LE LUTRIN VIVANT
Adoucin ce» grotesques portraUs , Et , les mlant d'une .^aze légère , Ne BHmSrera que la ûw^ié des traits.
VeoQDS au feit: honm qui mal y pensel Atteoùon : j'ai toussé ^ je commaoce.
Non loin des bords du Cher et-defAuixin, Dans uu cliqaat dont je.tw^ileioQQi, ': . ' Est un vieuX'bourg , dont l'église salis vitres ' A pour clcs^gé le plnS; gueux des. chapitres. Là ne sont pq^.de ces mort^ Bcuris Qui, dans les bras d'une heureuse indolence, Exempts. d«Wde etlibres d'abstinent»,. N'ont qu'à QiMM'inrleiir.bcUUntotdQris: .
On ne voit là que p^es effigies Qui du cfaaqtpa^e oa£ ne liireot roogieB , Que maigres clfsrçg ,- cbajoûnes avortons , Sans .i:abftf« fins et sans triplas mentcms; Contraints d'allei'i traînant leura Ëtces blêmes, ' A chaque o&ce, et de chaiiter eu\-aiémes.
Ils ont ppurtanti pour aider leur t^wur.
Un cha|i)ïlun et qoatce ^n&ots de chœnr:
Ces jouvenceaux ODt leui: ^te ordinaire Chez dame Barbev «U^ l^*"" "*^ ^ "*^ Et de soutien: le^puUijo eatleurpète. ..
Il but savoir, ponc phis^^sauds'clarté.
Que dame Bvhe lest une octogénaire., - Un vétéran àa la nomniunauté.
Fille jadiïu aHJQurd'Jiut djwainèce ,
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4o LE LUTRIN
Qui dès 3«ze ans , A\m siècle corrom^ Craignant l'éGueil , pour mettre sa vertu - Mieux à couvert des nxHidains et des lâoines , Crut devoir vivre auprèffd'un des chanoines:
D'abord servante; ensuite adroitement EUe parvint jusqu'au gotiveraement.
Déjà trois fois elle a vu dans 1 e^ise De père en fils t^que charge transmise.
Barbe, ai un mot, au diapitre susdit De race en race a gardé son crédit.
Or chez ladite arriva notre histoire En juin dernier: l'aventure est notoire. '
Par cas fortuit l'en&nt de choeur Lucas AvOTt usé Tétui des pays bas:
Vous m'entendez ; sa culotte trop mûre Le trahissoit par mainte découpure; Déjà la brèche, augmentant tous les jours, Démanteloit la place et les foubourgs. Barbe le voit, s'attendrit:Qiais que faint?,' f^le étoit pauvre, et l'étoffe était ch^>e;-i - ' ' D'une autre ptut le chapitre étoit gueux ; - Et puis d'ailleurs le petit malheureux , Ouvrage né d'un auteur anonyme, Ne connoissant parents ni légitime, N'avût ea tout dans ce stérile heu Pour se chauffisr que la grâce de Dieu; 11 languissoit dans une triste attente , Gardant la chambre, et raremsnt debout.
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Enfin pourtant l'habile gouvenumte Sut lui forger une armure décente A peu de trais et dans un nouveau goût:
Nécessité tire parti de tout; Nécessité d'industrie est la mère.
Chez Barbe ébut un vieux antiphonaire , Vieux graduel, ample et poudreux bouquin, Dont aux boïiB jours on paroit le lutrin ; D'épais lambeaux d'un parchemin gothique Formoientle corps de ce grimoire antique; De ces feuillets , de ta crasse endurcis , L'âge avoit tait une étoffe en glacis.
La vieille crut qu'oti pouvoit sans dommages Du livre afireux détacher quelques pages :
Elle en prend quatre , et les coud proprement Pour reher un volume vivant.
Mais le basard voulut que l'ouvrière , Très peu savante en pareille matière, Dans les feuillets qu'elle prit sans façon Prit justement la messe du patron.
L'ouvrage lait, elle en cmffe à la diable L'humanité , du petit misérable; I^u- quoi Lucas, chamarré de plain-chant.
Ne craignoit plus les insultes du vent.
Or cependant arrive la Saint-Brice, Fête du lieu, fête du grand ofBce:
Le maître chantre , intendant du lutrin , Vient au grand livre; il cherche, niais en vain;
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4i LE LUTRIN
A feuilleter il perd et t^nps et peines r Il jure, il sacre, et s'imagine enfin Qu'un chœur de rats a mangé les a Mais par bonheur, dans oe triste embarras , Ses yeux distraits rencontrent mon Lucas , Qui, de giimauds renforçant une Voupe, Sans le savoir portoit l'office en citaqie; Le chantre lit, et retrouve au niveau Tous ses versets sur ce livre nouveau:
Sur l'b^ire il &it son rapport an chapitre.
On délibère; on décide soudain Que le marmot, braqué sur le pupitre, Y servira de livre et de lutrin.
Sur cet arr^ on le style au service; En quatre tours il apprend l'exerdce.
Déjà d'un air intrépide et dévot Lucas s'accroche à l'aigle du pivot :
A livre ouvert le chapier es lunettes Vient eutomner; uo groupe de anzettes Très gravement poursuit ce chant blst.
Concert grotesque et digne de CaUot.
Tout alloit bien JQsques à l'é^n^lfl.
Ferme et plus fier qu'un sénatBUfroouûa.. .
Lucas , teiiant s^ feçade iidmrt^le , Avec succès aurpU gaf[né la fin:
Mais, par malheur, une guêpe incivile.
Par la couture eotr'ouvraat le vétin.
Déconcerta le senûblc lutrin.
D'abord il souffre, il se ëiit violence, Et, tenant bon, il enrage en silence; Mais l'aiguillon allant toujours son train , Pour éviter l'insecte impitoyable , Le lutrin fiiit en criant conuoe un diable; Et loin de lava, partant conune un trait, Pom* >e guérir, retourner le feuillet.
Le fait est sAr: sans peine on peut m'en <»<oire; De deux Gascons je tiens toute l'hiatûre.
C'est pour toi s«nl , aœi tendre et channant , Que j'ai permis à ma muse exilée, Loin de tes yeux tristement isolée.
De s'égayer sur cet amusement , Fruit d'un caprice, ouvrage d'u» moment:
Que loin de toi j«nais il oe traBspire.
Si par baswrd il vient à d'auRes yeux.
Les esprits francs qui daignenmt le lii'e.
Sans s'appliquer, follement scrupuleux, A me trouTsr mt crime àaoB mee je«n: .
Honoreront peut-être d'un wmrire Ce libre essor d'un aimable délire.
Délassement d'un B«vûl sérieux.
Pour les bigots et les froids précieux.
Peuple sans g«ùt, gens qa'uB &nx aèle iDS|Hre, De nos chansons critlquei tédéikpeux , Censeurs de Dont, «xempts de rimi pi<odmre, Sans trop d'etfrra JÉ m'attends à leWire.
Déjà j'en vois uq tiio langoureux
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