VERS
Au rouet de sou verbiage.
On nous mande dans nos hameaux Les progrès lugubrement beaux De cette étrangère manie , Qui , déployant de noirs réseaux , Et des cyprès , et des pavots , Sur les roses de la patrie , Remplit nos écrits , nos propos , Et nos modes enchanteresses , D'urnes, de lampes, de tombeaux.
Et de semblables gentillesses.
Malgré ce nuage et ce goût De productions vaporeuses , Qui pour un temps font prendre à tous La couleur uoire et les pleureuses , Nous autres bons provinciaux , Qui ne savons qu'être sincères , Et qui ne nous conduisons guères Par la fureur d'être nouveaux, François comme 1 etoient nos pères Dans les jours calmes et prospères De la docile loyauté , D'aucun ton factice, emprunté, Nous n'éprouvons la fantaisie.
Et nous prenons la liberté De penser avec bon-jionite Qu'il vaut bien mieux pour la santé Suivre dans sa route fleurie
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SDR LA KÉCEPTION DE M. SUAHD. ao5 La bonne gauloise gaieté , Sang fraudes, sans anglomanie, Sans affiche de gravité , 'Que de se rembrunir la vie.
Et de risquer la léthargie, Les vapeurs, et la surdité, Parmi cette monotonie De petite sublimité, Trop ennuyeuse, en vérité.
Pour une mode , une folie.
Heureusement ce Ion rhéteur, Toute cette triste livrée De pédanterie et d'humeur, Touche au terme de sa durée.
L'époque d'un nouveau bonhetu*.
Ouvrant de la route éthérée Le cours radieux et serein De t'alégresse désirée, Répand la Iralcheur du matin Sur la France régénérée , Et du plus paisible destin Nous trace l'augure certain Dans la bienfeîsance assurée D'un jeune et brillant souverain , D'une jeune reine adorée.
Sur tous leurs pas jonchés de fleurs La Gaieté françoise et les Grâces Vont, par leurs rayons enchanteurs,
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ao6 VËR8SUR LA RÉCEPTION, «te.
De tous les soucis destmcteura Effiicer jusqu'aux moindres traces.
Les penseurs doits , les raisonneurs , Les gens à phrases , les frondeurs , Et tous les ennuyeux oélétn^s.
Rentrent duis leur destin obscur; Ainsi que les oiseaux funèbres, Dès que s'ouvre un ciel frais et pur Rayonnant de pourpre et d'azur, Se replongent dans leurs ténèbres.
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