DISCOURS SIXIEME
Ainsi se passa la conférence où Socrate trait; -^ un peu mal la trop fine et trop curieuse subti^^ lité. Quelques jours «près il nous vint voir u'*' homme du pays Latin; homme plein de grandit desseins et qui méditoit plusieurs ouvrages, dot fe les ^Moindres étoient des poèmes épiques , et di5l histoires. Il travailloit alors à la continuation (^ c celle de monsieur de Thou , et avoit pour cela jiib ce qu'il disoit , des magasins de choses et de p^e < rôles. Nous sçumes de lui qu'il avoit fait ses étièle des en Italie. Mais ayant harangué deux ou trcao fois dans l'Académie des Humoristes, il penscuac que la renommée nous le devoit avoir appris, ij que les acclamations qu'il avoit reçues aux rii!)ei| du Tibre , eussent été ouïes jusques sur les boi^au de la Charente. ^cs
Cet homme ne parloit que de la pureté de^y j diction, et de la noblesse du style. Il ne connci^^ soit de véritable Rome que celle de Tancienne > j^^
(39) publique , et n'avouoit pour légitimes romains , que Térenc^, Cicérou et deux ou trois autres. Tout le reste lui sembloit barbare ; et , à son avis, la barbarie avoit commencé dès les premières années de Fempire d^ premiers <^ésars. Sénèquf étoit une de ses grandes aversions ; le latin de Pline lui faisoitmal au cœur, celui de Tacite lui donnoit la migraine. Il n'avoit donc garde de goûter celui du Misse^ et du Bréviaire ? S'étant édiappé là^dessus, avec peu de révérence pour les choses saintes , Socrate l'afréla sans le que^ rdler, et rinterrompant doucement, Tempécha d'achever de perdre le respect qu'un chrétien doit à sa religion.
Ce n'est pas d'aujourd'hui, lui dit-ib; qu'on attaque le christianisme par cet endroit qui vous semble {oible. La simplicité, la rudesse, l'impur reté même du langage a été reprochée aux pre?miers fidèles. Ils ont été renvoyés à L'école aussi bien que nous ; et i^ènous est dé l'honneor qu'où nous menace des mêmes ^erges^ dont on abattu la sainteté de nos pares. . • >'
Je demeure d'accord avec i^oiis , que si Cicéron revenoit au motide , et qu'il entrât dans une de nos églises, il auroit bien de la peine à entendre ce qu'on y récite et ce qu'on y chante. 11 seroit surpris d'une étrange .sorte des mesures de nos vêts, de nos rimes en prose ^ de notre alléluia,
âe:Uïkte^,amm.iide notre Dew Sabaoth^ <Je notice Hamnnà in ea>cdsis. Peu s'en faucjroit que le l£^ .tin de la ri^esse neiui fiitune langue inconnue, et qu'iLn'eut l)6soin de guide et de tcuchejp^e^t en pays où: il-a: régné par la puissance de 1^ parole. Mais: néanmoins ayant toujours été e^^trémement raisoimàble^ jém'assure.que nous le rendrJMjns dapable.de nos raisons, et qu'après -nous avoijr ouïs il he- s'étoiliieroit , jjas ai fort que. ce prtit Ghai^gement fut^jarrivé dans la grande let uiiivier* ^][e ré vokitioti des' cktises du moiade. il Pour vousi,> qui ftêtes pasuCieéron, pardôniate2-tQbi si je yous dis qu'étaiit. des* nôtres, Vous avez tort de faire l'étranger parmi nous. Il me semble- qu 'en niatière de l^tin vous ne devriez pas/étfe plus délicat que le cardinal Sadolet et -que lé jésuite; MaffeL Ils oiit été toius deux de l'«neet del'autre Home. Goi^me: ils ont écrit des ^istoises^ et des traités de morale , ils ont dit aussi la mes9e:et le \ bréviaire. Mais 4!importance est 'qu'ils, ont dit la messe ^t' le Bréviaire sérieusement, et tout de bon : ils étoient pleisuadés de ce qu'eus disoiçnti. Leur singulière piété qui fut dn si bonn!e odeur à l'église de leur temps,, nous obKge dcfJe croire; et nous sçavons qu'iLj a encore aujourd'hui à Rome de ces sortes de Romains. Il y a de nos «prêtres et de nos prélats qui trouv^roient leur place dans l'ancienne républi-
que; qui aaroient rang parmi les chevaliers et les sénateurs; qui seroient du nombre des pères conscripts. Mais ces vrais et légitimes Romains sçavent distinguer les temps et les choses; ils font leur devoir à l'autel et suivent leur fantaisie dans le cabinet : quand ils prient et quand ils sacrifient, leur éloquence ne vient point troubler leur dévotion. Ilsf he sont point détournés de l'attentipij^ des sacrés my^jères , par la rencontre du mauvais latin.
Je l'appelle ainsi, pour m'accomraoder à votre mode. Mais présupposée que le latin qui vous choque Uie soit pas latin. Si vous en avez tant de dégoût , prenez-le comme une médecine , et avalez-le sans le goûter. Prenez-le pour une langue nouvelle que la religion a consacrée , et dont lusagea été reçu dans le royaume de Jésus-Christ. Vous n'ignorez pas,. , que parmi les profanes mêmes il y a toujours une lapgue sainte', et que les vers des Saliens n'étoieut pas du style de Virgile; ni la prose des pontifes, de celui de Çicéron.
Mais si vous ne trouvez pas belle la nouvelle langue dont.il s'agit ,, parce que le son vous en déplaît, pénétrez plus avant dans sa sigpification , et ne la condamnez pas sur le simple témoignage de vos oreilles. Nos trésors ne laissent pas d'être trésors , pour ,étre dans des vaisseaux de terre. Dieuquis'est déguisé à l'autel, qui s'y est comme
dégradé soi-même, sous de viles et chétives apparences , justifie et approuve par ce choi^ , toute autre sorte d'abaissement et de pauvreté > du côté de Thomme.
* Ce dehors qui vous offense , cette écorce qui vous paroît si vilaine et si raboteuse , enferme des biens et des richesses sans nombre.* L'accomplissement des plus hautes résolutions qui ont été prises dans le Ciel ; le chef-d'œuvre de celui qui a fait le ciel et la terre ; la magnificence de sa grâce , la profusion de son amour , les excès d'une puissance qui n'a point de bornes, ' et qui ne connoît point de mesure ; tout cela est caché sous le fer de ces paroles ; tojit cela est couvert de cette poussière , de cette rouillé du mauvais temps. Ne vous mettez point en peine pour l'intérêt de la religion : n'ayez point de peur que la dignité des mystères soit violée. La rudesse des termes ne gâte rien dans la religion. L'ignorance des ministres n'est point contagieuse aux mystères : en certains cas même elle a du mérite , et fait partie de la piété.
Je veux vous communiquer une histoire que j'ai trouvée en bon lieu, et qui a été oubliée par
■^ Dion et par Suétone. Il y eut autrefois un homme d'une petite ville d'Italie , qui, en pleine assemblée du peuple romain , remercia l'empereur Auguste , de ce qu'il lui a^oi^ fait une injustice ,
ayant dessein de le rem^cier d'une grâce qu'il lui avoit faite. Le peuple qui étoit assemblé , voulut mettre en pièces ce pauvre "homme . se figurant qu'il avoit offensé l'empereur ; mais ce sage prince arrêta la fougue du peuple irrité , et blâma le zèle indiscret de ceux qui l'aimoient sans jugement. Il dit que cette sorte de reniercîment ne lui étoit pas désagréable , parce qu'il ne regardoit pas tant à la parole qu'à l'intention. Pensez-vous que Dieu soit de plus fâcheuse humeur que les hommes , et plus difficile à contenter que cet empereur ? yous imaginez-vous que sa justice vindicative s*étende jusques sur cette espèce de coupable^ , et que les fautes contre la grammaire soient crimes de lèze-majesté divine, soient péchés contre le saint-Esprit ? Je vois bien que vous n'êtes pas assez informé des choses de l'autre monde.
Je vous déclare de la part de Dieu , qu'il ne demande point de harangues étudiées ; qu'il se contente de l'éloquence de nos cœurs et de nos soupirs ; que les barbarismes des gens de bien le persuadent mieux que les figures des hypocrites. Il est de ces pères ^ qui prennent plaisir au jargon et au bégayement de leurs enfans , qui se délectent de leurs équivoques et de leurs méprises. Il entend le silence de ceux qui l'adorent, et par conséquent il exauce leurs signes et leurs
pensées. Devant lui , les muets même sont ora^ teurs. A plus forte raison ceux qui n'ont que la langue empêchée, et qui sont de Balbut en Balbutie, comme disoitde soi-même le bonhomme M. de Malherbe : à plus forte raison ceux qui manquent seulement d'éloquence , et qui n'onl point appris des institutions de Quintilien à par^ 1er régulièrement et avec art. N'en déplaise à l'art et aux artisans , Dieu écoute plus volontiers ces gens-lii , que les beaux parleurs , que les faiseurs de suasoires et de controverses ; il ne les exclut point de sa communication, quoiqu'ils soient excommuniés de vos académies d'Italie.
Mais pour vous montrer, par un exemple authentique, que Dieu reçoit en bonne part les incongruités qui partent d'une bonne âme , je vous ferai voir , quand il vous plaira , dans une relation approuvée , qu'il a fait faire de grands miracles , avec trois mots de mauvais latin. Celui qui les prononçoit ne les eritendoit pas ; il les disoit même à contre-sens; il prenoit la négative pour l'affirmative ; il maudissoit au lieu de bénir. JlVIais ces malédictions étoient rectifiées par son innocence et par sa bonté j et Dieu répondoit au cœur de l'homme de bien, et non pas aux paroles de l'ignorant.
Après cela, scandalisez- vous de l'ignorance des prêtres , qui ne sçavent pas lire , et sçavent
encore moins parler. Je l'ai déjà dit une fois : l'ignorance du ministre ne gâte point le ministère,. la pureté de la chose se conserve parmi les mots impropres , et les locutions vicieuses. La religion demeure saine et entière dans tout ce désordre de grammaire , dans tout ce renversement de règles et de préceptes. Tous ces défauts sont soutenus par Texcellence delà piété : toutes ces bassesses sont relevées par la hauteur du christianisme. Une vertu supérieure se mêle dans tout cela, qui le changé , qui le réforme, qui le perfectionne. Une force invisible anime ces foiblesses apparentes. Cette ignorance , en humiliant l'homme , donne gloire à Dieu , et fait voir qu'il n'y a point de petits instrumens entre ses mains.
Ou disons plutôt que Dieu choisit tout exprès les petits et les foibles instrumens , pour confondre la grandeur humaine, pour mépriser les forces de la nature , pour se moquer de notre industrie , de nos travaux et de nos machines. Il veut souvei\t que dans les plus sublimes et les plus parfaites actions qu'il fait faire à l'homme , l'homme n'y contribue de sa part, que de la misère et 'de la bassesse, que de l'infirmité et de l'imperfection.
Ce discours étonna l'homme du pays latin ,
jusqu'à lui donner xle FefFroi : il fat contraint de le coHfesser. Il avoua que nos mystères avoieôt non-seulement en soi, je ne sçais quoi de terrible et de redoutable ; mais aussi dans la bouche de ceux qui n'en parloient pas indignement* Il reconnue que la barbarie du christianisme ne diminuoit rien de sa dignité et de sa grandeur ; mais la conclusion du discours ne lui sembla pas moins étrange et moins étonnante qu'avoit fait le reste. Il sentit des aiguillons dans son âme , qui ne laissoient point ses opinions eh repos. 11 s'écria; il fit des exclamations; malgré qu'il en eût , il ne put s'empêcher d'admirer les choses qui le fâchoient.
Je conclus ( ajouta Socrate , après avoir allégué un passage de Théodoret , qui faisoit à son propos , et où il est fait mention cji^ 1^ langue des Romains), je conclus que les hymnes et les offrandes ne déplaisent point à Dieu, mais qu'il p'a pas pourtant besoin de nos hymnes ni de nos offrandes : car que lui pouvons-nous présenter qui ne soit à lui? que lui pouvons-nous dire qui lui soit rîouveau , et qu'il ne sçache mieux que nous? H n'a que faire de notre rapport, pour être instruit de l'état des choses inférieures. 11 se peut passer fort aisément de notre rhétorique et de notre genr^ démonstratif, de la force et de la subtilité de notre esprit , des orntmens et de la
pompe de nos paroles. Bien davantage , il désire quefquêfois la défaillance et la privation de tout cela, afin que par ce volontaire anéantissement, nous rendions hommage à la souveraineté de son être ; afin que ne paroissant en sa présence que cendre, et poussière, sa gloire soit établie stir' les ruines de notre mérite.
Ce ne sont pas les dorures de l'oârande ; ce ne sont pas ses guirlandes et ses fleurs qui sont de Fessence du sacrifice ; c'est la mort ou la des- ' truction de la victime. Mais , je vous prie , quelle plus noble victime qu'un esprit^dompté et assujéti? Quel plus agréable sacrifice à Dieu que celui que l'homme lui fait de. sa raison , de cette partie altière et présomptueuse , de cet animal fier et superbe , né au commandement çt à la supériorité, qui veut toujours monter et ne jamais descendre , qui ne songe qu'à la victoire , au triomphe , à la couronne ; bien loin de se résoudre au joug, à la captivité, à la mort?
Sacrifier ainsi sa rabon est quelque chose de plus que de sacrifier son fils unique, et Isaac n'étoit point si cher à Abraham que nous sont chères nos opinions, Il n'y a point d'enfans que nous aimions davantage que ceux qui naissent de notre esprit, et desquels nous sommes père et mère tout ensemble. Ce sont pourtant ces chers «t ces bien-aimés qu'il faut immoler : il y a de
(49-) de réghfer et de vaincre partout où elle est. On trouve Dieu bien plus aisément dans lé calme et dans la douceur ^e la pjiété, que dans le bruit et dans les contentions de la théologie. Le travail des sçâvans n'a gardé d'aller' ni si vite ni si loin que l'oisivetç des humbles.
C'est donc le monde visible qu^ Dieu a abandonné aux argumens «et ajix . disputiez des philosophes, et non pas le monde caché : c'est la face extérieure de la nature, et non pas les secrets de la religion. La connoissance de ces secrets n'a -point été exposée ^à k 4cttrioiité» des beaux esprits. Il en; est pôkntoe de'fccftte rivière merveilleuse, de laquelle 'Quelques an<!iéris, ont parié! elle est basse âuk"^ebits et aUk modfefeltes, et profonde aux • ^fUndà^ » é^- atik ^knpei^bes : lôs brebis^ passent à^gtïé, ei le^ éi^jibBlto s'y noienfc
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beat» esprits de ce pays-là, ei oa me ntfànctoiC ({Ile ce bel ei^rû y* avbii tf avjôUé diî toiiM M force; que dodze stoQ«e9 étdiejfiç le ttay^tlde douze mois, et qu'encpre ne clrayoit41 pas, oa être accouché à lerme^ tam U avoii de peîofe à se dom^iier. Soet'ate gteda quelques jours cetta paraphrase sur lia table de sa cbambtei et ayairt été pl'essé ide'ûOus eu dire ce qu'il «a ^usoîté son avis Ait cdui-ci, qui fut la règle du uèfire.
k Ëdlok suivre M. l'éVéqUe de Gràssé^ «t iMl pas &ire ^ort pour passca: dçvtet. £u neuHîèie de paraphmscs il a ^ovU les choses où eUies doif vent s'atréiiett L'éloquence qai entreprend d'ol» ler[diifi loitii, est à mon avis tprQ|> ansjbitîeuse. La poésie qpi cherche ua autre ^emiu^ court iot^ tune de trouver un précipice* Voi^qû? ^UcMcir sur un si grand maître , ne me semble pas être de la modestie d'un approiitL Cehii<K2;î ose to¥t et hasarde ^out. Un poëtç si prodigua d'abord A^e^ pas as^ré 4^ pouvoir opntînuer; il doit dev^ettir pauvre p$ir sa |irenivère éi^^^ff^*
Maiç d'ailleurs, ^ubuti^er d;ivaiitag^ et 4ffàf^* ^ea^màev le& ftn^ /i^arés , n'es]; pas une eotra^ prise bien judicieuse , ni qui ^isse mieux téffa^ * à notre langue ^ qu'à son sânée la langue l^tmfu C'est laîre if contraire 4^ qe qu'ils prétendent- Ce n'«st ni ^cililw «â écbÛMir ta sawt# Éorititf e)
c'e^t TembaaiTass^r et la barbouiller. Au. lieu de raffiner l'or de ses paroles et de faire hausser les choses de prix, ils en altèrent la substance^ils efi corrompent la pureté*
Le prophète qu'on *m'a fait voir, dans la paraphrase qu'on m'a montrée , m'a fait compassion en Tétat où je l'ai vu. J'ai eu* pitié de Textravagance de son équipage, de sa ridicule galanterie, de son air de cour, et. tout ensemble de ses marques de collège. Les fleurs de rhétorique , la broderie du style figuré, l'ostentation et la pompe de l'école , pourroieiit être bien en im autre lieu; mais ici elles 1^0 sont pas en leur place. Celui que j*ai yu est un chercheur de pointes et un faiseur d'antithèse». C'est Un . sophiste^ c'est un déclamatéur, c'est tout autre dièse qu'un prophète.. •
' Puisque vous voudriez sçavoir là-dessus les sentimex^s des jsdges que j'ai pratiqués ; cela s'apj pelle, en la langue de là iraison, friser et par-
fumer les prophètes: Quelle» hardiesse et quelle licence , ou jJliitôt quelle effronterie et quelle profanation dé se jouer tantôt d^iïfc prophète, tâittèt d'un apotrè, en les travestissant de la sorte ! dé donner, des habillemeils de théâfre à des fiersoûnes si giçivès et si séifieiises, dé les énerver, de tes-^fféiiiiiitoj et , -si j'oise te di^i*e> dé les faire
changer de sexe ! Car que prétend antre chose la foiblesse/étadiée de ce langage forcé, cette violente expression qui met les auteurs à la torture, pour ne produire que de la moUesâe et de l'afféterie , pour donner un spedtacle de nos mystères et de nos saints à des cavaliers et à des dames; pour leur faire voir une beauté artificielle, appliquée par le dehors, contraire à la véritable forme, soit du prophète , soit de l'apôtre ?
Le travail et la sueur du paraphrastè se lisent avec ses pointes et. ses antithèses. L'inquiétude et le tourment qu'il se donne me font de la peine, quoique je n'en veuille point .prendre. Les ciseaux , les marteaux et les tenailles y les dislocations et les ruptures, se voient et sç sentent dans chaque vers. Il n'y en a pas un qui ne . gémisse et; ne semble crier miséricorde pour les divçr^ coups qu'il a reçus. Lç projeté persvadoitfsao^ rhétorique ;. le par^hraste es^t rhétorici^n siaos persuader; tant a d'avantage Ja lih^té de^ l'^lor quence en sa soui^e, s^ur laconti';44tQ.4e ^'^l'tde parler; le bien, tpur pur et: toiijl^ simple, sur. le bien mêlé. et f2jsifié;^la perfection.de l'id^^ $i|r les. défauts du maître^ de la leço^ çt de l'écoUcâpJ tant il est vrai que Dieu est inio^itable  l'homma^ et la majesté à l'industrie ! M^i,$ il faut l^e fi^Kmdf^ d'un ton plus l)as.. . . ,,,, . .;^î . . ,. .
Je vous parlois .dernièrement ,4e. c^ ^^f^pOli'
liait dclliéséejqu'^voit fait le peintre Parrhasius. il étoit beau, mais il ne ressembloit pa& à Thésée^ Il fat dit par mielqu'un de ce temps là, que le véritable Thâsée avoit ét^ nourri d« chair de bcenf ^ et que celai de Parrhasiiis n'aToit mangé qne des ros«s. On pourroit se servir du même met» sur le sujet des paraphrases si peintes et si fleuries. Ce sont de belles images, mais elles B^ont pas été tirées d'api>fB le naturel ;maisi.eâlek n'ont pas été Êôtes pour ressemUer; mais ce qu'elles nqirésc^Ucnt n'y est pas reconnoissable. Pareilles piècefsenteot Paris, la cour et t' Académie ;mab elles B*ont rien de Jérusalem et de Sioo; rien eu tabernacle et du sanctuaire.
S*e«l-oe pas se moquer d« fançien ^ jours , <le le voulott' frire pailer à U mode; de lui apprendra le jargcm des cercles et des cabinets; de hù faire dff>e, quand .il npns platt, notre a/uster, BMre ^kitAer, notre se pifuer de par/bit, et se . ■papier de perfection , notre de beUe kautew ef àe haut itfn èeù? Nous voudrions qu'il se servft aus^ souvent que nous, de nos iumièras et de Hôs vuies , Ique nAos employons à toutes occa- •Stoss et k tous usages. Nous voûterions que le -**rtW*, % Irés-kaut et !ê très-Jbrt, que le dieu '^Màtitéesetie souverain des souveridns s'accommodât comme nous à la coutinne du lieu et ittt^<Mt 'dû tem{is; qu'il se rendit ctHnpUisant à
qu'il pfU aussitôt 4iiie iM)Ufi les iiQayeAittéftqU'oii nous apjpor|0 ée la ootir, ^| çpi dÎ9tiiftgii69t d^<| les provinces les honnêtes gens d'avec le p#iiplfl*:
Pour m t%^ ^îp^ ^ pis , ce serait traita bien
ÊuxMMàr^m^Pt dapas le e0mi9eroe du k^ig^fe, ei^ lui qdi d'une parole a fait le Ciel «t la Tevte ; çehii <pii de fiput tenjqps a instruit et a dépêché les anges, comiiie ses cduriiers et seà messa;gersy pour imim sçav^ ail monde sa valoqté. Mais tspMoA il fie seToik que celui ^ a eteei^né les patriarcbes'y et qui a parlé par les proph^es , il me aendbte qu'il &'^ a point d'apparence âe ramtaer à l'écobl de la gfa|B»^ire le plus vîeiâ» de toua les doo^ teuTA) de vmk^ir polir et âtiliaer If SaÂnt^Saptîlî; d'e^tç^ipendre de ré&itoei^ so» «Ijie el sa xvta^t nîèfie, 4'éewe* (^a»4 ^» n'autoit peittt de eom si4éw;iSiop poïiie um^M^ gra^deiiT itine odle de Dieii, il mi &tidr«iÀt aVôir pou» une teUe^ vieil->, h^bm ifm loelte de;sg: piàrt>le; et recmmmlre le mérite des dbo^es andiésne», i|ftaikfll on ne pou'^ viM paa cosepteiidfe hù i&ffaké dedf dnàmi ^
Qù doit eertcb plps^ dâ re$pe0 à oelte Raîntci antiquité que de la d^^iéér^cpi^ d^Jaii^asqiftep ainsi l^uslea }dm4^qûefde lufe&ioe/porlHEsrjtoiùles 1^ ntoqpieB de I%cea0tfLiM^.et delà Kgffteté^ I» i^ai»)e. iUs riégaiefe la»lHpre)id^^iitl^^
( 56) plaisent davantage aux yeux des-SHgea, que notreT fard , et que nos couleurs. La' bassesse de sqn expression vaut mieux que la magnificencede nos figures.
O rhétoricien ! 6 dialecticien! qui -faites des paraphrases, si c'est votrfe humeur que de éhangerà toute heure, qui vous a dit iqtie les pi>ophètes et les apôtres soient de votre humeur? Ils sont ennemis des nouveairtés et des modes dont vous êtes' amateurs. Et ne pensez pas leur iàireplaisir
( ^7 ) choses^ disoit«iL, qai sont sépatrées par tout ail» leurs 9 se rencontrent et s'unisfipntdans la Sainte- Écriture, ^ simplicité. et la majesté Al n'yaqu'eUè seule, qui sçache accorder deux: caraotères si dif* férens, mais ces caradères si différens, cette sim-plicité et cette majesté se (conservent dans les originaux et non • pas; dans les copies. On ne les trouve que daqs la Iwgue maternelle de l'écri-» ture, ou pour le moins' dans des traductions si fidèles (là politesse de ce siècle aura de la peiné à soufirir ceci), dans >des traductions, disrje, si fidèles, si littérales, et! qui approchent de si près du texte hébreu^. que ce soit; encore de l'hébreu, en latin ou en frahçbis* Lés huiles vierges sont les téritables buUes.: Le baume n'est baume «que
tel qu'il coule de l'arbriB qui le produit : ce ^qui
passe par les mains des distillateurs, par l'alambic des apotbidaires ,. est quelque autre chose. Ce n'est plus cette première et précieuse liqueur, ce sont de&jdroguessçpbistiquées : ce n'<est plus l^ouvïage' de la tiatiire,.ce^5ont les : inventions et les ehangeméns de l'art. • >
Mais si faut-il adoiicirceqili est rud!r;»éelaÎTT circe qui' est: obscur; démêler ce qui est entortillé; donner quelque liaison aux paroles pour . facilit!e^ I^ i^^US. ¥ôilà les prétd:»««&'de «mesdieurs les pâ^pitt^stei^; q^i feroient bieniiuiiujt* d'^enii
ployer sue »a antse fonds les soitas et la culture qui De rénssisseat pas ao eelui^ct. L'Ëeriture- Saintç se contente de sa solidité et de sa force : qu^U aillent porter ailleurs kur' d^aatesae et leur douoeuii, leur proporttem et lear rëgularité. II n'y a rien de conumin ^tre la mosique et le tonnerre. Cfi n'est pas dans oe brait épouvantable qu'on remarque des aeéord&et des mesures : ce n'est pas aussi dans les mouvemeas d'une âme agitée de Dien qu'il faut ohercfan? d<p Tart et de la méthode. Cet ordre et cette suite si scrupuleuse sont pea dt^ws df la lUierté de l'esprit de Dieu, sont des marques de oostrainCe et de servitude, sont dés ohames et des fers, que brise etinet en pièces,dapremier coup, cet esprit dominant et sonveràin. : il ne s'enfeome pas dans des bornes si étroites que 3<Hit œUes de aotre manière de concevptr at «^ dire : il n'est pas captif des F^igles et des f^éaeftts. La peéms des pssttuflMS et des «antiques n'est pas OQOoun paisiblet doux et naturel; il est-Tapide'St ïnqiétMCUx. Ce sont des débordemeus et dies!eiiiés>>I<'a£GQ«t et la violence, le désordre même et le tumulte appàrtiéqaènt.à eettq voix qui srvMra 1«) céâipcs, et' qu* éiH-in|e les <£ittidGaa«nft d«fi Jononts^n^.
-'•Mtii»iiie.t>ense&p9s,quc4B»9i%teDis^<^6«l arisv etffmjovmiiUe iaire p»ss$r mfffitîb^in
dans la répablique des lettres , pour une le» fon^ damentale de la rpéme république. Ne vous imaginez pas que j'aie dessein de donner cours à une nouvelle c^inion , au désavantage de la nouveauté ^ et au préjudice des paraphrases : mon opinion a été publiée cinquante ans avant que je fusse né^ et je vous )a y^nif. montrer dans ce iivi\e. C'étoit un livre éipri^ è la ipain , d'ui^ des grands hommeà du dernifsr $iè.de» 0t peut-être son propre originail, qu'on avoit apporté wr 1^ t^le du Cabinet y pour le eonférçr avec les i^ditiens imprimées. Il y c^iiercha ce passage qu'il nous lut.
Piget iUoiwn operœ qui Btiwyi p$f^mi»s mis cakmistns inustas , sperarunt t^S^re fiistuêitfi^ res, MOU ^iriius dipinus çfusmodi pUkçei quo se ipsum ingessà à pairc^ non quetnadmodMm ^ hominibus distortus est. Neque David ijfyf. canêiica admirabUia suntfnihi^ nisi quibus legibus ab Mo dicta sintj hauriantur.
Hors même de l'enceinte des choses saintes, et dans l'étendue des lettres proîanes, ce même grand homme , que nos amis de Hollande traitent quelquefob de prince et quelquefois de héros, a été peu £Eivorable aux traductions si éloquentes. £t quoique Muret l'appelât so^ père ; quoiqu'il eût défendu l'éloquence de Cicéron contre la malignité d'Erasme , il n'étoit pas néanmoins d'avis
( .6o ) qu'on traduisît les livres d'Aristote du st^^le d Cicéron. Voici à peu près ce qu'il eh a écrit dan: une préface qui a été sauvée du naufrag-e de set autres œuvres , par un homme de ma connois sance ; je pense que je me pourrai souvenir des termes.
JVolim ego Aristotelem Çiceronianum. JVaturœ enirn imitatorphilosophus nihilo superfluofœdare débet orationem\ rerum quippe imago est oratio. Catoni statuœ diadema imponas aut crepidas suhdasj Grœcàm aut Persicam putes. Probiergo interprètes castigent superhum et exuJtans iUud atqueadeo confidens genus orationis. ReprcBsentent auctorem\ non ipse condant. Interprés ille est qui inter preedes duos sequester inteivenit, cujusfidas siftuocasit^ nomen amittit suum. Nam et mentitur sciens , et plerumque àuctorem mendacèmjàcit.