‹ Œuvres choises de BalzacChapitre 27 sur 38 · II. a · texte numérisé non relu

II. a

* ^ i% ne $iii& dodlc pa& (d'avis de pae rétracter encore pour cekté foi*; et tout ce que je Viens de dire m^âppnstid que tout ce qu'on jure sut* le$ autels et sur les évangiles , n'est point plus assuré que la parole d'un hôn)me de bietl. Et certes, traitant avec un prélat , à la vertu duquel les deux premières Cours de la chrétienté rendent des témoi- * gnages également glorieux, et dont la mémoire est sainte dans l'église qu'il a gouvernée, je pense que je n'ai point fait un excès , le mettant au nombre des gens de bien : et je pense encore que la promesse qui m'avoit été" feite par une personne sacrée, mais dont la fidélité ne m'dtoit pas inoins connue que le sàére^ ne me devoit pas être en. moindre considération que le* promesses qui se font en des lieux sactés, mais d'ordinaire par des parjures et des sacrilèges.

En cet endroit , je supplie nos amis de ne se Imsser point aller aux persuasions de mon ennemr,'et de ^ se pas imaginer que la parole dont je fais tant d'état, soit, comme il l'assUre, une sithplè parole de complimvnt,, qta se dit plus^hrcmltte, ijue par intention qiion ait de tûtcompHr. Ces petits jeux , qui sont peut-être permis au doctenr de Besançon, sont défendus aux véritâbl'és chrétiens' et aux vérîlàbles philosophes. Ces gens rudes et de mauvaise humeur aiment mieux être incivils , que de fiiire profes-

sion'dHii^ mttit6:qtiè a^>pit)|i^e lerçfi6fti$éii^, tant ils sont simples et idhi tepps 'palBsé» ; * ils croyent être obligés de tenir ce qu'ils promettent et dè^faiFe ce kjti'iy dià^t. ^Riis* lorsqu'à cette >j notice si poncttïdfe i^t si scrupuleuse^^ qu'ils cjûerceÀt itvàiifétemmmt à re^d^oit de loin ie poDidé, il^ jdiht^tiê parfaite amitié) «t qa'oûtreîjce #oit»des-gè¥is qu'iU «étèBdent 'si avant , il \f a éncol<e «ine iétroilô Côttimuniciâtièn :(Fiméréfe '^ de p^flsécis <jui I«5 lie ens^nkble , alors ils; tt'ià^Tk garSér dé ttégliger d«ux devoirs réutli^étl U^, ni de l^àft^-lears amii plus mal qu'ils lïe traiter kS buttés hbrtthieîsk.' ' "J

Pour fcelui doAÏ? j^ im cfdntrâiht'dè dëfehdte la fidélitëv laquelle , fr^j^arft» |àn^ais 'été ^tf^p^h^ née j A'âtôit' fattWife ^èuftëSdinâe défense; ^Jtafâttd il W'eÛt pt^aHik i^lqiii '(AifShëÛkM bh^ dé*»!^!, et quHI Ai^etff :pâi*ï€ à r^téilïe , rfic la prohi^tWât, je <ié tùê fusse pas riîbifis assuré en sa • ]pâfi^ole, que si la présence des jugtïs^ ef du greffier l'eiA piAliquerii^t autorisée. ^Et bien que* lô^ mort fiiii^e téu^ tes corrtrats et tx)titéë les promesséîi de cette naliif è, et' qii*ii ne rttt ïeste' riétt d'tWi iari exfcettèM âMi'qU'titié Wié^ùôire très-i)t*étîieUse q44e je tton^erVe 'ttpfeHchèWrtverit , |e ^rtûiè <îh>ire qiie, du feeu c^ Upesl, fl j^te eBc6re les yeuK sur im j ^'11 f»fei*é>ièridbye à là cdtttkiite (Ife ma vie; qtt* je^lie Aa'àdWss* Ipdilit à lài inulile-

ment, et que sa parote demeurera^ quoique le ciel ei la tetre passent

It ne iaut pas faire tant de bruit, ni redouUer les exclamations tragiques; ce que j'ai dit se peut dire d^ toute affirmation véritable ; et si le soleil à cette heure nous éclaire, et que je diseî^ est jour y ma parole subsistera , quoique le ciel et la terre passent ; elle sera vraie ^ lors même qu'il n'y aura plus de soleil, ni de lumière; et si les choses retournpient en leur première confusion, ce désordre univeetel de la nature ne seroit pas capable de la rendre fausse. La vérité n'est sujette, ni à la vieillesse , nji à la mort : elle doit durer plqs que le temps; elle se conservera dans lesruioes du monde; et quand le ciel et la terre ne seront plus,, deux et deux seront quatre, le tout sera plus grand que ses parties, les lignes tirées du centre à la circonférence seront égales.

Mais la vérité n'est pas seulement étemelle dans les mathématiques, elle l'est aussi ailleurs; et une proposition conforme à son objet, et qui exprime une chose vraie, survivra- sans difficulté à tout ce qu'il y a 4e matériel et de corruptible. Tellement que la promesse qui m'a éf^é faite a étant point fausse, eUediût demeurer, q^oique Ip ciel et la terre passent; e^ je i^éserv^ai à une

(3«9) autrefois, «t'contre «ne autre personne que celle d'un évêque, ravertissemeiit que itte donne le docteur de Besançon de la part du ' rdi iDaivid r Qu'U nestj^edntéthommê^ qui ne soit menteur. [

U a mal pris Fiztfemiôndu Saint-Esprit qui, à' mon .a\^ , ne nous veut' pas* obliger par-là à softs d^er detontie genre humain ,:et à croire faux iifxat ce qui s^>dit tîommé Técitable. Si ceit étojyt vet si ks bomfaies *né pouToient jamais dir» la vârité^ nou serions tous bwbâres lesunsaux antres ; on ne s'entendroit pas mieux qu'on. £û:« soit qisind les langues forent confondues ; la société cirile se disspodfoit de scnnaiéme, et s'il y avoît énoove qneliiiueK^ùÉis » qui habitassent ■ k terre , il n^ aui^t tphis pourtant ni de citoyen^ nideiamiUe^nide répiublic{àeL >

Il me semble donc que le nMusonge' anqsei tous lès hommes 3pnt sùfèttvn'est fias tant un déi&ul dé lèar Yohmté 4{ïe dé leur ei^tend^ ment * ni tant 'un> vice cpiîune- ignorancew Ils sontfrfutèt Mftmésid» >iiepa»«çaiv(w la Vérité, que dr laveteroinprçt «t de «e^ tromper ctoméînes , que. dô tromper kjur : proehain. On ft^emted pas rq»; ks ^rindf^es de tout bien soient sy idtérés en çuK 9 qu'ils parlent toujours contre leur conscience ; nitais que la connoissance qu'ils ont des choses est si petite » qu'ils ne peuvent guère parler sans erreur.

(3S0-) 'Ou certes ce mensonigefloit être pris.ponT une 5itn|^ inclinetion à mentir, et non pas pour BDé /habitude formée de mentir toujours. Tout homme.eflt menteur,. d& la mêmesoite quetoot faoïiuiie est ù>îaats., que tout iiottune est intempéraERt ; Tnaù tido pu; de la même sorte que tout boinme est. raiaonDable..Jies)€aiidiots pëuvrat <Ure quelquefpis la v^itévefe ito'eBt point de podte ' si '<fabuleuxi'^ÂMne>denciuxé -véritibte historien-, si'il écik-itfs^iii^ai'sn- Dtea ^ que le Monde ett biorèaturf de a» Déoa. '• :: -■■Cette obJeotJan.-rCBvertâe^:ii'nb'pëM'«it ceci Fest'eri qu'un :aerapu3e;^'q06'^e£^èi«'ieTer sans bëalicDHp-'de'psipe^iGiest t^enposeï qu'il eoit çcrtaiu 'qa^ne pnspositipD '^éitt^Lsi demeurera , quoique le ciel el,%:felrre'pasteiit, ilinlifet pas Ii0ipitoutefoi6.dc;>rekpnniei!'e6 eécirtaRBes '^iii santiiocAimif coiWa/YÉcl'à: la^farulca.de Diéu,-et diàrt~,!^»r w)dsÀ|ueufs iiuel«e faat pas moins aUstmir entiiotrenlafigage' ordioBire, 'que des Tàâes. de l'Sj^isiï'SBcsf nâcaide'aKAtoè maison. ~Jie ne^^cutti |rain^qite la>yi|aiaiittii)n desi mystèi^s et. dwte^ te4eb ItTqeBszintâ ne^mérite l'mdigriation des fidftei Çettel sorte d'ifnpèéfé est d'autant- plns'^dangereuK, qu'eite-.'efat plus 'dé* gai&ée et plus difficile àTcconeoîtve.Ëiir'quao qu'on témoigne ta'esisuieF pu' saint œqnfna enploie indifïéremnemif 'totif 'nsageï,: etiqu^i-

qu'oa X}^ tacitqmei^t en la Religion les choses quon Qe .révère pas; si e^t-eeque ,cqtte licence a tpiiJQuH» b visage plus 4qus: jet plus znodleste que ratbéïame : elle S0 cpula aVecipiKHfis de diS* iiôulté fiâp^ l'^infi d^& hoQQWQS , . <iue ne ferôiit une négatiqq.^b^uj^!P^ déQûqverte. : . i ç

n n'y^ gwr? ^eg^isqivi i^e soient soldats eçi temps di^ guer/^,et qui ne se inettent.e^ dçyoir de défendre les y^érîtésde h foi , lorsqu'elle som oi|^Ft$m64( ceniUiattue^ : au cqùlraire , quand on .ne Içs di^ute, i^ on n^ les nie , et que.^euLe^ meut on 1^. pr<>£E^Be, ceuiç qu'on ne pourroit ytîf^cre sa lais^eisil; qiii^lquefois gagpter^ ils rrésistent ^ux ar^imieufS et .sont Ibiblçs ,con|re la raillerie; ils se rendent plutôt % qui l^S. chatouille, qu'à qui les atUque fie vive forçç^ 1^1 le malheur est que notre siècle est feçtila.ep. ces es- Pf^its qui y ne ceu^id^ant pas le^ çbp^ dé la Ae^igioq dans leur qaturçll^ .majesté., et ne les voyaut que comuie op lesjeu^ ff^il vpyi;, e^^ conçoivent du mépris , si elles ne sont pgs ^^s^p hc^norae^. Après en avoir perdu 1^ respect, U^viennent peu à peu à en perdre la créance.

Tout çeh. est vrai ; mais tout cela regardf^ ut^ autre qu^ moi. L'onihre m^e 4es Ufiux saints touche ii^on çspfit ^ qufilque seçtimept de piété, et j'adQre jusqu'aiix points et jusqu'aux syllabes de l'Écriture. C'est la pro&ner que de s'en servif

à àéitaâre le mensonge, k faire eiitetidre dts choses sàles', éloignées dé la cbasteté deson sens etdfeta^dignitéde son style;c'esten abuser que ■àe Im donner de» int^pifétatiofts ridicules, et d'appliquer à deK perêonnes infômeB ies parob qu'elle a dites de Dieu et des saititsi-Mais àenfporter ces mêmes paroles à d'autres saints, à Ceux qui sont assissnr testrônes'des apôtres, sun prinoee de l'État au fils de Dieu , sar les lèmt desquels il a mis «a vérité , et à qui il a dit : Coiconqtte vous entendra , il Pi entendra ; quicon- ^ue-ùotis méprisérUf il méprisera ma pmoime; je ue peDs«--t>as que ce soit violer l'Écriture sainte, ni la détourner fort loÎB de soa vrai et ie soe légitime usage.

■ JenesnisyasIeprwiierqui'emploielaSaiiilfr Ecriture decetie sorte, et qui prends la hardiesse dé m'en servir, pour^euprimer mes pensées,» 'dés tâioses sérieuses. Les Pères de l'Église m'ont nuMilré le chemin que je tiens, et si le docleur dit que je me «uis égaré, il faut qu'il dise par cràséqueUt que les Pères de l'Église sont des guides dangereux, que leur exemple esuns"' vais', que l'imitation n'en est pas bonne.

I! semble eu effet que les saints ayciit an avoir droit de s'approprier toute l'Écriture sainie; vous diriez qu'ils ont eu de^ein de se faire um langue particulière de ses termes et de ses locu-

tiens. Ik sont reconttoisfôbles à cette marque parmi les^autears du même temps qu^ux, et>ce caractère les sépare d€^ profanes. Encore aujour^ d'hui, la plupart des contempktifs écrivent ainsi; ils sèment 9 comme ils disent, leurs écrits des fleiuis qu^ils' cueill^tit dans les jardins de l'épouse. De ces belles fleùrs^oni voit mille bpuquets et mille couromies dans l'atïtiquîié ecclésiastique, et noà boiid* prédécesseurs en ont composé de longé discours, où sou vent ils n^onttrieii apporté du* leur que la^ façon^ de les attacher ensemble^ Sera^je ana^b^me, pour avoir écrit une ligne de leur style,- pour avoir dit en des termes qui neshin pas populaires, que la parole d^un évéquejétoit véi^table? ' ;

Sûim GtégcàHd ée Na^ianze , qui , parexcellence , a été Éfômmé le Théologien, Êtit bien qudque cboS^ éè plus 'que de ^eompàrer sa parole à celle du fils de Dieu, ear il se prend Im-méme pour le âls de tKètt^ et met son confident en la'placè de saint PâBrre^ O^est ^ans un discours où il se plaint d^àeis disgrâces , et rà il dit, entre autres chùse^y^ue'Ms plus che^s amis se sont éhignés de kn; quUb ont touis^s^oufferû scandale en ceite triste nuit 'de sa mauvaise fortune j que Pierre même Ta» renié; et qu'il ne pleure point emière^ ment y pour laver sa faute él& ses larmes.

Si j'étois au^si grand traducteur que mon ad-

(394) versaire, l'Église latine Qt l'Elise ' grecque me ' donneroient à l'envi de<quoi le confondre, et je lui pourrois iaire uo livre de psu-^ille» allégations- Je pourrais .le &ûr« fuir.au sëuI nom de nws. téosoins et l'accabler de leur muttiUide. Mais it ne faut pas imit» la rapsodie que nous rejH'eneDs. Et potur ne lui rien-dottaeiî que ee que jepr»)d« dans ma méifiD)i>»> il atfç suffira de lui alléguer un saint du,mêroe,pàys.que.lui, aéièhvt oQTrier de s^sfalab1«G> pièces. Xç swnt bouçguigoon , c'est Saûit'Berhatid. qui né paele prwque jamais aux p(^>es, ni.awx év«que»,-que par la voix des -prophètes 0t detkapôtws. • ' En l'Épitre 3a7', ftu ■■ p9pe Innocent , ï dit ^« \ l'évêque d'Arras ce que le prOpt^te -dit expies- | sèment de Jésus-Ghmtî ^ au mrâae^liiaiocent, | ' lui écrivant pour ceux <t^:MilaDft:^ ç'^toioit '. brouillés. avec Iqi.iijfl» iyMp(ixsef.W:Ia l^gue de I rJÉqriture, le pei^iie du ^■aeqtiifitt/9n,Gomfaeâ \ le pape Innocent étoit intH-t .poiar Je saltit de ceuK de Mil^. En beaucoup djantn^ M^nf- il d« lait point de difâculté . de .eominwùquer aux hommes les paroles que l'Éci^^Re a i^ieraièrement adressées à Dieu; mais &x (m lÀeux-JÀ, et en celui-ei , son intention n'a pas éié de pren* dre. ces teraaes en tou.te l'éteudiie de leur signification , ni de leur faire plus dire que ce que la «ertu d'un homnie peut recevoir, laquelle étant

înfimm^Qt inférieure à la grandeur de Dieu, Q*ést pas>capable d'une si haute élévation t]ue celle où se trouvent ces passages eu leur premier sens. * lia doac pu appeler: ceux deHilan^àJ'égai^d du pape , le peuple^ de T acquisition^ qui sont ^és mdts dont use'SatntHPicrre^parlaint du peuple chirétien, mchetépar. le sang de Jésus*Christ; mais Une les a pu appeler ainsi, <au siens de Sainte Pi6rc& Car Tùn parie: du. rfDchat du salùt et de la rédemption de l'âme ; l'autre parle d'une faveur temporelle., et d'une grâce putemenl^ humame. Aussi quand je dis que la. piûx>l6 d^qhété^e demeurera, quoique* le cieL et la^erre passent, je ne prétends pas de comparer ^la^ parole d'un< homme à celle de Dieu; mais j'abaifese ces termes jusques à mon sens, et n'en prends que i'^cté-^ rieur etl'éeorce'pour y: enfermer maooncéptiOD^ qui ti'est ni pro&he ^ fit ridicule. ' '

CE.'fàclieuiD, qui trouve tout profane « et tdut rîdfcole, qa'eutôl ditde l'apostrophe que fit Un prédicateur de 'la ligue à Mme de M. ie duc de Gnke^s^adiSesBant à madame la ^ duchesse de Ne» Hioilrs,:€|a ikière', qui ëtoitÀ èori's^imon- vO ^â^/nf et»ghridêx)fnartyr^é Dïeu^ béni estiei ventre quvfn porté' et ks mamelles qui font\ allaité. Qu'eut*4l dit du obmpliment.de-'cet am|)as^dëur d'Espagne en Angleterre, qui reçut une visite du

roi Jacques, avec ces paroles de la Messe : Domine non sum dignus ut l'ntres sub tectum meim. Qu'eùt-il dit CDCore de cet aat^e aiabasudeut d'Espagne i^idant à Rome, qui, voyant passer la princesse de Sulmone par une rue , s'écna, comme s*U eût été transporté d'une divine foreur : -Jve Jtegina cœlontm , ^ve Domina An^ ] lowm. Qu'eût dit le docteur de Besançon de et prince de Bretagne qui prit pour devise : ^ntt- ^uam Abraham esset, ego sum , et crut seulemort exprima par-là l'antiquité et la uoblesse de a Ma^D. Qu'eût-il dit, eufin, s'il eût oui dire, BtkomoJactusest^àAc&;&xx\rG prince qui, étant parvenu à l'empire , se relâcha de la sévérité des maximes qu'il avoit tenues, étant personne pri' vée , et laissa adoucir sa vertu sauvage anx affe^ lions du sang et aux tendresses de la nature.

Je n'approuve , ni l'apostrophe du prédicatem de la Ligue, ni le complimait du premier aJIlba^ sadeur,niremhousiasme du second, ni la devise ; da prince, ni la licencieuse application des (»■ rôles tirées du Sj^mbole des apôtres. Maisce nest pas à dire que je désapprouve généraljBinent tontes les autres applications. Je ne rejette pas toi» le& complimens qui sentent le style de l'Ëcnture sainte ; je ne condamne pas l'usage de certiffl^ mots oui t>euvent passer de Itieu aux homofii

(397) sans que Thonneur que les. hommes doivent à Bieu en souffre pour cela de diminution.

Dans les livres saints, Jésus -Christ n'est -il pas appelé , par similitude j lion ,. panthère , ours et agneau; et saint Denis n a-t^il pas fait cette remarque avant moi? La théologie, néanmoins , ne respecté point ces mots, comme s'ils avoient été voués à Dieu par ces similitudes; elle ne réserve point les images de ces choses pour la personne du Fils de Dieu , ni ne nous défend d'en tirer des comparaisons humaines pour notre usage; C'est plutôt la parole de Dieu qui nous ôte ce scrupule , si nous l'avons; et c'est l'Église, interprète de cette parole , qui se sert du même nom et de la même figure en des occasions extrêmement différentes. Car comme Notre-Seigneur est le lion de la tribu de Juda, notre ennemi est le lion rugissant, toujours prêt à dévorer les fidèle^. Aussi la malédiction donnée au serpent, et sa tête brisée par la semence de la femme, n'empêchent pas que le serpent d'airain du désert ne soit l'emblème du Dieu du Calvaire.

L'infinité n'appal'tient qu'à Dieu , et la création est un droit qui lui est si propre , que même il ne le peut communiquer. à un autre; il n'y a personne qui ^n doute. Les hommes pourtant s'appellent tous les jours infiniment boixs ou in*

>(398) finiment mécbani,.s'Bi<»€iit^ou se haïssenl infiniment, ont un nombre infiai de vices on de vertus. On: tirée aussi totts bes jonrs , d»a les assemblées oiriles et miiitaires , des tnagistnils , des syndics-et das ofl^cicrs; les piinces font totis les jours des créatures, je dii les plus clmstes princes , et ceux qui ne se maiient point.

A Rome, les.cardmaus qui sont obligés de leur promotion au cardinal Barberin, se nomment vulgairement tes créatures -de Barberin. El la première fois qu'un nouveau v«nu en m pi)^ là se trouve aux cérémonies publiques, où le . pape assisté et les cardinaux, poiir hù d<Miner «pielqueconnoissancedelaCoiH<,on lui montre, pal-mi ces princes de la robe longue, les créattii» d'Aldobrandin, les créatures de BOrghèse, celles de-Ludovica,'etc. Les jurisconsultes et les théologiens , les sécniiers et les prêtres , parlent ainsi : C'-estTusagedeiaCour, c'est la langue du Consistoire et du Conclave. Mais le docteur BesançoA est plfis régtilier en ses paroles , qiK la Cour, que le Consistoire él (pe k Conclave. Il condatiane le& coutumes, les usages et les langues. Les locutions les plus reçues lui sont suspectes 'd'impiété; leS plils nobléd lui semblent pleines d'extravagance,xomnle ïi'ous allons Voir tout à l'heure. ; ' ■ '■

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