ACTE I, SCÈNE I. ai
Au prince de Norv^e abandonna mon sort, M'éloigna des états que me livrent sa mort; Pensoit-il qu'unissant tant de titres de haine. Devant poursuivre un jour sa vengeance et la mienne , Héritière des rois , élève des héros , Je perdrois un instant dans un lâche repos 7 Dans l'asile étranger qui cacha mon en&nce J'ai pu sans m avilir suspendre ma vengeance, La sacrifier même à l'espoir de la paix , Tandis qu'on m'a flattée ainsi que mes sujets Qu'Edouard , pour finir les malheurs de la guerre , Pour unir à jamais l'Ecosse etl'An^eteTre, Alloit m'offrir sa main , et par ce juste choix Réunir nos drapeaux, nos sceptres, et nos droits : Mais par tant de délais dès long'temps trop certaine Que l'on m'osoit offrir une espérance vaine , Quand ce nouvel outrage ajoute à mon malheur, Attends-tu la prudence où'négne la fureur ?
S'élevant contre moi de la nuit étemelle, La voix de mes aïeux dans leur séjour m'appelle; Je les entends encor : ■ Nous régnions et tu sers !
■ Nous te laissons un sceptre, et tu portes des fers 1
• Règne, ou, prête à tomber, si l'Ecosse chancelle,
* Si son règne est passé , tombe , expire avant elle : « Il n'est dans l'univers en ce malheur nouveau
■ Que deux places pour toi , le trAne , ou le tombeau. • Vous serez satislaits , mânes que je révère ;
Vous connoltrez bientôt si mon sang dégénère ,
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ai6 EDOUARD III.
Si le sang des héros a passé daos mon cceur,
Et s'il peut s'abaisser à souflirir un vainqueur.