‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 41 sur 193 · ACTE I, SCÈNE IV. 3a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. 3a

Qu'on perde devant vous des larmes et des voeux Et qu'il soit des malheurs où vous êtes heureux. V0RCB9TBE.

Heureux ! que dites-vous? apparence trop vaine !

Le bonheur est-d &it pour le rang qui m'enchaîne?

Vous ne pénétrez point les sombres profondeurs

Des maux qui sont cachés sous l'éclat des grandeurs.

Que! accablant iardeau ! tout prévoir, tout conduire ,

Entouré d'envieux unis pour tout détruire.

Responsable du sort et des événements ,

Des misères du peuple, et des brigues des grands;

Réunir seul enfin , par un triste avantage ,

Tous les soins , tons les m&ux que l'empire partage :

VoUà le joug brillant auquel je suis lié;

Sort toujours déplorable et toujours envié!

C'est peu que les périls , l'esclavage , et la peine

Que dans tous les états le ministère entraîne :

Jugez quels nouveaux soins exigent mes devoirs ,

Ministre d'un empire oii régnent deux pouvoirs,

Où je dois , unissant le trône et la patrie.

Sauver la liberté, servir la œonarcbie ,

Affermir l'un par l'autre, et former le lien

D'un peuple toujours libre, et d'un roiotoyen.

Ma fortune est un poids que chaque jour aggrave :

Maître et juge de tout, de tout on est esclave;

Et régir des mortels le destin inconstant

N'est que le triste droit d'apprendre à chaque instant

Leurs méprisables vceux, leurs peines dévorantes.

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Leurs vices trop réels , leurs vertus apparentes ,

Et de voir de plus près laflreuse vérité

Du néant des grandeurs et de l'humanité.

Mais le roi vient. Allez, consolez Eugénie :

Vous verrez par mes soins votre peine adoucie.

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