ACTE m, SCÈNE II. aSi
Oui , fidèle A^é , pour terminer vos peines Attendez tout de mm , si vous calmez les miennes. De ce funeste jour vous savez les malbeurs; Vous pouvez prévenir de plus grandes douleurs. Accablé de remords , de tristesse , et de crainte , Mais comptant sur vos soins , je parle sans contrainte. Vous me voyez rempli du désespoir amer D'affliger, d'alarmer ce que j'ai de plus cher : L'amitié, je le sais, avec elle vous lie; C'est vous intéresser que nommer Eugénie.
Si vous chérissez donc sa gloire et son bonheur, Et si jamais l'amour a touché votre cœur, Sauvez-la, sauvez-moi. Par un ricit fidèle Allez la rassurer dans sa Irayeur mortelle :
On accuse son père , il n'est point condamné; A la rigueur des lois s'il semble abandonné , Des fureurs d'un amant qu'elle excuse le crime. J'ai moins prétendu perdre un sujet que j'estime, Qu'arrêter Eugénie au point de hiir ma cour : L'amour va réparer le crime de l'amour.
Oui , fùt-il condamné , le sang de ce que j'aime Est sacré dans ces lieux ainsi que le mien même; Sans le sceau de ma main les lois ne peuvent rien : Le coupable est son père , et son père est le mien. Qu^elle vienne : elle sait mon trouble et sa puissance, Qu'un seul de ses regards enchaîne ma vengeance. J'espà% tout du sort, puisqu'il a confié
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La cause de l'amour aux soins de l'amitié.
Je ne veux qu'une grâce; à mes feux moins contraire ,
Qu'elle n'écoute plus un préjugé sévère,
Que par un tendre amant son front soit couronné ,
Qu'elle accepte mon cœur, et tout est pardonné.
ALZONDE.
Seigneur, si vous voulez Iç bonheur de sa vie , Si vous daignez m'en croire, oubliez Eugénie. On n'attend point l'amour d'un cœur infortuné Par lui-même à l'exil , aux larmes condamné.
Sans lui faire acheter ta grâce qu'elle espère. Sans troubler son repos terminez sa misère.
N'attendez pas qu'ici pleurante à vos genoux , Elle vienne arrêter un funeste courroux.
Sûre que l'équité va lui rendre son père , Sa vertu ne sait point descendre à la prière. Mettez Bd à ses maux, si vous y prenez part, Et faites son bonheur en souf&ant son départ.
ÉDOUABD.
Moi que potu* sou honheurje m'intéresse encore,
Tandis que sur la foi des feux que je déplore
La cruelle se plait à Êiire mon malheur,
Me brave avec orgueil , me fuit avec horreur !
Il en but à ma gloire épargner la foiblesse.
Vengeons d'un même coup mon trône et ma tendresse.
Pour sauver un proscrit que peut-elle aujourd'hui
Quand elle est à mes yeux plus coupable que lui ?...
Que dis-je? quand je puis terminer tes alarmes,
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