ACTE II, SCÈNE IIl. 33i
CLÉON
Au fond je n'y vois pas de quoi faire un mystère. . . Et c'est ce que de vous mérite votre frère.
Vous m'avez dit , je crcHS , que jamais «ir les biens On n'avoit éclairci ni vos droits ni tes neos, Et que , vous assurant d'avoir son héritage , Vous aviez an hasard ré^é votre partage :
Vous savez à quel peint il déteste un procès , Et qu'il donne Ghloé pour acheter la paix :
Cela tait contre lui la plus belle matière.
Des biens à r^»éter, des partages à (aire; Vous voyez que voilà de quoi le mettre aux champs En lui disant prévoir un procès de dix ans.
S'il va donc s'obstiner, malgré vos répugnances , A l'établissement qui rompt nos espérances, Partons d'ici, plaidez; une assignation Détruira le projet de ta donation. n ne peut pas soufirir d'être seul ; vous partie , On ne me verra plus lui tenir compagnie; Et quant à vos procès , ou vous les gagnei-ez , «On vous plaiderez tant que vous l'achèverez.
FLORISE
Contre les préjugés dont votre ame est exempte La mienne , par malheur, n'est pas aussi puissante , Et je vous avouerai mon imbécillité :
Je n'irois pas sans peine à cette extrémité.
Il m'a toujours aimée, et j'aimois à lui plaire; Et soit cette babitude, ou quelque autre chimère,
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33ï L£ MÉCHANT.
Je ne puis me résoudre à le désespérer :
Mais votre idée au oioiiu sur lui peut opérer ; Dites-lui qu'avec v<ni8, poroiesant fort ai^ie. J'ai parié de procès, de JnenSt de broutUerie, De départ; et qa'eafin , s'il me ponssoit i bout, Vous avez entrevu que je suis prête à tout.
CLÉOI).
S'il s'obstine pourtant, quoi qu'Mi lui puisse dire... On pouiToit consulter pour le bire interdire. Ne le laisser jouir que d'iue pension :
Mon procureur fera cette expéditiouî C'est un homme admirable, et qoi, par son adresse, Aurait Eût enfermer les sept sages de Grèce , S'il ettt plaidé contre eux. S'il est qudque moyen De vous Ëûre passer ses droits et tout son tâen , L'af&ire est imnumquable , il oe &ut qu'une lettre De moi.
FLOBIBB.
Non, différez... Je crains de me commettre :
Dites-lui seulement, s'il ne veut point céder, Que je suis , malgré vous , résolue à plaider. De l'humeur dont il est, je crois être bien sûre Que sans mon agrém«it il craindra de conclure; Et pour me ramener ne négligeant plus rien , Vous le verrez finir par m'assurer son bien.
Au reste vous savez pourquoi je le désire.
clAoh.
Vous connoisses ausai le motif qui m'inspire ,
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