‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 176 sur 193 · FLORISE, ARISTE · texte numérisé non relu

FLORISE, ARISTE

C'est trop vous désoler; £n vérité , madame , ii ne vaut point la peine Du moindre sentiment de colère ou de haine :

Libre de vos chagrins, partagez seulement Le plaisir que Chloé ressent en ce moment D'avoir pu recouvrer l'amitié de sa mère, Et de vous voir sensible à l'espoir de Valère. Vous ne m'étonnez point , au reste , et vous deviez Attendre de Cléon tout ce que vous voyez.

FLORISE

Qu'on ne m'en parie plus : c'est un fourbe exécrable , Indigne du nom d'homme, un monstre abominable. Trop tard pour mon malheur je déteste aujourd'hui Le moment où j'ai pu me lier avec lui.

Je suis outrée !

Il iaut,. sans tarder, sans mystère, Qu'il soit chassé d'ici.

FLOBISE.

Je ne sais comment faire , Je le crains; c'est pour mm le plus grand embarras. .

4i4 LE MÉCHANT.

AaiSTE.

Méprisez-leàjamais, vous ne le craindrez pas.

Voulez-vous avec lui vous abaisser à feindre?

Vous l'honoreriez trop eu paroissant le craindre;

Osez l'apprécier : tous ces gens redoutés ,

Fameux par les propos et par les faussetés ,

Vus de près ne sont rien ; et toute cette espèce

N'a de Force sur nous que par notre foiblesse.

Des feaunes sans espnt , sans grâces , sans pudeur,

Des hommes décriés , sans talents , sans honneur.

Verront donc à jamais leurs noirceurs impunies ,

Nous tiendront dans la crainte à force d'ioÊunies ,

Et se feront un nom d'une méchanceté

Sans qui l'on n'eût pas su qu'ils avoient existé I

Non; il feut s'épargner tout égard, toute feinte;

Les braver sans foiblesse , et les nommer sans crainte.

Tôt ou tard la vertu , les grâces , les talents ,

Sont vainqueurs des jaloux , et vengés des méchants.

FLOBISE.

Mais songez qu'il peut nuire à toute ma famille , Qu'il va tenir sur moi , sur Génmte et ma fille , Les plus af&eux discours...

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