‹ Œuvres choisiesChapitre 13 sur 33 · DESSEIN D'UNE HISTOIRE · texte numérisé non relu

DESSEIN D'UNE HISTOIRE

m'ayant point donné la force de conduire une charrue, il faut néanmoins que j'obéisse à la loi du travail et que je fasse ma journée. J'écris comme travaillaient ces ouvriers des premiers siècles, qui tournaient des vases d'argde ou de verre pour les besoins journaliers de l'Eglise, et qui, d'un dessin grossier, y figuraient le bon Pasteur ou la Vierge avec des saints. Ces pauvres gens ne songeaient pas cà l'avenir ; cependant quelques débris de leurs vases, trouvés dans les cimetières , sont venus, quinze cents ans après , rendre témoignage et prouver l'antiquité d'un dogme contesté.

Nous sommes tous des serviteurs inutiles ; mais nous servons un maître souverainement économe ei qui ne laisse rien perdre, pas plus une goutte de nos sueurs qu'une goutte de ses rosées. Je ne sais quel sort attend ce livre, ni s'il s'achèvera, ni si j'atteindrai la fm de celte page qui fuit sous me plume. Mais j'en sais assez pour y mettre le reste, quel qu'il soil, de mon ardeur et de mes jours. Je continue d'accomplir ainsi les devoirs de l'enseignement pubUc ; j'étends et je perpétue, autant qu'il est en moi, un auditoire que je trouvai toujours bienveillant, mais trop souvent renouvelé. Je vais chercher ceux qui m'écoutcrent un moment, et qui, en sortant de l'école, m'ont gardé quelque souvenir. Ce travail résumera, refondra mes leçons et le peu que j'ai écrit.

Je le commence dans un moment solennel et sous de sacrés auspices. Au grand jubilé de l'an loOO, et

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