LE LUTRIN
S'ensevelir dans on réduit poudreux ,
Fronder mes vers , foudroyer et proscrire
Ce badinage , 6a faire un monstre ailreux ;
Je les entends gravement s' entredire,
D'un air capable et d'un ton doucereux :
a Y pense-t-il ? quel écrit scandaleux !
"Quel temps perdu! pourquoi, s'il vent écrire,
R Ne prend-il point des sujets plus pompeux,
« Des traits moraux, des éloges Ëuneux?.. <•
Mais, dédaignant leur absurde satire.
Aimable abbé , nous ne ferons que rire
De voir ainsi ces graves ennuyeux
Perdre à gronder, à me chercher des crimes ,
Ken plus de temps et de peines entre eux.
Que je n'en perds à façouuer ces rimes.
Pour toi, fidèle au goût, au sentiment, Franc des travers de leur aigre doctrine, ~ Tu n'iras point peser stoïquement Au grave poids d'une raison chagrine Les jeux légers d'une muse badine.
Non : la raison , celle que tu chéris , A ses côtés laisse marcher les Bis, Et laisse au froc ces vertus trop fardées , Qu'un plaisir fin n'a jaifiais déridées.
Ainsi pensoit l'amusant du Cerceau :
Sage enjoué, vertueux sans rudesse.
Des sages Jaux évitant la tristesse , Il badina sans s'écarter du beau ,
Et sans jamais effrayer la sagesse ; Aussi les traits de son heureux pinceau Plairont toujours , et de races en races Vivront gravés dans les festes des Grâces; Et les censeurs , obstinés à ternir Son art chéri , par l'ennui pédautesque D'un Irançois (ade, ou d'un latin tudesqoe, EndoroiiroDt les siècles à venir.
fbïGoogIc —
fbïGoogIc