‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 10 sur 193 · LE LUTRIN · texte numérisé non relu

LE LUTRIN

S'ensevelir dans on réduit poudreux ,

Fronder mes vers , foudroyer et proscrire

Ce badinage , 6a faire un monstre ailreux ;

Je les entends gravement s' entredire,

D'un air capable et d'un ton doucereux :

a Y pense-t-il ? quel écrit scandaleux !

"Quel temps perdu! pourquoi, s'il vent écrire,

R Ne prend-il point des sujets plus pompeux,

« Des traits moraux, des éloges Ëuneux?.. <•

Mais, dédaignant leur absurde satire.

Aimable abbé , nous ne ferons que rire

De voir ainsi ces graves ennuyeux

Perdre à gronder, à me chercher des crimes ,

Ken plus de temps et de peines entre eux.

Que je n'en perds à façouuer ces rimes.

Pour toi, fidèle au goût, au sentiment, Franc des travers de leur aigre doctrine, ~ Tu n'iras point peser stoïquement Au grave poids d'une raison chagrine Les jeux légers d'une muse badine.

Non : la raison , celle que tu chéris , A ses côtés laisse marcher les Bis, Et laisse au froc ces vertus trop fardées , Qu'un plaisir fin n'a jaifiais déridées.

Ainsi pensoit l'amusant du Cerceau :

Sage enjoué, vertueux sans rudesse.

Des sages Jaux évitant la tristesse , Il badina sans s'écarter du beau ,

Et sans jamais effrayer la sagesse ; Aussi les traits de son heureux pinceau Plairont toujours , et de races en races Vivront gravés dans les festes des Grâces; Et les censeurs , obstinés à ternir Son art chéri , par l'ennui pédautesque D'un Irançois (ade, ou d'un latin tudesqoe, EndoroiiroDt les siècles à venir.

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