‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 40 sur 193 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ALZONDE, sous le nom d'Jglaé; VORCESTBE.

ALZONDE.

Vous dont le cœur sensible a comblé tous les vceux

Que porta jusqu'à vous la voix des malheureux.

Jetez les yeux , mylord , sur une infortunée

Dont vous pouvez changer la triste destinée.

Je me dois aux climats où j'ai reçu le jour.

Par vos soins honorée et libre en cette cour,

Je sais qu'à plus d'un titre elle a droit de me plaire ;

Mais quels que soient les biens d'une terre étrangère,

Toujours un tendre instinct au sein de ce bonheur

Vers un séjour plus cher rappelle notre cœur :

Soul&ez donc qu'écoutant la voix de la patrie

Je puisse retourner aux rives de Neustrie :

Du sort des malheureux adoucir la rigueur

C'est de l'autorité le droit le plus flatteur.

VOaCESTRE.

Si par mes soins ici le ciel plus fevorabte Vous a donné , madame , un asile honorable , Unie avec ma fille , heureuse en ce palais , De votre éloignement différez les apprêts :

A mou cœur alarmé vous êtes nécessaire^ Eugénie , immolée à sa tristesse amère, Demande à quitter Londre, et, changeant de climats,

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aaa EDOUARD III.

Veut cacher des chagrios qu'eUe n'explique pas.

Depuis que son époux a terminé sa vie

Je croyois sa douleur par le temps assoupie :

Mais je vois chaque jour croître ses déplaisirs;

Je la vois dans les pleurs , je surprends des sou|w8.

C'est prolonger en vain des devoirs trop pénibles ;

Et de Salîsbury les cendres insensibles

Ne peuvent exiger ces regrets superflus

Qui consacrent anx morts des jours qui nous sont dus.

L'abandonnerez-vons quand ramifié fidèle

Doit par des nœuds plus fortâ vous attacher près d'elle?

Pour l'arrêter ici , par zèle , par pibé ,

Joignez à ma douleur la voix de l'amitié.

Dans quel temps foiriez-vous les bords de la Tamise !

Gonnoissez les dangers d'une telle «itreprise.

D'arbres et de débris voyez les flots couverts :

La discorde a troublé la sûreté des mers ;

Un reste fugitif de l'Ecosse asservie,

Sur ces cdtes errant sans espoir, sans patrie ,

Au milieu de son cours tl-dublajcit votre vaisseau,

Pourroit vous entraîner dans un exil nouveau :

Attendez que la paix rendue à ces contes

Vous ouvré sur tes eaux des routes assurées.

ÀLtbvVt.

L'amour de la patrie ^ôre lé danger, Et les cœurs qu'il condnit ne savent point changer. Vous ne souffrirez point, jusqu'ici |^U3 sensible, Que la plainte aujourd'hui vous éprouve inflexible ,

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