plus vilaines des maladies et les plus sales des animaux ont attaqué les rois et les dictateurs; ont triomphé de l'orgueil des sceptres et de la vanité des couronnes. C'est-là dedans où les nuit^ sont pleines de spectres et de fantômes ; où un pauvre prince s'éveille en sunsaut , et orip qu'on le tue ; où les remords du passé viennent agiter une ^ons* ciencie effrayée , çt £aiire des plaintes et des reproches à celui qui n'a ouï tout le jour que des acclamations et des Iquaqges.
Les jeuK , les divertissemens , les plaisirs ne guérissent ppint les âmes qui souffrent. Ce ne sont point de véritables remèdes ; ce sont de simples âmiisemeils de la douleur : ils ne chassent point , ils n'emportent point le mal ; ils trompent , ils endorment le malade : ils ne produisent que des intervalles de relâche y que des TBomeas 4^ tranquillité. Les joies qui sont artificielles (jiureHt ^eu : pour être longues et assurées , il faut qu'elles viennent de scnprce , et que ]» nature spit oonkienCe. Il fsiut que le eontentement ait sa vaoine dans le cœur; autrexaeiA ce h'est que du tard s\ii le visage. Le moindre ^letidient Tefface , et ^apparence tombe J au premier ra5ron' dé la irérité. Aussi t«itre Virgile: a -m^ en ^^ifer^ ces^sortéiâ de joies ^ et les aipp^Ue de f9<mvaises Joies. fenseE-
( 67 ) VOUS que celles de La anxt soient beaucoup meilleures?
&epTésentez«vous f je vous prie , le cruel Théodoric, après, la fmxrt du sage Symmaque. Il est assis à une table d'or et d'ivoire , éhar^ gée. des tributs de plusieurs provinces , des dépouilles de la ferre et de la mer. Ce n'est pas tout .que cela» Outre les moissons dé ^fleurs (et ce fiit peut-être en hiver .que cette £ite' fut célébrée ) , outre les fruits étrangers et ceux dû pays , outre la rareté et l'abondance en un même lieu , il y a quelque chose, de plu3 dé-^ licat et de moins matériel , qui entre dans la iestin , et qui va | obatouiller l'esprit par le passage des sea& Les douces i[umées des pâr'« fums , les charmes ravissans de . la musique , la compagAÎe ds5 ^femmes libres, et désireuses de {4aîre y.les bouffons. «et les âatteursne naanqv^nt pioint iàiThéodoriof;}ioun )a pearfeo^ tion de la honine* chère. Il CMoit pouvoir s^ réjouk avec ce grand s^paveil dejoié; mais tout d'un coup on sert devant lui la tête «d'un gros poissbu; .et il s'ifnagine d'abotd ^ .et il s écrie iôeuQEiédîatemënt après, qiie c'est la tête de Syâufiaqùe , . .qu'on lui apporté de l'aotrè monde ; . que c'est* Sjrmmaque , ifui sortiidif tombeau, et qui s'appaioit.à lui , avec: sa
tête sanglante.
(68) Cette tête qne Théodorio a fait couper , ne lui donne ni paix ni trêve : ce sang innocent, qui a été versé par ses ordres et par rarrèt de ses commissaires, le poursuit jusques dans les lieux privilégiés , jusqiles dans l'aile de la volupté et du secret , jusques dans lé seia de ses maîtresses et entre les bras de ses hvoris>ll a toujours en présence un objet qu'il veut toujours fiiir. Il se souvient sans cesse - de ce qu'il -»eut sans cesse oublier. Il trouve par tout des images de son crime : et les plus mal peintes , comme celle-ci , ne laissent pas de blesser son imagination! ; de faire douleni à sa mémoire ; de corrompre les plaisirs qui lui ont été préparés; d'empoisonner les viandes qu'on lui à> servies.
- Mais puisque vdus le trouvez bon, éloignonsnous encore' davantage du' temps présent, et montons plus Ijaut dans l^antiquité ; ne sortons point de DQttB'nouvélle tFaducti<Hi. Entrons dans la vieille Rc^e^ où ceux qui croyent que wus les sermons parlent contre eux et contre leur uace, Detroiiïeront ni parens ni amis.oetrou- Tcroat pas .même, un seiiJ homme qui soit de ieor coimoissarace. Iffe nous amusons point aui petitsyaui médio(xes tyrans: quittons Théodoric pour, considérer .Tibère.
Cette longue suite de condamnés , de laquelle
(69) il fut dit : qu*il assoit fait un peuplade morts j se présente à ses yeux le jour et la nuit. Il voudroit bien les pouvoir tuer encore une fois^ mais ils ne sont plus en sa puissance ; ils ont é%é les martyrs de sa cruauté ; ils sont ms^intenant les bour-. reaux de son esprit. Ce sont les fantômes dont je parlois, ce sont ces spectre$ hideux, qui forcent les avenues de son lie; qui assiègent son palais, qui volent autour de son lit et de sa chaire; qui lui : montrent leur sang et leurs plaies , qui lui reprochent ses crimes* et sa tyrannie.
Ainsi les hommes et les élémens lui obâssent ; mais les ombres et l'enfer le viennent persécu^ ter de leurs visions. Il a donné la paix à toute la terre , et n'a pu se la donner à soi-même. U a besoin de consolation ' dans les fêtes et dans les triomphes ; ou , si vous aimez mieux que ce soit un poète qui vous le dise, il a beau être grand
et victorieux : *
L'idole de son crime, amenant la terreur.
De feux et de serpens épouvante son cœur;
Et le tr£(te remords , même après la victoire ,
Est un antre eiÈaemi logé dans sa mémciEif e.
Ses plus beaux jours sont teints d'une noire vapeur :
n a tout offensé , tout aussi lui fait peur,
Et son trône devient, 6 misère du vice F -
Le public écbafaud de son Secret supplice.
Ces vçrs plurent à la compagnie 9 et , à la rér
(7») nie et de la justefiae de» meatirea.' Je veux croire cependant ^ pour TbonoeiiH* de rexceUent poëte dont j'ai allégué les vers> qUe lewt substance et leur sens vous ont contenté l'esprit , quand leur écorce et leur son vous auroient égratigné les oreilles. Au moins m'avouerez-vous que tous vers qu'ils sont , ils ne sont point fabuleux, et qu'ils se contiennent dans la fidélité de la prose.
Il est certain que les historiens ne démentent
point en ceci les poètes : aussi bien qu'eux , ils nous font voir le tyran , qui tremble au milieu de je ne sçais combien de légions ; qui a des armées et des citadelles , et n'a point d'assurance ni de sûreté ; qui n'est pas moins timide que redoutable. Ils parlent aussi tragiquement qu'eux, des frayeurs et des mauvaises nuits de Tibère , de ses misères secrètes , de ses supplices intérieurs, des serpens et des tigres de sa conscience. Que ne disent-ils point de cette troupe de bêtes farouches ? car à leur dire ce ne sont plus de simples passions et de simples vices ; ce sont des animaux sauvages et furieux , à qui l'âme des tyrans est donnée en proie, ce sont des dents et des griffes, qui déchirent , ef qui mettent en pièces l'âme de Tibère.
TiberUun non fortuna ^ non solitudines prote^ gebant , giUn tormenta pectoris suasque ipse
(70 panas Jhter^ur. Quippe si rechtdantur tyrannonan Tnentes\ posset aspici ianiatus et ktus, et ce qui s'ensuit/ II faudra voir une autre fois, si la traduction a bien réussi en cet endroit.
(74 ) sentent : c'est au dehors le tribunal de la renommée , et celui de la conscience au dedans. Quoi qu'ils fassent , quoi qu'ils disent , ils sont du ressort de ces deux juges : ils ne sçauroiént s'empêcher de comparoîtré devant l'un et l'autre tribunal , et d'y rendre compte de leurs actions.
Tibère a humilié toutes >les Âmes i il ^ dompté tous les courages ; il a mis sous ses pieds toutes les têtes ; il s'est élevé au dessus de la raison , de la justice et des lois. Il pense avoir ôté à Rome juscja'à la liberté de la voix Et de là respiration : ou les pativres Romains sont muelS , ou ils n'ouTredt la bouche que pour flatter le tyran. Mais ud homme posséderat-il sans trouble la gloire d'être plus craint que les dietïi ? ( oH patlolt ainsi en ce tempslà. ) Goûtei'â-I^l satis cottlradîction , le fruit de cette 'victoire' ifah(iwiànbe , qu'il a emportée stir les esptits;? 3ouil*â-1-il paisiblement des avantages de ^ éhiâtrté, de la peut et ou Sîlefnce dfe ses sïijéts , de Ik lâcheté et rfes «ensonges de ses cijui^isaïïs ? La vérité qu'on retient captivie , né sortirâ-t-elle pdiilt pa*" q«^'' que endroit > Se fjafottra-t-elle pdtrtt en quelque lieu , â lai hônfe et à la coùfusion de Tibèï«'? Oiii certes , et d'une étrange sorte.
Des extrémités de l'ot-ieiit il lui vient une
(75) grande lettre, qui délivre la vérité opprimée ; qui la venge de$ espions et des délateurs ; qui efface les odes eit les panégyriques de la fkt'^ terie. Cette lettre ïuj^rieuse est écrite de la main du i;oi des Parthes , et il n'y a pas moyen de la supprimer. Ce n'est point un cartel d'en* Demi à ennemi ; c est une satire ; c'est un pa$quin.; c'est quelque chose de pis : ou plutôt ce sont las prendieres pièces d'un procès criminel , intenté par le genre humain , que les vices de Tibère avoient offensé* Au n<Hn de toute la terre , un roi se déclare partie , et prend la parole contre un empereur.
Après lui avoir reproché sa mauvaise haleine , sa tête pelée , son visage pétri de boue et de sang ^ les monstres et les prodiges de ses débauches , en un mot les plus visibles défauts de sa personne et les crimes les plu^ connus de sà vie ; celte gntiâ^ lettre , cette lettre injorieilse hii comtiWe pour côbdusion , de mettre fifi par une mort volontaire , à tant àe maux qu^il èoùjfre et qu'il fiât souffrit ; hxhôrte de donher par là à toute la terre ,
4i ^etilê satù/actiôn \fu*eBe pouuoit recevoir de lui. •:
Vouai Voyei comiiàe la renommée condamne Tibèrfe , ^at' la bôUche des étrangers; mais la eonsdence sbusmt à cet arrêt , par le pto-
( ,6 ) pre témoignage de Tibère ; car environ et temps-là il écrit lui même une autre lettre au Sénat , dans laquelle il maudit sa malheureuse grandeur , avec des paroles de désespoir. li découvre à nu les inquiétudes et les peines d'une âme ennuyée de tout, et mal satisfaite de soi-même ; abandonnée de Dieu et des hommes ; qui a perdu jusqu'à ses propres désirs , oui ne peut ni vivre ni mourir. Il semble
( 77 ) chans à leurs propres cœurs et à leurs propres pensées.
Cette impunité apparente n'est ni grâce ni faveur. L'entrée du palais ne montre rien de funeste / et tout rit par le dâiors : mais le lieu du supplice, c'est le cabinet, c'est l'intérieur de l'homme, c'est le plus profond de l'âme. Et là dedans il y aune solitude affreuse et terrible, qui est plus à craindre que les spectateurs et que l'échafaud , parce qu'elle n'a ni qui la console ni qui la plaigne. Sans parler de ce qui se doit faire en Vautre monde , Dieu a divers moyens de se venger de ses ennemis en celui-ci : mais il ne sçauroit mieux les punir, qu'en laissant leur peine à leur discrétion.
( 79) £q ceci y il se fit un peu plus prier qu'à Tac* coutumée. La révérence qu'il portoit à la parole de Dieu , par quelque opgane qu'elle sortît, l'empéchoit de juger des prédicateurs avec 'liberté : il supportoitbçaujçoup de choses qu'il n'approuvoit pas, et cQTfxxx^e il ne refusoit jamais ses louanges au mérite , il dpnnoit volontiers son silence à ce qui ne méritoit pas d'être loué. Il eût bien voulu demeurer dans les mêmes termes 4. mais il fallut contenter la compagnie, et }es violentes interrogations que nous lui fîmes à diverses fois , tirèrent de sa bouche ces réponses que je mis par ordre le lendeniain. Elles peuvent tenir lieu de commenta^e sur quelques endroits du livre, assez ren^arquables et £^ssez beaux : mais outre cela, elles peuvent ^eryiy d'adresi^e à quiconque veut aller dro^t dans la lecti^ire des autres livres, et apprepdre k jyger finement de la vjaleur des choses et de^ paroles. .
Je ne Couche poiut à la doç^riiie du pfédicateur : elle est saiqtj^ et catholique ; elle viçnf des auçieuu^^ 3Purce^^ et n'a pas été. prise dans les nouvelles citernes.. Mais ce n'e^t pas tout que la doctrine; ce n'est psi? assez d^ sçavoir la théplogie, pour ^Qfire 4^ la théologie, il faut eucpr^ sçavui^r écrirç^ qui est une seconde science* Il faut que l'arti djÇ?, pai:ales . ^erye /ie.gui^^ §t 4^
truchement à la connoissance des choses : cette connoissance découvre les grandes vérités, et cet art les met à la portée des petits esprits.
L'auteur des traités s'y est trompé; il s'est arrêté à la moitié de ce qu'il devoit ; il s'est contenté d'avoir acquis, et de jouir à sa mode, et n'a pas considéré que la possession n'étoit pas l'usage. Il a cru qu'entendre les mystères et les £aire entendre aux autres dépendoit d'une même intelligence. Ainsi, faute d'art et dé méthode, des vérités extrêmement hautes sont peu heureusement expliquées. Les oracles deviennent galimathias, par la mauvaise disposition de l'organe qui les rend. Us perdent l'opinion de leur première divinité , et n'acquièrent point les grâces de l'éloquence humaine. La doctrine du prédicateur paroît moins que quand elle n'étoit pas découverte; son silence la cachoit, et ses paroles la gâtent. Le défaut de la grammaire déshonore toute sa théologie.
Qu'il y a de différence entre ces sortes d'écrits et ceux d'un homme q[ui sçait écrire ; entre ces traités de controverse , et les actes de la conférence de Fontainebleau, dont vous avez lu les endroits que je vous ai marqués. Dans ces actes, les raisons sont en bataille , et combattent l'adversaire : ici elles sont en foule et s^empêchent elles-mêmes. Voilà te que causé le défont de la
discipline et le manquement de Tart. Pour pro-' duire un- ouvrage régulier, il fdloit débrouiller la massé et partager la matière ; sçavoir soustraire et diminuer. Il falloit d'une période en faire plusieurs , et songer plus à Tordre qu'à Tabondance. Nous aurions besoin de cette hache fsuneuse^ dont parlent les Grecs 9 qui retrandioit les superfluités de leur sty}e. Nous écririons moins si nous méditions davantage. Si nous nous conseillions avec le temps , il réduiroit nos excès à la médiocrité , outie les autres bons offices qu'il nous rendroit. Cet homme y disoit-on à Paris, lorsque j'y étois, a fait un grand liyre , parce qu^il n*a pas eu le loisir d'en faire un petit.
Dans les traités et dans les sermons, il y a des termes qui me sont suspects, et sur lesquels je veux encore délibérer. Un juge moins indulgent que moi, les condamneroit absolument H y a d'autres termes qui sont tout*-à-fait insoutenables, et la plus grande indulgence du monde les doit abandonner à la rigueur des grammairiens ; l'auteur ne feroit pas mal de s'en défaire : mais je vois qu'il y a de l'att^ache, et que c'est par inclination et par choix que ces termes lui sont plus familiers que ceux dont il pourroit user sans scrupule. Je n'ai pas dessein d'éplucher tout le livre par le menu : je veux seulement suivre
( ft» )
mon crayon, et vous dédhifirer le^ tnarqtfes que monsieur le Vicaire pourroit prendre pour des caractères de magie.
Ijb mot de religionnaifie n^^st pa^ français. II Tient du- m^e pays *que eeiui^ doctrinaù^ey et ee;iiit isans d<)ute uti prëdicateùr gascon , qui le débita^le preMiie!^ datis les chaires de Paris. De dke> anasi ^ cab^mi^ié y ^ ^Ébe semble <{ue ce ' seroit Êdre tvop d'honneur à Calvin. -Ce seroit £Bxre injnreauxRohâins^r ^rûK&ôlfgniSy-et à tant dW treff grands 'seigneui^s-, deae^ faire 'porter le nom d'un petit sophisiè,>quii»ep6ûyoit prétendre qu'à la qualité de leur aumônier,'s|[ik fossetk demeurés fermes comme ils dévoient , dans la Religion de aevr& penc&;^ *' '■'• î*«»"" '■ ' t. --*'<*^- *• - ••'-
de VÊ^tiae^'désf:rti(pup esyèhe^edei'Ég^ sont des; termes .<iuilicmtpeâre ilâ <effîarOuchetit ceux qa'on veut apprivoiser. La passiôti dé ladàuse pa^ voit ii;déoouTer^en semblable» termes ; et cette passion 9 jqiioiqueje^ki trouve bbnne et légitime, nciS^oit pas approuvée ^r lé critique Gasteivé* tro: VL tipotive nuAivaïs '<pxé Tité^ve priant des Cariha^oisq le^ • appelé liàfi ''ennemis y hr cause tpie riiÎ6lXMif^iqciî| 4 son â^is, doit être neutre,
se dédâre îpaîÂtale^^ eti^ sie '4ervànt dé sèitiblables termesif^ uu^iL-
Il Jfaut aus0Î iwQUer qu^ aeroU::kHen. long. et biep^ ennuyeux d'obék toujourt régulièrement aux édite du roi, et dé direama?^ ia Jfal^ùm prétendue réformée , ayant à les: Aonufter sou« vent, «(ntr ^s une >nàir»tiM craitf^ dans on.dîaebuss dè^Kmtrchrerse^.oùJeirépétîf^ de Içûr pom poAmHti têfrê une pièfe iE$smitî«ll^ dé la matièrèape l'a»<refoètét d's^ceouirâ* WQom compo$é4e t9QΫ y Ql3de^éduilto.^^ii'^jp b^.^^
gli9e :cathaJàic]ne.^ liaM&cuUê^ pjtib^c^xet{^9^ dçsJftiCCHSiYei^^ i.v/;
- 9(aîdpQur<{a9iv4iiiiii aifoir^jecofuis ^'deftbefrac» (^eux^l ont à dest;lpei«tijcins>%ui^s[pn^idlr^47^ pâ9 les J^%«âw»/k aaa0i(|ttei:| qoeiaf c^m^iftêc^fll /e? Oi6iélùlA% Bolii^uoîi, {nâdqufc to|>ul^^ nmâ th^tiemfatin^ii^^ d*nn i^bqùî eit idiRWilar lMi«b che dertotitiié mondû{.qtte:lès.*étteikgen^ «iB^^n^ prunté dea£bad]çéia;aqmft:eQÉii^tleçJ»'etd monts? L'histoire de Davila en est seméeod'ms bout jij»^ir'it¥auUre ail tdeiUtien^igvoasi^ à la tote desixblad0a»4ilj^ottrdki^ ftsf^tî^ Tdaiàoa^ 4:81 je-ne me liranf{>ey>€l0;g-&l^(itt' stf
Je ne . TondÉôis ^dfbBe> niiaK) j[fie^^ feisok àusiPa3r6<^Ha6*^ au/fbmamMoàfetnt dMitaoiH
bles de la relq^koLV asaiièée PafpmUauà ^ Odimiiè
$n\esr, «it> dtttÀAt le'^^ <lei Moiitauban .■ Oe& d^iis
Biôcs o&t ^4téMe courte? ^ié , ^ ^t -leur • de^iân ti*a
pas rvonte MtfrïHI&^iutasrsent; tOtum >({iiHl&yn^^'sëtn^
' l^lentuk^^^ti'trc^iùisanique^^t in^ populaires.
gïonhttire\ 'q^^i^tnAi^i\diniiÈUtitois^ ftî^jâaimtkt va 'tiéxmnx^^' tfai tiè . ^i^fie^ point ce qu'ils Véufeffè qlEi'il ^tgràûblherkât AtréUgimx ^iest de Rèligldé, >^ar la wië légîlbme ^t neiàl^(^6Ue; éAvï^àii^li§iùhriaire , en îvieilt; ati^r^-mais par iiùelicei]â[f0^'ticieu£ei II c^tbàl^d et; âk^tiéit^etH:. Pour l^moif^sililï^ast pas fîtihçôisp, cdukm^f ferai dttid'^dioipdr^ ^^n^a^gard^i :d.'é%re«i*))oïi que ^écfiurê^'dbqoQlrtiéanmâîiis^^ se sert pa&* La teeiireûre^artie/dp pet4>le^ne ^eslte^d^pbmtj le biMSiysajife ^eti'à;îpb(aif aie|t|i>;i il )à été laï^rïqiré dwiB iih^ofti du Qpetcy ou aiaPéi^ord^^tecpar conséquent; il d4>it<éire i condamné cômihe' bar-* b^eVîetiT«?r^b}iéàcâas'lut:op!:à.Cade]md,^ d'où il est i?emïiitt» i.*j f!'> i:'i /:,'': .!; .'.- • '.i'J ^...:'
, . Sii j'âvois^ctiaei si ivSoleiite ^ aversiion |ioùr ks mots.TQlgailesviêi isi) jlâx:^iiabsbltimënt' résolu (Ae il)e^p^^le£^aà^ejX(F!Yanéev comme on paiie en France, je voudrois suivre l'exemple de^ l'église ^ gKcquo^c quisjeix^oybk : en pareilles occasions , iMiMPssk èxtrémeraent doux 4 elle nedisoit point d'in|ures i^u^ùx^jjprî s^éioîent' avares d'e&e , et
ne leur donnbh point de noms edimii. : elle se oontcntoit de les s^pipfillcr les gens de t autre ]opè^ m(»^ i sans dire deMa.nttUToiseï, comme isi €|eût été ppnr les : distinguer^ plutôt que pour les ofe fenser, in^y ayànl rîen de formeUerAeni ènnsemi entre^ orthodo^q ' dt liéliéi»doxe. . i i l
Cette façon luV semblé dighe «de la civilité ^ h Gtèoè, etîh'^esrottvieMtd'^iPvràridjéinesçaià quoi de semblable ^dads'lefir dëplédies de M. de ?oix/ ambassadeur tpèttl:' le Roi pl'ès du^pàpe GrégtHre treizième* ^ir«(><:>eatd^ns tm€; relation qu'il ehYOÎe au roi &o(a maître) je^ entendre à notre jSamùJ?èr&,Yicùm9hent. ceux de ià naupelk opùuon deTnàndoieni\à:ijoÉre Mâyesié., etc..
Ainsi parlbît-ôn i 'iràhàe^,' er dévalùl' lé Pape \ delà cause de Calvin ^ en un teiûps où elle vènoi^ d'être côndaftfinéb V etis^'da-p^briê^^'ntfâvëauté larendoil encbrei^liisi adîeiuseic|â-eltb n'éstW-^
j<wd^Uui , à une' pubsamcé), dohjt IsHetatoitl^àrH;^ dacefde'dîfap^terla spiii^eraineté, ^pt^^etl^âvôir secoué lie. joug. <ile \HL' «de ' Fois étoit9ud^i^ii9o)af^ nagedeignokde.' naft8Qt>oès 'dei:iârb ^mVfx yipt-d^ mihetil^ ddctriuei fiark desicmçtiô&â dé {^ambassade / ei aux heures' 'de di veitîssettiilti t , il- d'^enttétomoit aveclei bons livrei^'^t noti^lhfa^vétoit un denses lecteurs. Ayabt^vcomme^^-àtbîR; ,^iÉr<> ticqliène xonnobsânce des letti^ gi^ècq^ks'^iti françoîs' ppuvoit liien^cpïelquefoîs v46ër au g^c^^
(S6) Mais: jr vàhs pine ^ qèeUe'délicatiCMe'de pieté, on quelle, afféterie^ langi^ , dalis les scnnons du prjdioatfiur et dans cfiux:i^ autres ^d'opposer toiiJDun dénon à^pitu , ef 'dé. u'œer jamais dire ni le Diabie,xà Sataai oat-ils^eur d'offenser le Diable, ^ûmd; iS& 'rappeHesl'parson tûata pvopti ? Au taOiïiA ^st-fie. im nom xpm lui a domié:n0tii& SeigDOur; et■ivottd^*làe^t-i^STéfo^ mercestedottiables pat-oles^'rapliôiji^ par saint Mathieu « ^ 6tirU«s de la boucha qui. sb^peut^il-
paréttuBiàèléÉtà ses aages^^l Voadroient-ils ccwriger J'éul&'CknstV'GCiDhaiigvr'I^blé en Démon ^ daps;ce'paé6agè>jder£Vaitgile.^vit .entaat d^otres; pitM^çsi, sp^ij^, ^|;^t^Fe ^m . «"' des Sjaint^ïjères^: ^rii.-io *:i7j'ii;'l :.'.';■■- " '■
., ,C«!S«flit:w)f>'MMho(Wi.^'il6 BY«le*i$(ie^"' de:â«|i(Qr im>ifible V'<^ luildieiBSinnCiln noo gH'ils e»tiradfit ^luh ^ooxi^ebryhisagréBblblut 1^ N&Q j:;C|ttQi)|uë. jeme Toie^ ceqn';ilM Mbms^ d«M«i^ieljdbai ilfchdnxlâi 40e^iKq,>âAi>> le- ^«lïM'pltM d^licafe- déboute» lefejanguésipo* d<s^@%^ IfOlim iqtteîqaè>d»ii qin Itii^ plû. CU 5WS^S4*e3;q»e .souvent ell» «scrl fkUa. ci"* {feiJ^ufi^^^^Bt; qu'elle né predd ^aseo ma»*
4^^ta9lpciAe-0:me a(*ivi«nt qu'il y a nnipe^' ^PJ^g4^9 kso«^ïédtBS«lePUuteiy;fliiDper^
• ,( «7 ) .sonnag6aqiour€^,si;gia méoiolrerie me trompe, qui se nomme IMai^plas , comme Phampbilus ou • . Phœdria. Comme Ma la comédie; italienne il y avoit un signor Diauolo ^ aus^i bienqii'un signor Lelio , ou un signoi; T^nçredi* ;""^ :^
La licence et l'audace sont à blâmer : mais il y a des scrupules qui ne se peuvent souffrir :.et: je vous ^ypue.que J'ai la avec dépit, daaisies lettres. latines du qcéroç^iei;! Longolitts^- ^^6^ le$ Indiens ^avoient gffftagé, fe'y^^gpu^ermmént du P^Of}^^ ^ntfiç la^ifé^se et lafy/çie i^^oixv dire entre Dieu et lepiablè : où .î^ç|U$^voyez qj^eOonlrela foi de l'histoire , et par une témérité encore plus grai^ide que son* scrùptiie ,. à xause que furie esl^u^^enre fâmnih ,.ilia oasis) blesse au Héù dé Dieb^ a^ cpie l'cppo^tion^fiàt jplus ju^e. ' -'
Ce ëoDt des superstition$ ndidnles^^ 'et une a& fectati£luim|>erth^nt0^!derlat{ue^l^* lesKÂiS^St^ niens-'iie seroiei^tpas âvouéd pair 'Ifeàr 'Ciôérbtf .
L'ancien usage reconnoît de bons^et' d^é motivais démons ^^d^'inmlai «tdAimatuvats îanges^'^de bons et de mauvais gét¥iést^4^tfrtïùdi^^bb«îtat-on-à l'autorité de cet usagei* èt^si xiéraon se prend.toujottrsen manVaise jjartf-n'y a-t-il ^ un notable inùouvénieni; à ; appréhender ? i^ar* en effet , garre l'équivoque pour Içs jeunes aile* mands, qui commencent à apprendre notre lan» gue, et qui disent quelquefois des; bottes ejoi-
tables pour des bottes justes. Croyant sur la parole des esprits doux , que Diable et Démon ne sont qu'une même chose, et, par exemple, ayant ouï dire que la peine et la récompense sont les deux démons qui gouvernent les choses humaines, , qu'Aristote est le démon de la nature , que le favori est le démon de TÉtat , etc^; ils rediront innocemment , et sans craindre de parler mal françois, que la peine et la récompense sont les deux diables qui gouvernent les choses humaines , qu'Aristote est le diable de la nature^ que le favori est le diables de l'Etat , etc.
Le Domiaus regnavit dui psauine ^5 , ne me semble pas traduit comme il faut. Prendre possession de son règne , est italien , et non pas firan^ çois. U faut dire , prendre possession 4e son xoyaume , et c'est une faute dans laquelle notre défuqt maître est tombé deux fob en moins de deux lignes ,
'Et vrai roi très^chrétien son règne agrandira , .] Des'règnqs et des rois au nom àe Oofi&t rebelles.
, Royaume est le pays où règne le prince , rè^nt est le temps que règne le prince ; et la locution ne seroit pas plus impropre de dire la première et- la seconde année de son royaume, que la pp^' mière et la seconde ville de son règne» Autrefois ^ la cour ceux qui italianisoient en françois , ^p^
(89) peloient les coursiers de Nâ{)les , les chevaux du règne , parce qu'eu Italie le règne est le royaume de Naples. En ce pays-là , le règne est encore pris pour une autre chose , et on donne ce nom à la triple couronne du Pape. Je vis mettre le règne sur la tête de Paul V, quand je le vis couronner à Rome.
Les éminences ont été reçues en ce royaume; mais les émînentissimes, les excellentissimes , etc. n'ont point encore passé les monts. Lorsque M. le cardinal du Perron revint de Rome , après la négociation de Venise , il en apporta l' illustrissime cardinal , et la seigneurie illustrissinfie , mais personne n'en voulut. Il fut leur introducteur à la cour : il leur donna place à la tête de ses dépêches, et dans ses autres écrits : il les imprima dans ses livres. Tout cela inutilement ; il n'eut pas assez de crédit pour faire naturaliser ces nouveaux venus, et les faveurs particulières iju'il leur faisoit, ne purent leur aaquérir celle du public. En ceci, comme au. reste , M. le cardinal de Richelieu a été plus heureux que ses compagnons. Rien ne lui a été impossible. Ayant entrepris avec succès des choses auxquelles tout le monde s'étoit manqué , la grammaire ne ppuvoit pas seule désobéir , dans la générale soumission. Il falloit que Qotr^ l^gue subît le joug , aussi bieii cpïe noâ
' esprits et que nos courages. Saas se mettre eu peine de la fortune d^ autres s^iperlatifs, qu'il n'a pas jugés dignes de lut, il a empli^é son autorité pour faire réussir le plus important de tous, . celui de généralissime , l'indépendanl et le toutpuissaot généralissime. Et à dire vrai , il a mis eu usage ce superlatif d'une admirable manière, de- 1 puis le grand et ample pouvoir qu'il reçutdu Roi, allant commander les armées de France en Italie.^ Vous sçavez que feu M. le duc d'Épemôn dïsoit^ de ce grand pouvoir ,que le Roi ne s'était liéii réservé , que la vertu de guérir les écrouelles. ,, Généralissime est donc notrennique sapCTlatit el nous sommes obligé» de l'honorCT en lapfl' sonne de M. le cardinal de Bit^i^eu. Là lângni Françoise, qui a rejette tous; les aatresj n'a pa
^ osé s'opposer à celui-ci , pour lé respect q"'^'";.. porte à un si puissant el si redoutable institutenï Hors de là elle ne conQ<rft point ée^superlt tife, et c'est un défaut que lui réi^pochent les W liens. Ils croyemt qu'elle manque dé èé'TBoyfl pour porter les choses par la vertu' d'uH séi mot, jusqoe da*s la dernière extrémité «a o" me et de la .louange. Ils croyent de plus <^. pour ré^rer ce défaut en quelque façon, ool appelions à notre aide, le Ter dès Latins (dj ainsi expliquent-ils notre Très ) qui signifie bie^ ■nombre et multitude, mais 'qui est étrange
( 9Î ) aiqtiliaire et v^Bu dé loia^-nmis cfai est plutôt uaeBttachejoin^ àuaqoips^qu'uflunittinbrè^ui hiksaît liatureLAJiisàt^scoiartlltalieau ,défiBivaû<^ tage deiadTrànee. ^^p eGEet eBc a ini»xi.de boû^ reprocher iloire j|â[ii«reté^ elle <|ii^ > dst si hea<« retîsëiet sindbe^ l^iutîddaèremen^^ su|>ex'ktif& Me &it dûB exoM ïe^ jours mêmes qui i^ Mnt pas de débauèhe i E21e : esl; prodigue jusqu'à dont lier d\iipostrissifno €f du suis&Bfaiis€àn& serui* tom dans' ses bamplimeus et dans ses civilités (ordinaires. La licènte des siàdes gothiques n'a pà&!été si^ ai^f, et ëetti; t\ti\ <mi ^l j^eûiis* sim(àSyprœgio¥Ûsimusy0ibMrhsStrriÉts^ n*ontpas osé dire tuùsimus et uestrùsimus.^ ^ ' ^^ . > ^
Tlï ^é effrayé dtt prodige de déi^oHimy et ittunidiàtëment j^rès de là. prodigèeuse pPSté: Sans 5|U)^ae t^pérameiit et quelque pî^càu-^ tiMxle'grâiiimaii^^ jE»so«f^î^^^Â^llè pi^ur éts*e priiâ eii bol^ieipttt.i 3f«r(%#/^â:y €m/^^ otëàitèi^^ofki les^ti^rmës^iîeçtfe l!l^à^pitoûvés. Ils eônlt^mmt ^EiffîsMiinie^tià pe«i|;ée "dé^l'éeriyftin ^TatteotëdU; leéteùr. Ik t$e Uis^etit poini de Feinofds^attx efi^prits qui' se 'hasardent lie 'moins et qui s^préhéndâït le plus' de faillir.
Pens^voiis qu'on puisse dire uit orateur et un poète j^ro€/%^tV72râ::[, uiie' haraBgi;^ et* une élé^ gie prodigieuse j quand on a dessein de louer leç
orateurs et les poètes, I ^es? Pour moi je ne le ble que prodige et pr plus obligeans ni p' monstre et que moiu toient de la main de mais celles que St prit; eussent; été pr belle taille, mais gieusê. Moïse £»' giçieng-dê Pbacf lel«Rg«g«'figw vie deNéro^, la vie d'Augu- Prodigiah la chevelurr diredusolie quand, n)^ comète; q canicule,
f«u. quç
wcpeftt
(9î) oitfefieic des'6aonfi<;eà, pKiur détotomet lemau^ vaêefiet'de ces mauvais signes.
Gic^n ayaiuâit ea quelque lieu-, que les m^ êndde Pompée étoient semblables à des prod^ ges, a témoigné par là qu'il n'osoit dire -qu'elles
(94) le moioB il ne me souvient pomt de L'avoir, vu, si ce n'est à la vérité dans les livres du Père*", qui sontr tous pleins de prodiges, aussi bien que d'augures et d'auspices , à'orages et de teihpétes^ Iltnéaé-djépouiUe jftttitiflir ^uu ses livres, dé cetke pompe de lajogage-^.tt^ jdbe sa termes illnstns (! aiiiai lfes,appe]oti>ti )$on l«s y -trouve sans les -y. ebercher : et c'est ce! qui obligea oU:: gr^nd prisJcÊ :à dire de ilftiv que pour un Tpretrei.de ,1a Teli^of» dbêétijeDne, il usoit un peu b:v|) i Mttvenb d'auspâiMf: «n ;de /vvdig.es ; et^quedauè ses œuvres iil n'y .«voiligûèiei moins d'om^ejiquesurhunfriiMais orages^auspices et augures à uileVatitrcfifaiEL- Oontentpnsnous aujomdîhui' de'udite «qo^'cn- là'daB^ da Père"^, Salomon :'est:.àn'p/pif^e'^e:'sagei8e; qu'un' autre eA un i77w^/^e .'dê>saiiiifitÉ; -'qu'il if > des/>rorf^^debeaDtdj^^s:beâù^^^^Âw I jÂf. Sans doQte>«'ii ^laéjpaëte, .il~f!ût;i^iaiii^
Madeleine. En quoi pourtant le prédicateur a voulu encore rhniter, et mal, si je ne me trompe. Car il est certain qu'il y a grande différence entre une courtisknne, et une femme de Cour, entre des onguens et des parfums. Outre que ceux-là ofieùsesit les sen^, et font bondir le cœur à œux qui ont l'imagination délicate. Se servir d'onguens au lieu de parfums , c'est parler latin en françois; c'est prendre une invention de la volupté pour une composition de la médecine.
J avois oublié que le mot de prodige, et même celui de monstre ppurroient être employés en bonne part dans les occasions de la guerre, où il entre non-seulemept du désordre et de la confusion, ^lais aussi de la cruauté et de la fureur; toutes choses, jnauyaisçs en elles-mêmes, mais qui sont louées du monde quand elle^ servent k la victoire. ^ .
M ch'é^àm délia viûoria il gusio ^ • • > ' L^tf ft'A> délsanguêê delh mëhi ' ' : J^el fiera vindtare^ tgU fè\cùse ' ItnreiUbiUfhorrendaèmonstruose...
A mon avis on ne parleroit pas ainsi des actions de bonté; rfe modération et de prudence, de ce quî'ise sérôit passé a îTiôtel-de-villè ou dans lé sénat , pour conclure un traité de paix , une alliance ent^e'deux cpuronnès , etc. Réussir j^ro-
(96) 4tgieusemeat, monstrueusement dans les cao^ setls,.daiis les négociations, quel prodige, bon Dieu, et qpel monstre de langage ! J'aimerois mieux .dire /fa!(re un excès'de modération, être Jarieusement sage , étregrandementpetà, comme parle d'ordiaaire une bonne dame que je conuois.
Notre horajne parfume d'ambre gris les:
habillemens de la reine dans le psaume 44'i quoique la traductioo de la Vulgate porte mjT' rha , et gutta et casia , et qiie pas un de ces trois mots ne puisse signifier l'ambre gris , quelque mot des trois qu'on veuille cboisir pour cela. Cette précieuse odeur n'a point- été connue de' l'antiquité, non pas même de l'antiquité romaine, ; qui est inférieure à celle des Juifs. Etj'avoue bien que, dans les' cabinets d'ivoire, chantés parle. psaume 44^ *P^ dans la garde-robe du roi David et dans celle du roi Salomon, il pouvoit y afoir des parfums très-rares et très-exquis ;- mais j^ soutiens qu'on ne parloit pas plus d'ambre gris en c,e temps-là , que des peaux d'ambrette etde gants de frangipane.
Ce n'est pas que l'ambre gris ne. fût au nombre des choses; mais il o'étoit pas dans le commerce des hapimes. C'étcst un enfant de la nature, qu'elle a caché long-temps dans son sem
•(97). , anot que d'en manifester la naissanee , et de Imposer sur le rivage de la mer, comiuç ont été exposés ces enfans illustres , dont l'histoire a taot parié. Cette bonne mère a fait un secret de ce cher enfant, durant je ne sçais combien de siècles, pour le faire paroitre tout d'un coup dans le cabinet des rois, avec avantage sur ses ^és, les autres parfums connus de l'antiquité; car il est certain, je le dis pour la seconde fois, que c'est une pièce qui a manqué au luxe de Rome et à l'élégance de la Grèce. Et qu'ainsi ne soit, ni l'une ni l'autre n'ont point de terme de ienr crû, pour exprimer ce qu'elles ne connoissoient pas, un trésor non encore découvert, des délites réservées à la postérité, le dernier présmt que peut-être la nature vouloit Êiire au moode. Ambar ou ambara est un mot originaire d'Arabie , et ne se trouve que dans le^ livres des DouTeaux. Grecs : et c'est encore une des méprises de notre feiseur d'onguens, le bon Père"* lorsqu'il parle dé son histoire romaine, des.bains
,. ' .(98) choses de'l'aïitiquité, quaBd e)l«s leur semblent trop rudes et trop grossières. Parce que l'ambre est plus estimé que la casia, que quelques-uns pensent-être la canelle, le prédicateur croit bien faire de parfumer d'ambre le psaume 44'- ^ par la même raison , où il y auEa (hi mid dans un autrç p^uiae , un autre prédicateur changera ce miel en sucre, à cause que le sucre «era plus à son goût, et qu'il est plus nouveau et en plus grande réputation.
Axa page io3,. il fait son idole de son sujet, et tombe dans rii)tempéfance de ce* orateurs, vidleiis qui- vont toujours plus loin qpe leur but, et lie croient jamais en dire assez s'ils n'en disent' trop. Chose étrange, qu-'ils ne ppissenl, estinjer uri saint , 'sans mépriser touS' les antres, saints. Quéliijut^ois ipéme', dans k-cbafeur <Ie| léui* éloquence , illeur échappe <{UBlque mot peu
. ( 99 ) Ainsi le dévot se laisse emporter à la.violence*' de son zèle , et offense le père pour louer le
fils.
Je vois que vous avez pris garde au coup* d'ongle que j'ai donné sûr les* Gaulois de la déesse Cjrbèle. Il est vrai qu'en cet endroit le prédicateur s'est mépris, et a fait un équivoque. JMais s^il a failli, sa faute n'est pas sans consolation, ayant failli après saint Jérôme, qui s'est î équivoque Ip^ premier. GaUi Cjbeles ou /àmuliCybeles se doivent rendre en françois par les prêtres oii les ministres de la déesse Cybèle. Et cwn ne les appe- ' loit fzs'Galli pour être nés dans la province des Gaules, mais à cause "d'un fleuve de la Phrygîe nommé Gallus. dont l'eau mettait en fureur ceux qui en buvoieiit, et sur le rivage duquel ces prêtres furieux, vaquoient au service de leur déeSse:
Vous voyezL l'équivoque causé par laressem-^ blance da mot. Stais^ combien fett' voyons-nous \ de même nature 3 Noiià somme&^ti' uw^ siisotï si fertile en équivoqufes, que .nouvellement le pte*^ naier homme dé notre sièciie a pris lé- gïâtàlïîai»-* rien Terentianus * Maurùs • pour ^ uit * persontiagé^ des comédies de Térçnçe^^fti'^; appf^i^ J^Sre
de Térence. U^ autre .^jcr^Vitçgtjil^e^lJbÂeiti^W^ en l'histoire eccl^iasticjue , ïjue saint. Çp ii?b,a^e et l'Epiphanie ay oient été lç,ftère el:>vla sœur.
( loo ) I
Un autre , excellent géographe, cumme von»; pouvez penser, s'est imaginé que Sodome étoit b, -ville capitale de Bulgarie. J
Mais pour revenir à saint Jérôme , son opinion me semble remarquable par sa singularité, elje^ ne crois pas que personne ait dit devant hii que les Romains, se voulant venger de la prise de Rome contre les Gaulois, prissent des gens de cette nation pour les fewe prêtres de Cybèle, après les avoir fait eunuques. Une opinion st particulière se trouve dans son commentaire sur le quatrième chapitre du prophète Osée , et le pas- ' sage mérite que vous le lisiez. Socrate fit apporter le cinquième tome des œuvres de saint Krôm, et nous donna à lire ce qui s'en suit
Çuoniam ipsi cum meretricièus convenabaatur, et cum effœnùnatis saciificabant. Hi siint quos hodie Romœ, matri non deorum , sed dttmoniOTwn servientes Gailos vocant. Eà'quodàe hâc geate Romani truacatos Izôidine in honorem jétjrs (quem eunuchum dea meretrix J^erat}, Sacerdqtes dlius mancqHirint. l'ropterm aiiie"* G^Uorum Gèntis komines effieminantur, at çw urbem Romam cepenmt^hacfsrianiitr igttomùiia-
Saint Jérèméi ajoutaSocrate,n'eâtpasdébilé
celte hbtoîre Vil se fût souvenu de ces vers,
Cur\gîtur Gîtlios, qui se eaxidere vocamus , ■ . <Cài»^àt{tin h Pkrfgia gallica diftet hamrts ^
( loi )
inler, ait, viridem Qrbelen aUasque Celenas,
Âmnis in insana, nomine Cailus, aquà :
Qui bibit inde,furit, procul hinc discedite queU est
Cara bonœ mentis , qui bibit inde , furit.
Vous diriez qu'Ovide, par un esprit de divination, et prévoyant que saint Jérôme prendroit Tun pour l'autre, a fait ces vers tout exprès, pour • empêcher qu'il ne se méprit. Néanmoins, comme vous voyez , il s'est égaré en beau chemin , et ' quoi qu'il ne manquât pas de guide. Tircms de l'instruction de cette lismiùrqù^ , et n'en prenons point de vanké. Reconnoissons avee beaucoijp de respect pour la personne de ^aint Jérôme qu'il n'y a point de force qui ne soit accompagnée de foiblesse , point de science qui ne soit mêlée d'erreur. Consolon&^nous en cette 'renteotifré / mats ne triomphons point de cet êfitenhpie. Une faute de mémoire ou d'attention ,'uti peii trop de crédulité , pu trop de déférence au téinbignage d'autrui, n'ef£sK;ent pas la gloii^ de tant de gros volumes d'excellentes thèses, *rié rriinent paé le mérite d^ah jugement exquis et d*tine doctrine extraordinaire. Pour une légéi^è bévue , pour un petit équivoque, sain* Jérôme ne doit point perdre son rang parmi ceux qui ont vu plus clair quelesautres.; il n'eti^t pas ni moins- grand saint ni moins grand »dp«teur. Les hommes né sôtot pas les rokm^ hommcjis à totites les heures da
( loa )
jour : comme l^s fous ont quelquefois de bous intervalles , lès sages en ont' quelquefois de mauvais.
(O GOtFf Rpss! â abimés de F amour de Dieui jetons-nous dedans scins appréhender ; il y a du plaisir àxsW perdre. ) ^ Je sviis (^e* l'avis du prédicateur, et ne blâme point cette b^lle fougue de dévotion. Les abîmes de l'ampjcir d.e. Dieu sont* les seuls abînes où il y a du plai^i^ à se perdre^ parce qu^une telle perte .esf, av^tagevi^e^ et qu on se retix^kiYe- ense perdant. . 0^41)4 ' un HQQUvemeat extraordinaire de piété pouj^$e)lei$ aines hors de letir assiette naturelle., eUf^:.cJb<an^nt de place ^paûr éive eh un meilleur lieipL LeS; çhul^es sonti heureuses quand on ^oi^bje de fc^ iense-datis'le .oieL II iï'y a: point d'élévation qu^ spit si haute .({ueparèmés chutes, et cq n'eist pÉis. de .la ûiémé sorte tja'Agnpp^ne fit de^ofir^dre, ,son lïiari dans le ciel* . r . Un j oiu; nous .pourrons dire quelque chose de .cette descente que.vottç javqz vue daiis les Satyres de JuvetiaL Disons mainte«ant que c'est lan désiespoîr héroïque ^ que c'est, .une îdiyiricfo' repr de se.précipiter dwisià aoiiyerainefftlicit^- IMisoDe^ que.rii>6nité,de;ce'bënheup'ïieiisçauroit
être iiûeux rep^réseâtéei que par la ^te étendue àf^ l'Océan , que par la profi^tideur de ises %emr
( iq3 .)
fres et d^ se$ abîmes. ,T4es ebpfes. de Tautxe mooàe sont si grandes , qu'il n'y a. point d'excès qui ne devienne médiocrité , . Iprs qu'il est question de les faire entendre à ce monde*ci. Il n'en est pas de même des choses inférieures , qui ont leur^ pro^portions et lews mesures , selon lesquelles il en faut parler. Riçn n'est si voisin du jh^aut stj^le q^e le .^limatias :, le ridicule est une des rf xtrémités du.^i^t^l. £t je ne puis approuver ce ppëte italien qui, 2|près avoir loujé. toutes les. beautés d'une rivière, ppur copromi^, toutes ses louanges par une. subtiUté merviçilleuse , ,cojQ4)lut ^ue teau 'en fist^ si belle , qu'il y uuroit de la volupté à s'y, noyer\ Un autif^È iti^li^li y parlant; de la n^ort de.rAlarule qui. fut emporté par le< eowaift d'ung ^uti» rivil^-, la voulant passer à gué; /t^ {n^riti^U^^, dil^il .^i^, se noyer dans la rivière des muses.
Aonw mergiJhimine,debu0raL . ,
Comme si on se noyoit^p1Lul^,4^W^mélljt!^t. plU3 agréablofmesnt en. une. vi^rière^ qur'tE^n une autre. Comnie si . lopiurii; .en €^i:èce : étpit t' plu^. de ^ latdir gnitéid'un ga?^»d.péiv»<imi^giç , ^^ue de mourir eii'Barfaatrie*.... . - : î
Jerece^vrofe mal Qe$^Qrtês4e siélitiUtés,^ quwd ^e^'œe vl^todupfeutidç fii^me^et,^ y^tii5aiî,;Et je n'ai ;^f de: tjé .tfpj^vpr <)^q^ , q^'on sçAtfP ^^P
(io4)
que celui qui l'a dit la première fois, soit un de mes chers amis : ae lui en dépkise , ce n'est pas penser à ce qu'on dit. Se noyer est une mauvaise chose, fut-œ dans une pipe de Malvoisie qu'on se noyât : vous sçavez l'exemple de l'histoire d'Angleterre. Le terme de se noyer ne peut exprimer la possession d'un bien , la jouissance d'un plaisir, un état où l'on se trouve à son aise. L'image d'un homme qui se noyé, en quelque Kcu que ce soit , en quelque liqueur que ce puisse être, ne peut jamais être que funeste : elle offense toujours les yeux et Fesprit. Elle n'est guère plus agréable que celle d'un homme qui se pend; quand il se pendroit avec une corde d'or et ' de soie ; quand ce seroit avec un collier de diamans ou de perles , et qu'il chbisiroit pour cda le plus beau cèdre du mont Liban,
JjEpeu de respect ^que les ministres parient aux Pères en les alléguant ^ etc.
Ils commencent pourtant à être un peu pfais honnêtes, et à les traiter plus eivilemait. D^uis quelque temps ils s'occoutument à -saint Jérôme , à saint Augustin , et à saint Ambroîse. •De dire comme ils disoient autarefois, Jérôme, Augustin , ^ Ambroise , il me seimble que c'est dégrader tes -Bère^ èn^ lés alléguant.^ Mais -non ^eulesiitot e'èst les éégrsider y et leur ôter une
( io5 )
qoaJité que l'église et le consentement des peuples leur a donnée , c'est de plus leur dérober une partie de leur nom ; c'est en retrancher la première et la plus importante syllabe. Saint est tellement joint et lié , tellement collé et incorporé à Ambroise, à Jérôme, et à Augustin, qu'il en fait comme un membre essentiel : ^1 en fait même la tête , et le reste n'est plus que son tronc. Ce seroit donc les décapiter que de leur ravir ce titre , sans lequel ils ne sont pas reconnoissables au monde chrétien. A mon gré ils ne seroient pas plus défigurés , si on les appeloit Broise , Réme , et Gustin , que si on les appeloit simplCToient Ambroise , Jérôme , et Augustin.
Mais avouons la Térité toute entière. Comme c'est être trop Huguenot , que de nommer ainsi les saints Pères , aussi c'étoit faire trop le catholique et vouloir être trop opposé aux Huguenots , que d'ajouter le nom de monsieur à celui de saint , et d'appellèr monsieur saint ^mbroise , monsieur saint Jérôme , et monsieur saint Augustin. Dans la lumière de .la gloire qui les environne et qui les pénètre de tous côAés , dans la souveraine grandeur , dont ils sont en possession , ils sont élevés d'une distance infinie , au dessus de nos qualités et de nos titres; au des*sus de notre monsieur , de notre «nonseigneur , et même de notre -Sire. Néanmoins au temps
( .o6) de nos pères , Les égibes de Paris retentissoient de pareil» messieurs : le barreau suivoit l'exemple des chaires , et l'avocat général de la sainte Ligue , le célèbre Louis d'Orléans , n'dlégaoil jamais les Pères d'une autre façon : ce ligueur zélé pensoit parla Ëiire honneur auxsaii]|s,el fatr^dépit aux Huguenots.
■ C'est la beauté de l'église et la gloire de Ikimilité , de voir les rois prosternés devant lesprêtrès ; de les voir descendré de leur Trône pouf se soumettre au Tribunai de la confession.
Cela s'appelle parler noblement des affiiire de l'Église et des choses de la, Iteligion. J'approu-ve bien plus' ce langage qiie celai du Père que nous avons vu' à la cour, eb qui, après en être sorti, avoit accoutumé déparier de cettewrte,» temps.'qiiej'ai^is l'honneur de servir k Roiensa conscience, pour dire du temps que fètois confèsseûrdu RoL La phrase me semble b^ àécatè. En cette occasion le motide servir psttinœrieur à la diose qu'il signifia : il avilit la n^^le^K der l'action et la digpité du imriiatère; il est trop i courtisan, et sent trop la nbliceipïdatiDe. Le confesseur du feu roi d'Espagne conooissoil I»*" mieux tli grandeur^de sa chàTgte, et la (Hn^**'^'' neté de la joridictioD qu'iliëxerçoit Utajour'e duc^de Lerme le voulut traiter^e petit' fl*"P*'' g^n,:et lui parier aveo-mcpna Ai^jut^p*"^'
voîis avoir affaire , lui répondit-il : votre faveur est bien moindre qtle là mienne. Scackez quevôus vous attaquez h un homme ^ qui a tous les jours Dieu entre les mains, et une fois la semaine le Rôi (7^e^/7iéu^.Nousappreno(nâ-de là4^ siyle àûcon»fesseur , dans la brouillerie -{{u'il eut avec le favori^ et la. dévotion du Boi , qui se c^nfessoit toutes les semaines.
Em ce temps^là la proi^idenee diidnè était accU' séeparles hommes\ de la longue-prospérité d^un si mauvais prince.
Il«st vrai qu'on parloit ainsi ^ avant que la religion chrétienne dit reformé le langage. On acr cuspit les dieux de tout le mal que ïaisoient des hommes. La providence diyine étoit prise tous les jours à partie, par quelqu'un qui se plaignoit cpie les choses du monde n*alloient pas comme il eût voulu ç Ce tyran heureux po^e témoignage contre Dieu. C'est un ancien mot alléguépar votre Cicéron; et il n'est Hëri de si vulgaire dans les vers des poètes payèiis, que lé crime de leurs dieux et de leur d^^in : crimen deorum^, fato* mm crimen j etc» Gyntlnia est malade ^ et si elle meurt de sa maladie, dit le poète aiiioureux de Cynthia, un:esi beUe Morte sera le crime dû dieu de la médecine.
Tamformosa tuum mortua crime» erîL
( io8 )
Depuis Constalitia même , et sous les en&ns de Théodose , il y a des ex^ples de ces blasphèmes poétiques, et de cette profsme Uberté. Si Rufin n'eût été puni de ses crimes , on alloit appeler les dieu^L en justice, comme fauteurs et complices de Rufin :
AbstuUt hune tandem Rufinipmna dmorem^ Absolvitque Deos.
Un de nos poètes a dit je ne sçais quoi de semblable ; mais en vérité d'une excellente manière, et sa copie passe tous ses originaux. Je vous la propose comme un chef-d'œuvre, dans cette ode qu'on<peut opposer aux plus belles et aux plus achevées de l'antiquité. Le Dieu de la Seine parle à un favori , qui passoit àur le Pont-^Neuf^
Va-t'«n à la'mal'heoTO, excrément de la terre , Monstre quijdans la paix Jfab les. maux de la guerre ,
Et dont l'orgueil ne connaît point de lois ; En quelque Laut dessein que ton esprit s'égare , Tes jdurs sont à* leur fin , ta chute se prépare,
Regarde^mox p6ur la dernière fois.
C'est assez que ciAq ;eins ton audace effirontée, Sur des ailes de cire aux étoiles montée ,
Princes et rois ait osé défier 5 ' ' Lft'iortuné t'appelle' au'rang de ses' Victimes , Et le Qîel , abeusé jde isoutetnc te9 cirimes , '
Est résolu de se iustiger.. . .
Eq tout le poème il n'y a qu'im mot qui m me plaît pas , et que je voudrois avoir changé pour un autre.
Excrément de la terre me semble trop bas pour un tyran , c'est-à-dire pour un criminel illustre , né pour la ruine «de la patrie , altéré du sang des citoyens, et partant plus haî que méprisé. J?ngeance de la terre seroit peut-être mieux, parce qu'il feroit allusion à la naissance des géans , que la fable apelle enfans de la terre. Le mot dexcrir ment est d'ailleurs assez vilain, et d'assez mauvaise odeur : en sa plus honnête signification , il ne peut signifier que les rats , les mouches , les vennisseaux, et autres créatures imparfaites, qui se forment de la corruption de la terre.
Si Alexandre n^ eût pas été Alexandre y il eût voulu être 'Diogène, Tant la paui^reté vertueuse se fait estimer par la royauté même et par la gran^ deur.
Voxxv moi, en cette occasion je ne sçaurois être complaisant à la royauté même et à la grandeur. Celui que toutes les nations , et que tous les siècles ont loué , n'aura point ici de mes louanges. Si je n^étois Alexandre, je voudrais être Diogène: Le prédicateur a trouvé ce mot extrêmement bon, et moi je le trouve extrêmement mauvais. Car à votre avis, et dans la vérité de la chose, qu'est-ce que d'être Diogène ? levais vous le dire, en traduisant Seulement le texte grec, sans aucune addition de ma part.
Être Diogène, c'est violer les coutumes éta-
( ilO )
blies et les lois reçues ; c'est a'avoir ni pudeur ni honnêteté ; c'est ne connoitre ni parent , ni hôte, ni ami; c'est ou japper ou mordre toujours; c'est manger en plein marché une sole . crue ou de la viande toute sanglante ; c'est offenser les yeux du peuple par des actions encore plus sales et plus vilaines; des actiops pour lesquelles il ne doit point y avpir d'assez grand secret ni d'assez profonde solitude. Voilà ce que c'est que d'être Diogène, et ce qu'Alexandre vouloit être, s'il n'eut été Alexandre. .
Il ne pouvoit pas sortir un plus mauvais mot de la bouche du disciple d'Aristote, et le^prédicateur ne pouvoit pas désobliger davantage ceux qu'il avoit dessein de louer, qu'en se servant d'une comparaison si odieuse , pour le moins, à quiconque n'est pas étranger dans les bons livres. La modeste pauvreté des philosophes chrétiens n'a rien de commun avec la gueuserie effrontée des philosophes cyniques. Ces philosophe^? extravagans faisoient profession d'orgueil , d'impudence et d'impureté : ils haïssoîent les hommes* sous prétexte de haïr les vices ; ils voujoient que leur barbe, que leur misèi:e;, que leurs prduf es fussent adorées. Tout ,ce que je viens de dire est bien éloigné de la douceur, de la chasteté, de l'humilité du christianisme : nos philospp^x^s sont Ifs antipodes de ceux-là.
( lïl )
Chose déplorable ! fls^nient celui.qu'ils nepeu^ vent ignorer. La cour, les villes, et la campagne sont pleines de ces gens-là. Autrefois, r impiété n allait que de nuit et ne parloit qu'à V oreille : aujourd'hui elle triomphe en plein jour, etc.
Je ne puis lui accorder ce qu'il dit. Sou exagération est trop injurieuse à la France et au temps présent. Il n'est point de siècle, je le sçais bien, qui ne soit remarquable par quelque monstre; mais le bon est que les monstres ne font point d'espèce, et qu'ils finissent sans multiplier. Quand même ils ne seroient pas stériles, et que la corru|)tion dès nloéurs les voudroit faire diurer dans le monde, la police de France pourvoit à cet inconvéniéiït , ^ les parlemens châtient ceux
qui sont échappés à l'inquisition.
le vous dirai à ce propos que j'ai été spectateur deThorrible tragédie dont vous avez été auditeurs plus d'une fois , puisque vous avez vu souvent le chevalier de l'Escale. Je parle de la mort de Lucillio, à laquelle je ne songe jamais qu'il ne me ressouvienne de c«11a de Capanée. Cette fable devant Thèbes est devenue, liii^tçire à Thplose ; et vous ne serez pas Ê^ché., j.e coosois votre curiosité , que je Yens fasse k comparaison d^ deux , speclaçkâ qui oàt^tfeiiit de rapport l'un à l'autre.
Considérez , dans le sixième livre de la Thé-
(lia)
baide, cet ennemi de la religion reçue et des lois de son pays. Il fait profession de n'adorer que son bras et que son épée. Ce sont les seules divinités qu'il reconnoit et qu'il invoque allant au combat. Voyez comme il défie Jupiter et son tonnerre; comme il se moque d'Apollon et de son oracle ; comme il ne sçauroit ouvrir la bouche sans braver les puissances supérieures. A la fin , une si haute insolence ne pouvant plus être supportée, et le ciel étant las d'être outragé par un enfant de la terre, il fallut lui^ faire sentir la foudre qu'il méprisoit, et le punir de la peine des géans. Capanée e^ donc abattu , à la vue de Thèbes et de l'armée , par un coup qui fait trembler les assiégés et les assiégeai)|S. Mais il est tout en feu , et il blasphème encore en cet état-là. N'ayant plus ni parole ni voix, ni murmure et souffle contre le Ciel, il voudroit tonner aussi bien que lui. Il lui fâche que Jupiter ait le dernier mot; et pour conclure avec le poète, qui a représenté une extravagance si furieuse,
Si le premier éclat ne l'avoit mis en poudre, U allait mériter une secondé foudre.
L'original latin porte :
Kt si jam tàrdiùs artus ' * < '
Cessissent, po4^mt/ulmeH meruis^^,s^€undum» .
Après avoir lu daiis les graduations 4'Amy^?
Elle produit drogues médicinales
Tout pèle^méle , autant bonnes q;ue mâles.
( ii3 ) Et
Cetay, malgré Phébns, a semé des enfans.
Je me suis hasardé de traduire aussi à ma
mode les vers des anciens , et de dire en rime :
que les tourmens ne convertirent point le coupable.
Mais pour venir à la seconde pièce de notre comparaison , Capanée n'a-t-il pas été la figure de Lucillio, et Lucillio n a-t-il pas joué tout de bon le Capanée de son siècle? N'a-t-il pas fini par la même catastrophe?. Il est certain qu'il conserva ses abominables opinions jusque dans la mort et dans les supplices. N'ayant plus de langue sur Téchaj&ud (car elle lui fut. coupée dès la prison) , il faisoit des signes d'impiété. Son obstination et sa dureté ne purent être vaincues, ni par la sévérité des juges^ ni par la doctrine des théo* logiens , ni par la présence du feu , ni par le voisinage de l'enfer. Cet homme ^ visiblement réprouvé , a noirci son siècle par sa naissance , a souillé par sa vie et par sa mort notre pays et le sien ; mais, quoi qu'il en soit , ce u'étoit qu'un homme , et cet homme n'a laissé.ni face ni secte.
On ne peut donc pas dire que la cour, les villes^ et la campagne soient pleines dé ces gens-là : beaucoup moins que l'impiété* triotnphe en Franee , puisque les impies y sont bràlés tout ▼ifs quand on \gis défère à la justice , comme Lu-^
cillio à Tholose, et qu'ils sont traînés à la voirie après leur mort , quand leur mort pré vïehl leur condamnation , comme Côme'Roger à Paris. Vous verrez à loisir cette autre tragédie dans les livres de la vie de M. de Thou. Mais avouez -moi cependant que voilà un triomphe bien triste et bien funeste au triomphateur. Et remarquez de plus, s'il vous pliait , qu'outre que ces exemples sont rares en ce royaume, ils sont de deux hommes venus de de-là les monts. L'un étoit de Flt>rence> et l'autre de Naples; et j'aime beaucoup mieux encore que le troisième exemple que j'ai à vous alléguer, et que je vous promis il y a quelques jours 1, soit d'un prince étranger, que s'il étoit d'un prince Frailçois.
' Une heure avant <jue ce pj'ince rendît l'esprit, le théologien protestant qui pt^choit d'ordinaire devant lui, Uétoit venti • -visîteT, accompagné de deuK au trcSs autres- dé la même communion. S 'approchant de son lit avec une profonde révérence, il le conjura, au nom de toute leur Église, de vouloir i?endre ^quelque 4?émôignage de la religion qu'il pîofessoit; et ^^ faireutie espèce de ^cqnfe^§iq]|i^ik Joiqui:pùt é de la
co^pagni^x>^&^9 disoit-il., que Jes dernièi^s paj^les d'm^ 6ijgra;nd p^r^oi^iiage se conservassent 4jins Isi^m^oixg ^e» hommes, et donriass^jol: de rautorité.à.ropinidnlquil îsrVoit suivie.: A celte
( ii5) demande lé Ihrmoe se mit un peu à sourire ^ et lui répondit incontinent après: Monsieur mon ami y foi bien du d^daisir de ne vous poui^oir donner le contentement que vous désirez de moi; mais vous voyez que je ne suis pas en état de faire de longs discours^ ni de voui rendre compte de ma créance par le menu. Je vous dirai seule'ment en peu de mots y que je crois que deux eu deux font quatre, et que quatre et quatre font huit : if. Te/, montrant du doigt un mathémati-»ciea qui éioit là présent, vous pourra éclaireir des autres points de notre créance.
Cette histoire , connue de peu de personnes *, est un secret domestique, que je tiens d'un gentilhomme d'honnfeur et bien informé. Je ne" vous nomme point le Prince qui avoit une si belle reUgion : il me suffit de vous dire qu'il ne manquoit pas des vertus morales; il ne juroit que certes et ne buvoit que de la tisanne. Il étoit extrêmement réglé en tout ce qui paorissoit de lui au dehors. Et c'est de quoi je m'étonnerois extrêmement, si je n'avois un peu étudié le monde. C'est ce qui m'oblige d'avouer, à la honte de la nature humaine, que l'homme est un animal bien divers et bien bigarré; que les centaures et les chimères ne l'étoicnt pas davantage; que non-seulement il est composé
( "6 ) de pièœs différentes, mais quelquefob aussi de pièces contraires.
Je ne trouve point étrange que la santé s'écfaf^pe de la sujétion des lois ; que la débauche soit oublieuse de sou devoir , que le viœ engendre l'impiété- Mais de voir, au milieu de la mort, une froide et tranquille mécréance;mais de dire qu'on puisse être fiirieussanà émotion; que la douceur et la modestie se rencontrent avec les derniers effets de la rage fet du désespoir, avec le renversement des temples et des autels; c'est en vérité ce que je ne puis pas bien comprendre. Sera-ce un sobre et un continent qui viendra ébranler les fondemens de l'état du monde, qui se déclarera ennemi de l'ordre et des réglemens de la grande république ? Ces derniers impies sont encore plus rares que les premiers , et à Dieu ne plaise qu'il y ait multitude des uns ni des autres . Je ne sçaurois le croire pour l'honneur de notre siècle.
Sur la fin du dernier sermon , il y auroit bien
("7) ment mauvais. Mais je vous demande premièrement du nombre desquels vous croyez que soient ceux-ci : la superbe pour l'orgueil, emperière pour impératrice , (affectueusement pour passionnément, etc. Toute la compagnie trouva qu'ils n'étoient pas absolument bons. Il n'y eut que le vicaire delà paroisse qui s'opposa à ce jugement; et là-dessus, ayant allégué des auteurs dont personne que lui ne reconnoissoit l'autorité, Socrate se contenta de lui répondre par un signe de tête, et continua son examen.
A VOTRE avis est-il permis à un orateur et mêmeà un poète de dire que Godefrqy de Bouillon , et tant d autres héros chrétiens ont été planter leurs lauriers jusque sur les rii/es de VEuphrate.
Planter des lauriers n'est autre chose, ce me semble , en sa plus noble signification , que de iaire des allées ou d<es palissades , et cette action appartient à l'agriculture, et non pas à Tart de la guerre, l^es jardiniers plantent les lauriers , et on en couronuie les victorieux. C'est à quoi peu de nos gens ont pris garde ; et ces belles phrases sont imprimées dans les plus beaux ouvrages que nous ayons. Ne croyez-vous pas que, pour bien parler, il faudroit parler plus correctement? César a mérité mille lauriers et mille statues: il y a pourtant grande différence entre César etun-planteur
( Il« )
4e lauriers , entre un conquérant et un faiseur de statues. Les jardiniers et les bouquetiers , les sculpteurs et les doreurs fournissent Fétoffe et l^s ornemens du triomphe , travaillent à la décoration des théâtres et au reste de la cérémonie qui doit honorer les actions militaires. Mais ceux .qui ont fait ces actions, et qui doivent triomphe^, ne se mêlent point de . ce travail.
SiUNXE Paule y cette brave veuve , cette héroïne de saint Jérôme. .
C'est l'opinion d'un de nos amis, que l'épithète de brave ne se peut donner à mie femme qui ne va point à la guerre et , par conséquent , qu'il n'appartient de droit qu'à Penthésilée , reine des Amazones , qu'à Tomyris , reine des Scythes , qu'à Zénobie , çeine des Palmyréniens , etc. Au deçà de la rivière de Loire , on dit un brave avocat et un braire prédicateur. Et peut-^étre qu'en quelque lieu plus éloigné de Paris, et plus voisin des monts Pyrénées , on. dit un vaillant avocat et un vaillant prédicateur. Nous avons vu à la cour un auteup de çé pays-là , qui se vaQtdit de tailler sa plume ay<^ son épée ; n'étoit-ce pas un vaillant awteur? Un prélat du même pays, député <1« l'assemblée des États-généraux tenue à Parfe, ré' pcwq^dità ufl autre député, qui lui contiestoit quel' que chose dans l'assemblée ; horsdHci^ vous no-
( 119 ) seriez me le soutenir tépée à la main» Ce prélat n- étoit-il pas un vaillaat prélat ?
Puisqu'il se sert de reliques on il.devroit se servir de restes ^]id m'imagine qu'en quelque autre lieu , il prend les restes pour \^ reliques. Comme il dit ici lés reliques de la guerre, recueillir les reliques de son naufrage, sauver les reliques de sa iortune , il y a de l'apparence qu'il dit ailleurs, les restes de saint Pierre et de saint Paul, honorerles restes des martyrs, aller à radoration des restes, le jour dû jeudi absolu. Il y a certains mots consacrés à la religion, et aux choses sain^ tes : il ue faut pas les |HrofaiaieF an les employant àun autre usage>,€tirme6éi!able que le mot d^ reliques est lin de ceux-là» ;
Saint Paul moitjbrt bonne grâce quand il di"
soit, ) .. •. '• i" • -if ' •. , •' •• ■'■ .'<
Ou je me trompe, ou la. bonne grâèe h- est pas plus ici en sa plaiCÈi que la beauté. J'aimeirois autant qii'ïl dit^ saint Paul létbit bien'joli de dirév ou, âaint-Paul oe lût jamais plus agréable ique quandil disoit«. * ;^
Mais la nUit est déjà bien avabcëe^ et dix heii- ^fesvienIie^t de soianer. Laissons lUn^iesamen si peu important ,.{fouè songer àoelulda not£e!ooi>
science. Pour vaquer à la chose , qui est s«ule n^ cessaire , quittons les autres choses qui sont toutes iuutiles. Ce que nous allons faire dans la chapelle, vaut hien mieux que ce que nous venons de faire dans le cabinet.
Vous vous souvenez du vieux pédagogue de la cour, et qu'on appeloit autrefois le tyran des mots et des syllabesj et qui s'appeloit lui-même, lorsqu'il étoit en belle humeur, le grammairieQ à lunettes et en cheveux gris. N'ayons point dessein d'imiter ce que l'on conte de ridicule de ce vieux docteur. Notre ambition se doit proposer de meilleui% exemples^ J'ai pitié d'un homme qui fait de si grandes différences entre jm et pointi qui traite l'affaire des gérondifs et des participes, comme si c'étoit celle de deux peuples voisins l'un de l'autre, et jaloux de leurs frontières. Ce docteur, en langue vulgaire, avoit accoutumé de dire,que depuis tant d'années, il travailloit à dégasconner la cour, et qu'il n'eu pouvoit venir à bout. La mort l'attrapa sur l'arrondissement d'une nériode. et l'an climatériaue l'a-
(lai )
Suivons le conseil que le père Léonard Lessius donnoit à son ami Juste Lipse. C'est assez /aire t enfant j et s'amuser a ce jeu de mots et de syU lobes; il faut vieillir plus sérieusement , et dans de plus graines et de plus importantes pensées. La propriété, la régularité, la beauté même du langage ne doit pas être la fin de l'homme. Il ne faut pas songer aux roses et aux violettes , quand la saison de la récolte est venue*
( laa )
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