‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 81 sur 193 · ACTE IV, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIL

Mais -suspendant ici cette sagesse austère , Ne songez, aujourd'hui qu'au tendre nom de père. Si de barbares-maiDS ne l'éloignoieut de vous , Eugénie en ce lieu seroit à vos genoux :

Prête à chercher la mort, résolue à voua suivre, Ahl si sa tendre voix vous conjuroit de vivre, Vous reftiseriez-vous à sa vive douleur ?

Pourriez^ous lui plonger le poignard dans le cœur? Ignorez-vous l'opprc^re où vous expose un traître? Vt^x'peut tout; bientôt an vil bourreau peut>étre... O honte 1 quoi) tomber sous cette indigne mainl Fuyez; je crûis déjà voù- le glaive assaasÏB.

VOHCESTHE,

Quelle que soitlamainquim'ôterala vie.

Qui meurt dans sa vertu meurt sans ignominie.

AROMDEL.

La gloi^ , je le sais , devroit suivre une mort L'ouvrage de la fraude et le crime du sort ; Mais à tout ccmdamner la feule accoutomée Sur le crime apparent flétiit la renommée.

Qui pourroit se défendre et ne le daigne pa» - Yeut pcn^lre avec le jour l'honneur de son trépas.

VOHCESTRE.

La vertu:ne connaît il'antre prix qu'elle-même : ' Ce n'est point son renom, ce n'est qu'elle que j'aime. Que l'imivers approuve ou condamne-mes fers , Ami, vousm'^limez; voilà tout l'univers.

A parler pour mes jours si mon coeur se refuse ,

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t-ja EDOUARD III.

Jesaismon plus grand crime, il n'admet pointd'excose;

Et l'innocence enfin , peu âiite à supplier,

Ne descend point au soin de se justifier.

En conservant mes jours , je perdrais votre estime

Si je ponvoiB ramper sous la main qui m'opprime.

Si l'aspect de ma fin pouvoit m intimider.

Je sais quitter ta vie, et non la demander.

Retournez vers ma fille, et cessant de m'abattre,

Ami , ne m'offrez plus ses larmes à combattre :

Les maux , les fers , la mort , je puis tout surmonter;

Je n'ai que sa douleur et vous à redouter.

Épai^ez-moi rhorreur où ce moment me livre :

Au nom de ma tendresse ordonnez-lui de vivre;

Au nom de l'amitié dont les augustes nœuds

Survivent au trépas dans les tueurs vertueux ,

Qu elle me trouve en vous , et qu'elle vous soit chère :

Quand je meurs , mon ami de ma fille est le père;

Je vivrai dans vos cceurs; que ma mw! à jamais >

Emporte votre estime, et non pas vos regrets.

ARONDEL

Ainsi rien ne fléchit ce courage intrépide...

Je me livre moi-même au transport qui vous guide.

Eh bienl cruel ami, puisque immolant vos jours

Vous refusez de ftiir, il &iut d'autres secours;

Je vous dois des conseils dignes d'un oœur sublime.

Le supplice a toujours l'apparence du crime;

Sauvez de cet aflront votre nom respecté ,

Et marquez-le du sceau de l'immortaUté.

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