ACTE IV, SCÈNE VII. 4oï
Vous ven-ez simplement que cVst quelque nuage; Cela finit toujours par s'aimer davantage.
Géronte a sur le cœur nos persécutions Sur un parti qu'eu vain vous et moi conseillons. Moi , j'aime fort Valère , et je vois avec peine Qu'il se soit annoncé par donner une scène; Mais , soit dit emre nous , pent-on compter sur lui? A bien examiner ce qui) fait aujourd'hui , On imagineroit qu'il détruit notre ouvrage, Qu'il agit sourdement coutre son mariage; Il veut , il ne veut plus ; sait-il ce qu'il lui iiiut? Il est près de Gbioé , qu'il refusoit tantôt.
Tout seroit expliqué si l'oii cessoit de nuire. . . Si la méchanceté necherchoità détruire...
CLÉON
Oh bon ! quelle folie ! Êtes-vous de ces gens Soupçonneux, ombrageux? croyez-vous aux méchants? Et réalisez-vous cet être imaginaire, Ce petit préjugé qui ne va qu'au vulgaire?
Pour moi, je n'y crois pas: soit dit sans intérêt, Tout le monde est méchant , et personne ne l'est; On reçoit et l'on rend; on est à-peu-près quitte. Parlez-vous des propos? comme il n'est ni mérite, Ni goût, ni jugement qui ne soit contredit, Que rien n'est vrai sur rien; qu'importe ce qu'on dit? Tel sera mon héros , et tel sera le vôtre ; L'aigle d'une maison n'est qu'un sot dans une autre;
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4oa LE MÉCHANT.
Je dis ici qu'Éraste est un mauvais plaisant;
Eh bien ! on dit ailleurs qu'Éraste e»t amiisaut.
Si vous parlez des faits et des tracasseiies ,
Je n'y vois dans le fond que des plaisanteries;
Et si vous attachez du crime à tout cela ,
Beaucoup d'honnêtes gens sont de ces fripon»-Ià.
L'agréroeot couvre tout, il reud tout légitime :
.aujourd'hui dans le monde on ne comiQtt qu'un crime.
C'est l'ennui ; pour le fuir tous les moyens sont bons ;
Il gagneroit bientôt tes meilleures maisons
Si l'on s'aimoit si fort; l'amusement circule
Par les préventions , les torts , le ridicule -.
Au reste chacun parle et fait comme il l'entend.
Tout est mal , tout est bien , tout le moude est content.
On n'a rien à répondre à de telles maximes :
Tout est indifTérent pour leq âmes sublimes.
Le plaisir, dites-vous , y gagne ; en YÉrité , Je n'ai vu que l'ennui chez la méchanceté :
Ce jargon étemel de la froide ironie , L'air de dénigrement, l'aigreur, la jalousie, Ce ton mystérieux , ces petits mots sans fin , Toujours ^vec'un air qui voudioit être fin; Ces indiscrétions , ces rapports infidèles, Ces basses faussetés , ces trahisons cruelles; Tout cela n'est-il pas , à le b^eu définir, L'image de la haine , et la mort du plaisir?
Aussi ne voit-on plus où sont ces caractères ,
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