‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 82 sur 193 · ACTE IV, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE Vil

Périr sous les regards du traître qui vous brave , Périr dans les tourments , c'est périr en esclave : Non , il faut mourir libre , et décider sa fin. Un coeur indépendant doit taire son destin.

Des sens épouvantés étouffant le murmure , Un cœur vraiment anglois s'asservit la nature; Il chérit moins le jour qu'il n'abhorre les fers; Il sait vaincre la mort , l'eflroi de l'univers. Pour vous afh-anchir donc au sein de l'esclavage, Pour tromper vos tyrans , et confondre leur rage , Je vais.... glacé d'horreur et saisi de pitié, Vous fournir un secours dont frémit l'amitié. Je frissonne en l'offrant... mais un devoir austère M'impose malgré moi ce cruel ministère.

Vous êtes désarmé... ce poignard est à vous; Que votre sein ne soit percé que de vos coups. Prenez ce fer, frappez ; je m'en réserve un autre; Trop heureux que mon ame accompagne la vôtre , Et qu'admirant un jour ce généreux courroux Londres nomme l'ami qui tomba près de vous I

VORCESTRE.

Quelque honneur qu'à ce sort la multitude attache, Se donner le trépas est le destin d'un lâche; Savoir souffrir la vie, et voir venir la mort. C'est le devoir du sage , et ce sera mon sort. Le désespoir n'est point d'une ame magnanime; Souvent il est foiblesse, et toujours il est crime : La vie est un dépôt confié par le del;

Oser en disposer, c'est être crioBiael.

Du mcMide où m'a placé la sageaae immonde

J'attends que dans son seia son ordre me rappelle.

N'outrons point les vertus par kt férocité;

Restons dans la nature et dans l'hunuuùté.

Garde ce triste don : ton ami ae demande

Qu'un service important, que l'état te commande.

Cet écrit, que VoJ&x adresse aux ennemis-.

Par les soins d'mi des miens venoit d'être sorpns,

Quand , l'apportant au roi , j'ai trouvé l'esclaTage;

Porte-le; d'un perfide il y verra L'ouvrage...

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