ACTE I, SCÈNE IIJ. aig
Qne je retourne enfin aux lieux de ma naissance. Je viens poar ce départ demander sou aveu , Et je croyois déjà le trouver en ce lieu ; Mais , s'il iàut f achever un récit brop fidèle , Le pourras-tu penser? quand le trône m'appelle, Quand l'Ecosse gémit, quand tout me imoe à fiiir, Prête à quitter ces lieux je tremble de partir. AHÉLIB.
Qui peut vous arrêter? comment pourroit vous plaire
Ce palais décoré d'une pompe étrangère?
Tout ici vous présente un spectacle odieux :
Ce trône annonce un maître , et le vôtre en ces lieux ;
Ces palmes d'un vainqueur retracent la conquête,
L'oppresseur de vos droits , l'usurpateur...
ALZOMDE.
Arrête i Tu parles d'un héroa l'honneur de l'univers , Et tu peins un tyran. Dans mes afireux revfirs J'accuse le destin plus que ce prince aimable. Et mon cœur est bien loin de le trouver coupable. Tu m'entends ; j'en rougis. Vois tout mon désespoir : Sur ces murs la vengeance a gravé mon devoir, Je le sais ; mais tel est mon destin déplorable , Qu'à la htmte , aux malheurs du revers qui m'accable , Il devoit ajouter de coupables douleurs , Et joindre l'amour même à mes autres fiireiirs. J'arrivois en courroux, mais mon ame charmée A l'aspect d'Edouard se sentit désarmée.
fbïGoogIc
sao ÉDODARD III.
Sans doDte que l'amour jusqu'au seïo des malheun
S'ouvre par dos penchants le chemin de nos cceurs :
Connoissant ma fierté, mon ardeur pour la gloire.
Il prit pour m'attendrir la voix de la victoire;
Il me dit qu'enchaînant le plus grand des guerriers,
Qui partageoit son cœur partageoit ses lauriers.
Où commande l'amour il n'est plus d'autres maîtres :
J'étouffai dans mon sein la voix de mes ancêtres;
Je ne vis qu'Edouard : captive sans ennui ,
Des chaînes m'arrétoient, mais c'étoit près de lui.
Pourquoi me rappeler la honte de mon ame ,
Et toutes les erreurs où m'entralnoit ma flamme?
Un plus heureux objet a fixé tous ses vœux :
C'en est fait , ma fierté doit étoufier mes fieux ;
Les foibles sentiments que l'amour nous inspire
Dans les cœurs élevés n'ont qu'un moment d'empire.
Régner est mon destin , me venger est ma loi;
Dn instant de foiblesse est tm crime pour moi.
Fuyons; mais pour troubler un bonheur que j'abhorre.
Renversons, en lîiyant, Fidide qu'il adore.
Parmi tant de beautés qui parent cette cour
J'ai ti-op connu l'objet d'un odieux amour.
On trompe rarement les yeux d'une rivale;
Ma haine m'a nonuné cette beauté fatale.
Si dans ces tristes lieux l'amour fit mes malheurs,
J'y veux laisser l'amour dans le sang, dans les pleurs.
Mais Vorcestre parolt : laisse^ious , AméUe;
Du destin qui m'attend je vais être éclairde.
fbïGoogIc