LETTRES XXV
qui relevaient mes forces. Et puis c'était elle dont les premiers enseignements m'avaient donné la foi, elle qui était pour moi comme une image vivante de la sainte Église, notre mère aussi, elle qui semblait la plus parfaite expression de la Providence. Aussi je crois me sentir à peu près comme les disciples devaient être après l'Ascension du Sauveur : je suts comme si la Divinité s'était rétirée d'auprès de moi. Il me semble par moment, vous Tavouerai-je, que la foi m'échappe avec celle qui en fut pour moi l'interprète, et que je demeure seul dans mon néant. Depuis une semaine je travaille beaucoup ; mais le travail, qui occupe l'esprit, ne peut rien pour le cœur. — Oh ! demandez pour moi au Seigneur qu'il m'envoie, comme à ses disciples orphelins aussi, l'Esprit qui console, le Paracletl Je n'ai pas comme eux une mission extraordinaire à remplir : je ne désire pas les dons miraculeux qu'il leur prodigua. Je voudrais seulement obtenir la force nécessaire pour achever mon pèlerinage de quelques années, peut-être de quelques jours, et pour finir enfin comme a fini ma sainte mère.
Adieu, mon cher ami, je vous renouvelle, avec mes vifs remercîments pour vous, la prière de me rappeler au souvenir de nos amis communs du séminaire. Adieu ! que votre mère vous soit conservée longtemps ! Adieu encore.