DE L'ÉLOQUENCE
succès parlent , et il ne peut être pour'eux de plus
éloquent âoge <)ue leur teâoitunée.
Telle est, moDsieur, la brillante destinée des grands talents, et la vôtre ; etqoandnon seulement la France littéraire , maïs toute l'Europe savante ap plaudit aux sufirages qui vous placent ici, la renommée ne me laisse rieu à dire ; d'ailleurs la vérïtablephiioaophienereçoitqu'mipatienimenlle tribnc des louanges. Supérieure à la varaté kjïâ tes désire , à l'adulation qui les prodigue, à là Inédiocrité qui les dispute , elle ne sait que les mériter, elle craint de les entendre , et par>là même elle f»rce iqnelqnefois l'envie à reconnottre le mérite et à le pardonner.
Dtos un jour consacré à la-gloirë des talents 'et de« succès , pourquoi 'linit^il biéter la vtàx ^ h. ûaàleur au langage des dpplaudis^emerits? Vdas svcs tracé, monsieur, avec aatant de Véi^que'd'^er^ gie, l'iinage de l'illusù-e prélat' que' Ftioadémie françdise vieùt de pCTdre. Mais nos regrets BdWtrop étendus, trop sensibles, et trop l^tiiMe8,^pD«f"ne point arrêter encore uri «lomenflios ' regarda sur son tombeau. Qodle perte l'étoqueilce vient de-faive t et qiiel génie Inmtneux vietidra' dissipa les''prtK fondes ténèbres qui'la Couvrent?
'Notre siècle n a que trop de ces esprits médiot^'es ,
' H. de Smim, éréijna de Team.
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DE LA CHAIBE. 439
de ces talents subalternes, qui, se croyantsublimes, ne peuvent manquer de se trouver âoquentsj et d'être pris pour cela par le vulgaire de tous les rai^. Dms tantes les tribunes, ainsi que dans la pkipart des sodétés , on n'a que trop à essuyer ou de cette freide^oquuice prétendue qui n est qu'une sténle abondance de mots , un vain étalage xle raisonnements sans princiipes et sans objet, un diaos d'idées et de sentiments sans fi»^% et sans dutl^ir, ou de cette éloquence ridicule qui n'est que le iangage fiiiiile du bel esprit, le jargon festidieùx de l'antithèse, et -la manie puérile de mettre tout en épigrammes. Pour assnr»* à notre siédefuae anite nombreuse de pareils déclamateurs , il ne tâitf que deux -qualités , qui malheureusement ne sont pas prêtes àmanquer, là merveilleuse facilité de parier long-temps sans avoir rien à dire , et la confiance intrépide qui accompagne toujours les talents naé> diocoes et les beaux e^^ts sans génie.
Mais qui nous i-mdra le vrai -talent de parler avec raison, avec force j avec utilité', le génie mâle etmajestueux, sensible et pénétrant, simple et sublime, dont Athènes et Rome ont laissé c|^ monum^its que le dernier siècle a pent-étre surpassés parmi nous ^ et que le nôtre n'atteint plus?. Qui nous rendra sur-tout l'éloquence de la <diaire, ce talent si rare, si diffidle, et si souvent usurpé; ce talent, le premier de- tous , par la'nécessité , la grandeur, et la
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supériorité de son objet? Qui nous rappellera les orateurs puissants, les modérateurs de Tesprit ho^ maiu , les maîtres des passions elles-mêmes , les ministres vraiment dignes d'annoncer aux hommes la vérité étemelle, Tunique vérité devant qui la terre doit rester en silence avec ses maîtres et ses sages? Enfin, qui ranimera les cendres de l'orateur illustre que nous regrettons aujourd'hui , le dernier qui nous resloitdu sièdederéloquence véritable, etdcmtles talents avoient balancé quelquefois les succès de Massillon? il avoit comme lui recueUli , dans cette compagnie, l'héritage et la place de Bossuet et de Pléchier. Nous voyons nos pertes, nous les pleiu-ons, et nos larmes sont d'autant plus justes , que les dédommagements sont devenus plus rares , et que l'éloquence sacrée attend encore ici un restaurateur.
Malgré le iaux axiome respecté dans les écoles, et proscrit par le goût, vous avez eu raison de dire, monsieur, qu'on ne doit la grande éloquence qu'aux dons lumineux , à l'impulsion rapide de la nature , et non au pesant secours des rè^es , ni au pédantisme des préceptes. Le génie ne s'apprend ni ne se copie. Mais à cette vérité j'en dois ajouter une plus essentielle encore , et que la mémoire de M. l'êvéque de Vence rappelle naturellement pour sa gloire et pour l'instruction de ses imitateurs. Les dons de la nature, à quelque degré de perfection qn'co) les suppose, ne sont pas suffisants. Le génie
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