ACTE II, SCÈNE I
La mort seule éteindra mon déplorable amour; Mais du moins, en Fuyant ce dangereux séjour. Cruelle à mes désirs , à mes devoirs fidèle , J'aurai bit ce que peut une fbible mortelle : Si le reste est un crime, il est celui des deux. Et j'aurai la douceur d'être juste à mes yeux. Tu n'auras pas long-temps à soufFrir de ma peine; La mort est dans mon ccem' ; suis-moi , ma chère lamène ; Ton zélé en a voulu partager le ^deau , Ne m'abandonne pas sur le bord du tombeau.
Fuyons. Là , pour briser le trait qui m'a blessée , Pour bannir ce héros de ma triste pensée , Souvent tu me diras qu'il n'est pas iàit pour moi. Cache un mortel charmant, ne me montre qu'un roi. IMs-moi que tes attraits de quelque amante heureuse Ont sans doute enchaîné cette ame généreuse; Dis-moi que, nés tous deux sous des astres divers. Il ignore et ma peine et mes vœux les plus chers , Et qu'il n'existe plus que pour celle qu'il aime. ' Je t'aide, tu le vois , à me tromper moi-même : Peut-être à tes discours oubliant mes regrets... Je m'abuse... Ah I plutôt ne le nomme jamais. , Pourquels crimes, ô ciel 1 par quel affreux caprice Le charme de ma vie en est-il le supplice?
Par ta gloire inspiré , par l'honneur combattu , Mon amour étoit fait pour être une vertu.
On vient; éloigne-toi.
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a38 EDOUARD III.