‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 49 sur 193 · ISMÈNE · texte numérisé non relu

ISMÈNE

Oq soulage son cœur eo confiant sa peine; Pourquoi m'avoir caché...

EUGÉRIE.

Moi-néne , clière Ismtee , Victime du devoir, de l'amour, du malheur, Osois-je me connoltre et lire dans mon cceur? De lui-même jamais ce cœur futil le maître?

Jointe à Salisbury sans presque le connoltre. L'amour n'éclaira puot un hymen ma&eureux , Dont le sort sans mon dtmx avoit fermé les noeuds. J'estimai d'un époux la tendre complaisance; Hais il n'obtint de moi que la reconnoissance. Et , malgré mes efforts , mon ccbut indépendant Héservoit pour un autre un {^us doux soitiment. De la coiir à jamais que ne fiis-je exilée !

Par mon nouveau destin en ces lieux appelée.

Je vis... Fière vertu, pardonne ce soupir; J'en adore à-la-fbis et crains te souvenir.

Dans ce jeune héros je sentis plus qu'un maître : Mon ame à son aspect reçut un nouvel être; Je crus que jusqu'alors ne l'ayant point connu , Ne l'ayant point aimé , je n'avois point vécu. Que te dirai-je enfin? heureuse et désolée.

Maltresse à peine encor de mon ame accablée.

Trouvant le désespoir dans mes plus doux transports. Au sein de la vertu j'éprouvois des remords.

C'en est fait ; libre enfin je dois fiiir et me craindre.

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a36 EDOUARD IIJ.

J'ai su cacher ma honte et j'ai pu me contraindre

Tandis que lé devrar défendoit ma vertu;

Mais aujourd'hui mon c«ur est trop mal défendu. -

Te dirai-je encor plus? on croit tout quand on aime.

Oui , depuis le moment que je suis à moi-même ,

Cet amour malheureux , et nourri de mes pleurs ,

Ose écouter l'espoir et chérir ses erreurs;

Quand je vois ce héros, interdite, éperdue,

Je crois voir ses regards s'attendrir à ma vue j

Je crois... Mais où m'emporte un aveugle transport?

Le ciel n'a feit pour moi qu'un désert et la mort.

Ne puis-je cependant entretenir mon père?

Pourquoi m'arréte-t-il où tout me désespère?

ISMàNE.

Vous l'allez voir ici. Maïs pourquoi fuir la cour. Et rejeter l'espoir qui s'offre à votre amour? Le trône à vos attraits...

EUGÉNIE

Que dis-tu , malheureuse^ Quel fantôme brillant , quelle image flatteuse A mes sens égarés as-tu fait entrevoir?

Garde4oi de nourrir un dangereux espoir :

Tu me rendrois heureuse en flattant ma tendresse; Mais je crains un bonheur qui coûte une fbihlesse. Allons ; c'est trop tarder, abandonnons des lieux Où j'ose à peine encor lever mes tristes yeux. Je ne veux point aimer ; je fuis ce que j'adore. J'implore le trépas , et je soupire encore i

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