‹ Œuvres choisiesChapitre 81 sur 135 · L'ORAGE · texte numérisé non relu

L'ORAGE

... L'orage était dans toute sa force, et c'était un orage des Pyrénées ; d'immenses éclairs partaient ensemble des quatre points de l'horizon, et leurs feux se succédaient si vite qu'on n'en voyait pas l'intervalle, et qu'ils paraissaient immobiles et durables ; seulement la voûte flamboyante s'éteignait quelquefois tout à coup, puis reprenait ses lueurs constantes. Ce n'était plus la flamme qui semblait étrangère à cette nuit, c'était l'obscurité. L'on eût dit que, dans ce ciel naturellement lumineux, il se faisait des éclipses d'un moment, tant les éclairs étaient longs et tant leur absence était rapide ! Les pics allongés et les rochers blanchis se détachaient sur ce fond rouge comme des blocs de marbre sur une coupole d'airain brûlant et simulant au milieu des frimas les prodiges du volcan ; les eaux jaillissaient comme

des flammes, les neiges s'écoulaient comme une lave éblouissante... (ChAP. XXII.)

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